‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 223 sur 239 · L ajoute : afin de devenir saints · texte numérisé non relu

L ajoute : afin de devenir saints

30. L : votre infirmité. Là encore suppression du détail trop précis et vulgaire.

31. Durant tout le cours de ses études à Jumièges, — abbaye située dans un bas-fond fort humide, — Claude Martin fut affligé d’un violent mal de gorge. Il le supporta pendant cinq ans avec une parfaite résignation (M p. 41).

32. Ouvrages dont elle a parlé plusieurs fois dans ses Relations de 1633 et de 1654, et où elle excellait.

33. Aux tracas du gouvernement de son couvent et du séminaire qui y était annexé, s’ajoutaient pour la Vénérable Mère les soucis que lui causaient les épreuves de la Mission. Voir plus loin une lettre de 1646 où elle le dira explicitement.

DE MARIE DE L’INCARNATION

sujets de deux congrégations où la multitude des personnes ne ferait qu’apporter diversité de sentiments. C’est pourquoi faut tâcher d’affermir cette union qui est faite et grâce à Dieu signée des deux Congrégations et de nous, par une voie de grâce tout extraordinaire34. Cette grande paix et union en laquelle nous vivons a déjà touché plusieurs personnes de grande piété en France35 et donné sujet d’espérer l’union générale de toutes les Ursulines de France, divisées en diverses congrégations 36, et par conséquent constitutions, mais sous une même règle et mêmes fonctions37. C’est une petite semence que Dieu fera

34. L’union dont la lettre du 15 septembre 1641 avait déjà fait mention {lettre LXXXI, note 10).

35. Nous ignorons les noms de ces « personnes de grande piété ». C’étaient sans doute des correspondantes de marque. Les lettres de Bernières et de sa sœur à Marie de l’Incarnation, malheureusement perdues, nous auraient probablement renseignés sur leur compte. De même aussi celles des Ursulines de Tours.

36. Rien que pour la France, on comptait les Congrégations de Paris, de Bordeaux, de Toulouse, de Lyon, de Tulles, d’Arles, et d’autres groupements.

37. D'après le contexte, il paraît clair que dans la pensée de Marie de l’Incarnation, il s’agit d'abord d’uniformisation par l’adoption des mêmes coutumiers, cérémoniaux et constitutions. Mais à Québec et en France, allait-on plus avant, jusqu’à l’union des monastères au sein d’une même Congrégation sous un gouvernement unique, et surtout jusqu’à la fusion des observances et des congrégations distinctes dans une même observance et une seule congrégation générale ? Rien, dans l’état actuel de nos connaissances, ne nous permet de le dire. Cette unité des maisons sous la dépendance d’un « régime » central existait sans doute déjà en France, et les Calvairiennes, par exemple, en offraient .un modèle. Mais le Calvaire était une institution récente, toute neuve. Les Ursulines étaient plus anciennes ; il se serait agi pour elles d’une véritable transformation, que seul l’avenir éloigné, après les expériences malheureuses de l’isolement des maisons, pouvait rendre possible. La suppression de l’autonomie des couvents d 'Ursulines en France, leur regroupement dans une congrégation unique sous l’autorité d’une supérieure générale, n’étaient, semble-t-il, ni dans la perspective de Marie de l'Incarnation, ni dans celle de ses correspondantes. •Cette forme de l’Institut moderne était trop étrangère aux contemporains. A s’en tenir au point de départ de toute cette correspondance, l’union réalisée à Québec, Marie de l'Incarnation ne penserait qu’à l’identité d’observances •et d'esprit dans l’indépendance des maisons. Mais ce premier achèvement pouvait être un grand pas vers une réalisation beaucoup plus considérable. Dans les années 1635-1638, l’assemblée générale du clergé du royaume avait déjà été saisie d’un projet d’union des Ursulines de France. Nous ne savons quels en étaient les traits principaux. Les évêques étaient, du moins dans l’ensemble, favorables au projet. Les raisons qui l’empêchèrent d’aboutir furent vraisemblablement alors les mêmes qui le firent abandonner plus tard. Bientôt on n’en jparla plus.

CORRESPONDANCE

fructifier en son temps, ainsi qu’on m’écrit ici de toutes parts ; aussi en mes réponses, je tâche de jeter quelques petits mots de ce grand bien à ceux que je pense y pouvoir en quelque chose coopérer38. Comme cette chose est très importante pour la gloire de Dieu et le bien de plusieurs, je vous prie de l’y recommander et en fais la même supplication à mes Révérends Pères. Tout ceci, néanmoins, est une affaire de confiance, mon très cher fils. Nous attendons par la prochaine flotte notre bulle de Rome39. Nous avons déjà celles de nos deux Congrégations, mais il nous faut encore une particulière pour ce pays40, comme nous y avons aussi des règlements particuliers, d’autant qu’il y a quelque chose qui ne s’y peut pas accommoder à la

38. Tout a disparu de cette correspondance avec les Ursulines de France. Elle fut certainement nombreuse, puisqu’on écrivit « de toutes parts » à la Vénérable Mère.

39. L’article cinquième de l’accord intervenu en 1640 entre les monastères de Tours (Congrégation de Bordeaux) et de Paris (Congrégation de Paris) au sujet de leurs religieuses composant le monastère de Québec, stipule que « l’on enverra un supérieur, prêtre ou commissaire apostolique, qui dépendra immédiatement du pape, et (que) pour obtenir l’union stable et permanente l’on aura une bulle du pape ». Les Jésuites, dont on peut reconnaître la main dans la rédaction de cet article, s’entremirent pour l’obtention de la bulle désirée ; mais celle-ci ne vint pas, et Marie de l’Incarnation en ressentit une peine très vive. V, p. 579, explique ainsi cette déception : « Rome ne contribua pas peu (aux) peines (de la Mère de l'Incarnation), car elle faisait toutes les instances imaginables pour obtenir la confirmation de son établissement au Canada, comme aussi de l’union des deux Congrégations et des nouveaux statuts que la qualité du pays l’avait obligée de faire. Mais quelques soins qu’elle employât pour en obtenir les bulles, elle n’en pouvait venir à bout. Plusieurs années s’étant passées inutilement en ces poursuites, le Saint-Père s’ouvrit enfin et témoigna qu’il voulait bien les accorder, mais que les Ursulines étant sujettes aux évêques» il ne pouvait point les expédier qu’il n’y en eût un au Canada pour les recevoir. Cette réponse affligea extrêmement notre Mère et lui donna beaucoup de crainte que son établissement, et tout ce qui s’était fait ensuite, n'ayant pas toute la solidité qui lui était nécessaire, quelque accident imprévu ne renversât tous ses desseins et ne l’obligeât enfin de quitter le paradis où elle était parvenue après tant de soupirs et avec tant de travaux. » Dom Claude Martin, avec sa rhétorique, vise ici des faits dont quelques-uns sont postérieurs à 1644. Nous les retrouverons ailleurs. Cependant la raison qu’il avance est vraie pour tous. Ajoutons qu’avant Marie de l’Incarnation, saint Vincent de Paul, comme il apparaît par sa correspondance (édit. Coste, t. I), avait eu beaucoup de mal à obtenir la confirmation de son Institut, et qu’il n’y était enfin parvenu que par l’envoi à Rome d’un procureur spécialement chargé de poursuivre cette affaire. En 1644, le pape régnant était Innocent X, assez peu favorable, on lésait, aux congrégations religieuses.

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