‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 168 sur 239 · XCIV. — A Mademoiselle de Luynes · texte numérisé non relu

XCIV. — A Mademoiselle de Luynes

L pp. 367-373, Lettre historique XXVI. — R XLVII.

Mademoiselle,

Je salue votre cœur dans le Cœur très aimable de notre divin Jésus.

Je ne puis douter que ce divin Sauveur ne vous possède, puisque vous voulez être cachée en lui : c’est pourquoi je vous y cherche, je vous y trouve, je vous y vois, je vous y aime et vous y chéris. Que vous dirai-je davantage ? Je voudrais pouvoir enfermer mon cœur en cette lettre pour vous confirmer l’amour qu’il a pour vous. Cette protestation est encore trop faible pour dire ce qui en est ; il faut que notre cher Sauveur le dise luimême, puisqu’il n’y a que lui seul qui le puisse faire. Je lui ai rendu et lui rends tous les jours mes humbles actions de grâces pour les biens qu’il vous fait. Votre

Iroquois, le P. Lalemant, qui écrivait au plus tard au début de juin, ajoute : « Nous verrons cet été, si ces menaces auront eu quelque mauvais effet. » RJ 1642 (Q 83 ; C XXIII, 154). A l’été suivant, ce furent les deux défaites des Hurons mentionnées plus haut : celle de la troupe qui remontait dans la Huronie avec le P. Jogues, et celle du parti qui en descendait pour la traite aux Trois-Rivières.

Lettre XCIV. — L porte : A une Demoiselle de qualité. Une note marginale ajoute : Mademoiselle de Chevreuse. Le Registre des Bienfaiteurs dit toujours : Mademoiselle de Luynes. C’est lui qui a raison sur L. Quoique fille de la duchesse de Chevreuse, MUe de Luynes n'a jamais en effet porté le nom de sa mère. Nous restituons donc à la correspondante de Marie de l’Incarnation son nom authentique. Déjà dans la lettre LXVI, nous avions substitué le nom de l’original à la correction, fautive de L (1).

DE MARIE DE L’INCARNATION 297

lettre1 me les fait savoir ; le R. P. de la Haye2, qui en est vivement touché, me les confirme, et le doux sentiment que Dieu me donne lorsque je lui parle de vous, me les dit si vivement, que je ne puis douter de l’amour qu’il vous porte.

C’est ici la lettre du cœur ; car mon autre, qui vous parle de ce qui est arrivé en cette nouvelle Eglise du Fils de Dieu, peut être commune et communiquée3. Je ne vous puis exprimer, Mademoiselle, la consolation que j’ai reçue, lisant celle dont il a plu à votre bonté de m’honorer. La générosité de votre esprit fait honte à ma lâcheté ; mais en même temps elle me donne un puissant motif pour supporter les croix et les travaux qui se présentent ici à tout moment. Comme vous me dites les secrets de votre cœur, je vous dirai aussi les secrets du mien, qui a une facilité entière à s’ouvrir à votre égard. Non, mon affection ne vous peut rien celer, et je croirais offenser la sincérité de la vôtre, si j’usais de réserve quand je communique avec vous, quoique je sois la créature du monde la plus indigne de la bienveillance dont il vous plaît de m’honorer. Mais que la gloire soit à notre Maître, de qui dérivent tous les biens, de ce qu’il lui a plu incliner votre cœur à l’endroit d’un si pauvre sujet !

J’ai été étonnée d’apprendre que vous étiez encore aux Ursulines de Saint-Denis ; mais votre lettre m’en apprend la cause, et je vois que c’est la gloire de notre bon Dieu qui vous y retient. Le R. P. Le Jeune4, qui a eu l’honneur de vous y voir, en a été extrêmement édifié, et m’a chargée de vous dire que le mouvement qu’il a pour vous, et qui le touche vivement pour votre sanctification, est que vous devez présenter votre cœur

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