Charlotte Barré
49. Aux œuvres de miséricorde spirituelle, les Ursulines joignaient celles de la miséricorde corporelle, car, écrit Vimont, « il faut aider les corps, qui veut gagner des esprits ». Vimont rapporte ainsi la charité des bonnes Mères : « Plusieurs Sauvages de l’Ile, de la Nation d’Iroquet et d’autres endroits s’étant campés assez proche de Québec, allaient tous les jours en la chapelle des Ursulines (où le P. De Quen les catéchisait)... Or, comme la misère accablait ce peuple, l’aumône spirituelle étant faite, suivait la corporelle : les Mères, au sortir du sermon, donnaient à manger à quatre-vingts personnes, charité qu’elles ont continuée environ six semaines durant. » RJ 1644 (Q 30 ; C XXV, 242).
50. L qui a supprimé les deux dernières phrases du paragraphe précédent reprend ici.
51. C’est la petite Agnès Chabouekouechich dont les lettres de Marie de l’Incarnation et les Relations ont déjà plusieurs fois parlé. L’enfant était rentrée pour un temps dans sa famille. A l’automne de 1643, elle avait failli se noyer dans le Saint-Laurent. A la suite de cet accident elle prit un refroidissement et ne fit plus que languir. Dans l’hiver qui suivit, elle accompagna cependant ses parents à la chasse. Elle mourut dans les bois, aux approches de Noël, avec les beaux sentiments que nous a dépeints la Relation. RJ 1644 (Q 26-27 > C XXV, 224-226.)
DE MARIE DE L’INCARNATION 353
filles. Offrez-les à notre bon Dieu ; elles le prient pour vous, mon très cher fils62.
Je vous supplie de présenter mon humble salut au R. P. Prieur et à tous mes Révérends Pères, que j’ose prier d’offrir des prières à Dieu pour l’Église et établissement du pays, et pour moi très indigne. Mon très cher fils, aimons et servons notre Maître, notre exemplaire et notre Tout 53. Je vous vois en lui. Cherchez-y moi et nous nous y trouverons ensemble pour lui rendre nos obéissances, en attendant que nous le verrons à découvert, pour en jouir d’une façon plus épurée que celle de cette vie54. Adieu.
Des Ursulines de Québec le 2e jour d’août 1644.