IIe Épître aux Corinthiens, v
14. Allusion à l’hostilité des Iroquois. Au printemps de 1634, un fort parti d’Iroquois avait surpris cinq cents Hurons, en tuant deux cents et faisant une centaine de prisonniers. RJ 1634 (Q 88 ; C VII, 212-214).
15. Réminiscence des deux derniers chapitres de RJ 1634, et peut-être surtout de l’avant-dernier : Chap. XII. De ce qu’il faut souffrir hivernant avec les Sauvages
(Q 51-57 ; c vu, 34-66).
CORRESPONDANCE
contenter la nature, mais plutôt où il y a beaucoup de choses qui la peuvent effrayer, je ne trouve point de changement dans la disposition de mon esprit, mais plutôt je ressens un instinct intérieur qui me dit que Notre-Seigneur, qui peut tout ce qu’il veut, donnera aux âmes qui s’exposeront la plénitude de son esprit ; que ce ne sera point en elles-mêmes, mais en lui, qu’elles opéreront et viendront à bout de leurs desseins ; et qu’elles ne doivent point perdre courage dans la vue de tant de difficultés qu’elles se représentent. Tout cela me fait poursuivre mes importunités auprès de mon Bien- Aimé, et je tâche de lui gagner le cœur.
Mais ensuite, il me vient en la pensée si je ne suis point comme cette mère qui demandait à Notre-Seigneur les deux premières places de son royaume pour ses enfants, et à laquelle il fut répondu qu’elle ne savait ce qu’elle demandait16. Je crains cela, et dans ma crainte, j’ai recours à mon refuge ordinaire que je conjure de ne me donner jamais ce que je lui demande par mes importunités, mais qu’il m’accorde par son amour ce qu’il a destiné pour moi de toute éternité. O qu’heureuses seront ces âmes, mon Révérend Père, sur lesquelles tombera ce bienheureux sort ! Quelles qu’elles soient, je louerai éternellement Dieu de ce choix, et si je m’en trouve rejetée, je ne dirai pas que ce soit manque d’amour que mon cher Maître ait pour moi, mais que c’est moi qui me serai rendue indigne de cette grande miséricorde.
Depuis le temps que j’ai ce désir, je n’y ai point vu d’altération pour me faire retourner en arrière. Au contraire, j’y vois toujours de nouvelles beautés, qui l’embrasent encore davantage. Aidez-moi donc, mon Révérend Père, afin que je meure en servant Celui qui me fait tant de miséricordes, car je puis bien manifester mon dessein, mais je ne le puis exécuter sans le secours d’autrui. Si vous saviez la force de mon désir, vous en auriez de la compassion, et je m’assure que