‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 184 sur 239 · La petite Sauvagesse Barbe. RJ 1643 (Q 7; C XXIII · texte numérisé non relu

La petite Sauvagesse Barbe. RJ 1643 (Q 7; C XXIII

CORRESPONDANCE

Vous voyez nos emplois24 ; je vous prie de prendre un grand soin du royaume de Jésus-Christ. Obtenez par vos prières la conversion des Iroquois qui lui nuisent beaucoup, et qui ferment les passages, de crainte que les nations plus éloignées ne viennent se faire instruire. La nation d’Iroquet25 n’a pas laissé de traverser les terres de ces barbares, qui ont fait sur eux une décharge de plus de cent coups de fusils, mais Dieu les a si bien protégés, qu’il n’y en a pas eu un seul de blessé26. Je vous écris la nuit, pour la presse des lettres, et des vaisseaux qui vont partir. J’ai la main si lasse qu’à peine la puis-je conduire, c’est ce qui me fait finir en vous priant d’excuser si je ne relis pas ma lettre.

De Québec, le 30 de septembre 1643.

CIL — A UN DE SES FRÈRES M p. 33.

...Je vous laisse à penser si cela m’apporte de la conso-

24. En partie du moins. A côté du séminaire, il y avait aussi le pensionnat qui prenait d’année en année de l’importance : Les Mères Ursulines, disait Vimont,

« ont toujours eu un assez bon nombre de filles sauvages, tant pensionnaires arrêtées que passagères, outre les petites filles françaises » RJ 1643 (Q 6 ; C XXIII, 290).

25. Cette nation, l’une des trois principales tribus des Algonquins, stationnait au delà de Montréal, entre le Saint-Laurent et l’Ottawa. Les Français l’avaient appelée la nation d’Iroquet du nom du premier de leurs capitaines qu’ils avaient rencontré.

26. L’affaire, arrivée à la fin d’août, est différemment racontée par le P. Vimont. Il s’agirait simplement d’un parti d’Algonquins de la nation d’Iroquet, réfugiés à Montréal, qu’on avait envoyés parlementer de loin avec des Iroquois qui s’étaient présentés devant l’habitation. Ces derniers, dit Vimont, « déchargèrent en trahison plus de cent coups d’arquebuse (sur les Algonquins), mais grâce à Dieu sans effet » RJ 1643 (Q 66; C XXIV, 292-294). Les gens d’Iroquet n’avaient pas à traverser les terres des Iroquois. L a peut-être ici encore remanié l’original. En tout cas, la version de RJ doit être préférée.

Lettre Cil. — Si l’indication de M : « A un de ses frères » est à prendre au pied de la lettre, Marie de l’Incarnation aurait eu encore deux frères vivants en 1643, Mathieu et Florent : ce dernier que nous pourrions peut-être reconnaître dans le Florent Guiat (pour Guiart) des Registres de Saint-Pierre-des-Corps de Tours (Voir la lettre LIII et la note sur les Frères de Marie de l’Incarnation) . Nous ne savons auquel des deux frères la lettre était adressée.

« Cette chère Mère, écrit Dom Martène, avait une joie inexplicable de voir

DE MARIE DE L’INCARNATION

lation d’entendre le récit qu’on m’en fait, puisque je ne l’ai jamais voulu que pour Dieu...

(De Québec, 1643) \

les saintes dispositions de son fils ; mais cette joie était infiniment plus grande d’apprendre les choses admirables que ses Supérieurs lui en mandaient : d’où vient que sans une lettre qu’elle écrivit la même année à un de ses frères, elle lui dit... » (M p. 33). Suit l’extrait que nous reproduisons.

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