‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 140 sur 239 · Saint Matthieu, x · texte numérisé non relu

Saint Matthieu, x

20. L : Je prie la Révérende Mère Supérieure de notre maison de Tours de vous faire part de la relation que je lui écris de ce qui s’est passé cette année de plus remarquable en cette nouvelle Église, ce qui fait que je vous en parle ici fort légèrement. Transformation et déformation de l’original, dont il est impossible de percevoir un motif plausible. L’éditeur aurait-il trouvé que la matière dont il disposait était trop maigre pour faire une lettre historique ? Mais d’autres lettres historiques n’ont pas plus d’étendue. En substituant au nom de Françoise de St-Bernard le terme de supérieure, il commet d’ailleurs une inexactitude. En 1641, la supérieure, comme on Ta vu plus haut (lettre LXXIII), était la Mère Ursule Jouye.

Le récit annoncé est perdu. Nous devons en retrouver le fond dans RJ 1641, au chap. I : De la Résidence de Notre-Dame des Anges et du Séminaire des Ursulines, où Le Jeune qui, soit dit en passant, ne parle que des Ursulines, utilise les mémoires que Marie de l’Incarnation et ses religieuses lui avaient communiqués.

DE MARIE DE L’INCARNATION

Pour tout le christianisme 21 voilà trois nations qui veulent se venir rendre sédentaires à Sillery22. Leurs filles seront pour le séminaire. Tous les chrétiens font très bien. Un Montagnais, nouveau chrétien23, a fait l’office d’apôtre en sa nation et a ébranlé avec le R. P. Le Jeune les trois nations dont je vous parle. Des lettres qu’ont écrites deux de nos séminaristes audit révérend Père 24, lorsqu’il catéchisait lesdites nations, ont tiré tous, ces bons catéchumènes en admiration et leur (ont) 25 donné envie de nous donner leurs filles, puisqu’elles peuvent parvenir à ce que font les filles françaises, tant au chemin du salut que pour les sciences, d’où il semblait

21. L omet dans la lettre spirituelle XX tout le long fragment qui va suivre, dont il fait la matière de la lettre historique XXI. Comme préambule de cette même lettre XXI, il réimprime (p. 346), à peu près sans y rien changer, tout un passage qu’il avait déjà reproduit (p. 32) : celui que nous venons de rééditer : Les travaux m’y sont doux... spirituellement et temporellement.

22. L : voilà trois nations qui sont venues se rendre sédentaires à Sillery. — De ce qui n’était encore qu’un projet, L anticipant sur l’avenir, a fait une réalité : exemple entre quelques autres de l’à peu près auquel aboutissent trop souvent: les retouches de Dom Claude Martin, qui ne s’est pas aperçu qu’il se mettait en contradiction avec la lettre du 24 août précédent (lettre LXXIV) : « Nous habitons un quartier où les Montagnais, les Algonquins, les Abnaquiouios et ceux de Saguenay se vont arrêter. » On notera que Marie de l’Incarnation, si son texte a été fidèlement suivi, ne parle plus ici que de trois nations, soit qu’elle rattache les Sauvages du Saguenay aux Montagnais, soit que du côté des Abénakis il n’y eût encore rien de ferme, mais simplement un projet assez vague.

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