IV. — A Dom Raymond de St-Bernard
V pp. 329-330. — L pp. 8-10, Lettre spirituelle VI. — R VI. — Texte de V
complété par L.
Mon très Révérend Père,
Je n’ai pu attendre la fin de la semaine* 1 pour vous témoigner de nouveau ce que je voudrais pouvoir faire plusieurs fois le jour. Notre Révérende Mère2 vous confirme par une lettre qui accompagne celle-ci, que ce que je vous ai communiqué touchant mon désir3 est véritable. Croyez-vous, mon Révérend Père, que je me fusse tant oubliée que de vous mander des choses en l’air et que je ne voulusse pas embrasser. O Dieu, qu’il y a longtemps que j’y pense ! Ma conscience m’obligeait de le dire, et l’obéissance que je dois à sa divine Majesté ne me permettait pas de me taire davantage. Les touches que je ressens en cette occasion4 sont si vives que je n’ai point de termes propres pour l’expliquer. J’en suis toute languissante, en attendant l’accomplissement de
Lettre IV. — V p. 329, prétend ne donner qu’un « abrégé » de la pièce. Comparaison faite avec L, on s’aperçoit qu’il ne s’agit pas d’un résumé, mais d’une reproduction partielle de la pièce.
« Comme l’amour ne souffre point de délai et qu’il se porte incessamment à la jouissance du bien qu’il désire, cette âme embrasée d’une vocation qu’elle trouvait si belle et si ravissante, ne pensait qu'aux moyens de la faire réussir. D’où vient qu’à peine ce Révérend Père eut-il reçu cette lettre (celle du Ier précédent) qu’on lui en apporta une seconde qui confirmait tout ce qu’elle avait dit dans la première, et qui contenait de plus quantité de lumières capables de bien faire juger cette vocation, comme en effet elles en ont fait porter un jugement équitable » (V p. 329). Où l’on voit que pour V cette lettre est bien chronologiquement la suite de la précédente, et qu’on ne peut les intervertir.
1. Si la date du 5 avril donnée par V et par L est exacte, cette lettre aurait été écrite un jeudi. La précédente, du Ier avril, l’aurait été un dimanche pour le courrier ordinaire de Paris. Pour la lettre du 5, on aurait profité d’un messager extraordinaire, comme il est arrivé d’autres fois.
2. La Révérende Mère Françoise Briant, dite de Saint-Bernard, la religieuse qui avait accueilli Marie Guyart aux Ursulines en janvier 1631 ( Écrits I, p. 263, voir la note ; II, p. 272). La Mère Françoise de Saint-Bernard qui était prieure du monastère depuis 1630, devait être maintenue dans cette charge jusqu’en 1640 comme en font foi plusieurs actes de ces années (Archives départementales d’Indreet-Loire. Série H. Ursulines de Tours).