Récit envoyé aux Ursulines de Tours et perdu
CORRESPONDANCE
CVI. — A UN DE SES PARENTS L pp. 55-56, Lettre spirituelle XXX. — • R LVII.
Monsieur,
La paix et l'amour de Jésus pour mon très humble et très affectionné salut !
J'ai reçu les trois vôtres* 1, que je n'ai pu lire sans répandre des larmes de joie, y voyant de si puissants effets de la miséricorde de Dieu sur ma chère nièce. Je ne puis cesser d’admirer cette Providence, ni les admirables inventions dont elle se sert pour attirer les âmes, et leur faire faire un entier divorce avec le monde. Elle m’a écrit quatre lettres toutes pleines de reconnaissance pour les secours qu’elle a reçus de vous2 ; elle m’a fait aussi le récit d’une partie de ses aventures ; mais surtout elle s’étend sur les grands désirs qu’elle a d’être bonne religieuse. Elle a de bonnes qualités pour cela, mais il lui en coûtera de bonnes mortifications, à cause de la grande habitude qu’elle a de faire sa propre volonté. Car encore que ce ne soit qu’en des choses indifférentes, ces choses néanmoins étant du monde, où la nature se porte facilement, cette inclination se tourne bientôt en nature, c’est-à-dire, en une habitude qui ne se perd pas en un jour, à moins d’une grâce fort extraordinaire. Elle a pour maîtresse des novices ma révérende Mère Françoise de Saint-Bernard, ce qui me donne une joie toute particulière, à cause de sa grande expérience et de sa singulière vertu3. C’est elle aussi qui
Lettre CVI. — Le destinataire de cette lettre, dont L nous a tu le nom, sans doute parce qu’il vivait encore en 1681, est certainement le personnage qui avait recueilli chez lui la jeune nièce de Marie de l’Incarnation, Marie Buisson, et à qui la Vénérable Mère, en 1643, se promettait d’écrire au plus tôt (Voir la lettre du 14 septembre 1643, lettre XCVIII).
1. Dans ces lettres, le correspondant de Marie de l’Incarnation lui faisait le récit des aventures de Marie Buisson et de leur conclusion inattendue (1).