L retranche ce détail, jugé sans doute par trop infime
CORRESPONDANCE
que je suis chez vous, à voir vos saintes observances. Je fais à présent ma lecture spirituelle dans vos règles et exercices spirituels. Je vois bien que ceux qui ont fait nos constitutions et règlements en ont beaucoup tiré28. Bénissons Dieu de tout, et nous servons de ses trésors qu’il nous départ par ses Saints29.
J’offre aussi à Dieu votre mal de gorge30. Je pense qu’il ne vient que d’une trop grande chaleur de sang31. Je vous plains à cause des fonctions du chœur et de l’étude où j’estime que cela vous incommode plus particulièrement. Je m’en vais, dis-je, bien prier Dieu que cela ne vous empêche point [en] son service, car quant à la souffrance, c’est un beau présent que sa Majesté vous fait. Pour moi, il ne me donne aucune infirmité corporelle, sinon que je me sens de fois à autre d’un petit mal de tête qui est un reste de la grande assiduité que j’ai autrefois eue aux ouvrages de broderie32 ; mais cela n’est pas considérable. Toutes mes infirmités sont spirituelles et par conséquent plus difficiles à guérir. Offrez-les particulièrement à Dieu et d’autres affaires dont sa Majesté m’a chargée, qui sont encloses dans ma vocation du Canada33. Elles me font souvent passer par des épines et difficultés bien piquantes, mais enfin, j’y trouve mon repos.
Vous demandez si notre communauté est grande. Nous ne sommes que huit de chœur et une converse. Mais, c’est beaucoup, car il est question d’y unir des
28. On notera ici la discrétion et la fidélité de Dom Claude Martin. Sur ce sujet, il lui eût été facile d’amplifier les éloges de l’original. Il s’en est tenu scrupuleusement au texte qu’il avait sous les yeux, au tour près.