Saint Mathieu, XII, 34 ; saint Luc, VI
5. Deux Ursulines venaient d’arriver de France à Québec, comme on l’a vu
Marie de l’Incamation
CORRESPONDANCE
demande, je leur fais aussi la même réponse* * * 6. Permettez, s’il vous plaît, que je vous dise en amie et en confiance, que les vocations de cette importance méritent d’être bien éprouvées : faites donc en sorte que ce délai lui soit utile, et servez-vous-en à cet effet, quoique ce ne soit pas le sujet pourquoi on la retarde, car nous la recevrions de votre main dans la confiance que nous avons en votre prudence, laquelle ne voudrait pas exposer une de ses filles, si elle n’avait les qualités requises, tant de corps que d’esprit. Pour le corps, il est nécessaire qu’elle soit jeune, pour pouvoir facilement apprendre les langues ; qu’elle soit forte, pour supporter les fatigues de la Mission ; qu’elle soit saine et nullement délicate, afin de s’accommoder au vivre qui est fort grossier en ce pays. Et quant à l’esprit, pourvu qu’elle soit docile, soumise, et de bonne volonté pour s’accommoder à notre union, cela suffit. J’ai eu un mouvement secret de vous dire tout cela, ma très chère Mère, car vous m’ouvrez si fort votre cœur que je ne vous puis cacher le mien. Je vous supplie donc d’exhorter cette bonne fille à la patience et à la persévérance ; et c’est en cela même que l’on connaîtra sa vocation. Cependant je la salue et l’embrasse de tout mon cœur7. Mais, à ce que j’apprends, vous êtes aussi canadoise 8 : demeurons dans cette union de cœurs ; et puisque vous ne savez pas ce que Dieu fera de vous, gagnez-lui des âmes, en attendant l’accomplissement de ses divines volontés, et pendant que je fais ici mille fautes à son saint service. Je salue votre sainte Communauté que j’honore beaucoup, et j’ose me recommander à ses saintes prières. Toutes mes sœurs font
dans les lettres précédentes. Une des raisons qui portaient à différer toute nouvelle
demande aux monastères de France a été donnée dans la lettre du 30 août
précédent (lettre CVIII).
6. Il y eut entre les Ursulines d’Angers et celles de Québec un long échange de lettres. De cette correspondance de plusieurs années, aucune pièce ne nous est parvenue.