Environ trente mètres de long sur neuf de large
23. Ce premier oratoire, qui mesurait à peu près neuf mètres de long sur cinq et demi de large, est encore reconnaissable, malgré les transformations apportées par le temps, dans l’ancien bâtiment du monastère actuel. On sait que le premier monastère des Ursulines, complètement détruit dans l’incendie de 1650, fut dès l’année suivante reconstruit sur ses anciennes fondations.
DE MARIE DE L’INCARNATION
le séminaire et notre logement sont, dis-je, compris en quatre-vingt-douze pieds de long et vingt-huit de large. Le Fort est de pierres et les maisons qui en dépendent24. Celles des Révérends Pères25, de Madame notre fondatrice26, des Mères Hospitalières 27 et des Sauvages sédentaires 28, de pierres. Celles des habitants 29, de colombage pierroté ; deux ou trois étant aussi de pierre pure. Partie des Sauvages ont leurs maisons portatives d’écorces d’arbre de bouleau30, qu’ils dressent
24. Le fort que Montmagny avait fait édifier pour remplacer celui de Champlain bâti de « fascines, terres, gazons et bois ». Il était protégé par une enceinte, à l’intérieur de laquelle le gouverneur avait fait élever des maisons pour lui, ses officiers et sa petite garnison.
25. Notre-Dame-des- Anges sur le Saint-Charles et la résidence de Sillery. Les Jésuites ne s’étaient pas encore relevés de leur incendie de 1640. Leur nouveau collège ne devait être construit qu’en 1648.
26. Mme de la Peltrie s’était fait construire, à une centaine de mètres du monastère des Ursulines et dans leur enclos, une petite maison à deux étages, de dix mètres de long sur sept de large. Cette résidence joua un grand rôle dans l’histoire des Ursulines et même dans celle de l’Église de la colonie : elle fut un temps le « palais épiscopal » du premier évêque de la Nouvelle-France. Elle devait subsister jusqu’en 1836.
27. L’Hôpital de Sillery, et l’Hôtel-Dieu que les Hospitalières faisaient alors achever au flanc du coteau Sainte-Geneviève, où on le voit encore.
28. Les petites maisons « à la française » que les Jésuites faisaient construire à Sillery pour leurs néophytes. Ces maisons coûtaient fort cher,et leur construction, allait lentement. En 1643, il n’y en avait encore que sept. Ces maisons étaient groupées, moitié du côté de la résidence des Jésuites (quartier des Montagnais), et moitié du côté des Hospitalières (quartier des Algonquins). Toutes étaient construites sur un plan uniforme et comprenaient avec la chambre du rezde-chaussée un petit grenier où les Sauvages pouvaient serrer leurs récoltes et leurs provisions d’anguilles fumées et de viande boucanée, « qui auparavant se dissipaient faute de lieu pour les conserver ». Elles étaient dédiées à un Saint et assignées aux plus marquants des Sauvages. On voulait par là les attirer à la vie sédentaire et les civiliser en les fixant au sol. RJ 1643 (Q g ; C XXIII, 304-306). Les incursions des Iroquois allaient arrêter ces beaux projets. Une autre difficulté, presque insurmontable, celle-là aussi, était qu’il fallait donner aux Sauvages un champ en même temps qu’une maison. Or ce champ, il fallait le prendre sur la forêt, et la main-d'œuvre manquait « pour aider à déserter des terres à ceux qui étaient logés », comme l’argent pour faire venir des journaliers de France. RJ 1643 (Q 9 ; C XXIII, 304). Autour de leur Hôtel-Dieu, à Québec, les Hospitalières allaient, elles aussi, faire construire pour les Sauvages quelques-unes de ces maisons « à la française » ( Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec).
29. On désignait ainsi les paysans français établis sur la terre. Leur principal groupe était la colonie des Percherons à Beauport. C’est à leur propos que Le Jeune en 1637 se sert précisément de ce même terme d 'habitants pour les distinguer des artisans, et des commis, engagés pour un temps, qui à l’expiration de leur contrat rentraient en France. RJ 1637 (Q $5 > C XII, 186.)