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Les Ursulines du Faubourg Saint-Jacques

11. Cette presse « de deux cents lettres » doit s’entendre non de toute la correspondance de l’année avec la France, mais d’après le contexte, seulement du courrier à expédier par les derniers bateaux.

Rien dans cette lettre ne nous donne à penser que la correspondance entre Québec et Port-Royal en demeura là. Au contraire, les derniers mots de Marie de l’Incarnation suggèrent clairement que l’échange de lettres continua. Combien de temps ? Nous ne savons. La Fréquente Communion du docteur Arnauld paraissait cette même année 1643, et tout de suite soulevait des polémiques passionnées, dont l’écho dut passer dès 1644 de l’ancienne France dans la Nouvelle. Trop de liens, liens du sang et liens de la reconnaissance, unissaient Port-Royal à la famille Arnauld, pour que les religieuses, même si elles se tenaient prudemment à l’écart de toute dispute et de tout prosélytisme, ne fussent pas avant longtemps suspectées de sympathie pour la thèse incriminée. Les Ursulines de Québec ne pouvaient l’ignorer, ni non plus que les Jésuites étaient prévenus contre Port-Royal. Toutefois, ce pouvait être une raison pour Marie de l’Incarnation de refuser à de si charitables correspondantes, dont elle entendait louer de tous côtés les admirables vertus religieuses, le bénéfice de l’orthodoxie. Ne connaissant pas le docteur, elle ne pouvait être tentée « de confondre les noms d’Arnauld et de Port-Royal ». Elle attendit certainement les événements pour prendre position et rompre des relations qui allaient devenir impossibles.

Lettre C. — L : A une supérieure des Ursulines de Dijon. En 1 643, cette supérieure était la Vénérable Mère Marguerite Coutier de Château -Bornay, dite de St-Xavier, dont la mémoire est restée longtemps en bénédiction dans l’Ordre des Ursulines.

Marguerite Coutier appartenait à une famille très ancienne de la Bourgogne. Elle avait fait profession chez les Ursulines de Dijon le 21 septembre 1628. L’évêque de Langres, Sébastien Zamet, prélat distingué par sa piété et son zèle réforma-

CORRESPONDANCE

notre petit séminaire et d’y envoyer vos libéralités* 1. Nous les avons reçues par le moyen de nos révérendes Mères de Paris. Je vous en rends mes très humbles remerciements, ma très honorée Mère, vous assurant que nous n’en demeurerons pas ingrates ni méconnaissantes, non plus que nos néophytes, desquelles vous avez tant de compassion, puisque leurs vœux et les nôtres sont continuellement à Dieu pour nos bienfaiteurs. Ces bonnes filles continuent à bien faire et à se rendre flexibles à la grâce. Leurs bons sentiments nous touchent si fort, que quand nous ne verrions que cela en cette terre de bénédiction, nous nous tiendrions plus que très récompensées de nos petits travaux. Mais de plus nous voyons des grâces surabondantes sur ceux qui sont continuellement à notre grille, et en général sur tout le pays, où Dieu amène des Sauvages de tous côtés, pour les faire enrôler au nombre de ses enfants. La Relation qui vous en fera le détail, vous fera verser des larmes de joie, et redoubler vos ferveurs pour l’Eglise de Jésus-Christ. Je vous supplie d’y particulariser 2 notre petit séminaire, qui vous en sera très obligé. Mes Sœurs vous supplient d’agréer leur humble salut, que je présente avec le mien à votre sainte communauté. Comme je suis la plus pauvre du monde, je vous demande l’aumône en particulier devant notre bon Jésus, dans le sein duquel je suis...

De Québec, le 22 de septembre 1643.

teur, la comptait parmi ses dirigées. Jusqu’en 1647, année de sa mort, elle devait édifier le cloître par sa haute vertu et les dons célestes qui lui furent départis. Anne d’Autriche, qui vint plusieurs fois au monastère, durant les séjours du roi en Bourgogne, la remarqua et l’admira. Et c’est « à son commandement exprès » que sa vie fut donnée au public en 1665. (La Vie de la Vénérable Mère Marguerite de St-Xavier, Religieuse Ursuline du Monastère de Dijon, Avec un recueil des pratiques de sa dévotion particulière envers la Sacrée Vierge. A la Reine Mère. Par le Révérend Père Jean Marie (de Vernon), Religieux du Tiers Ordre de S. François. A Paris, chez Georges Josse... M D LXV). Marguerite de St-Xavier se destinait à la Mission du Canada, quand elle mourut.

1 . A son aumône, confiée aux Ursulines du Faubourg Saint-Jacques, Marguerite de St-Xavier avait joint une lettre.

2. C’est-à-dire, dans l’intention générale pour l’Église de la Nouvelle-France, en avoir une toute particulière pour le séminaire des Ursulines.

DE MARIE DE L’INCARNATION

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