XXXIII. — A Dom Raymond de St-Bernard
L pp. 308-309, Lettre historique II. — V deux extraits joints ensemble pp. 348-349.
— R XVI. — Texte de L.
Mon très Révérend Père,
A moins de vous être importune, je ne pouvais pas vous écrire davantage, quoique j’en aie eu souvent la pensée, que j’ai rejetée pour le respect que j’ai pour votre Révérence. Mais voici une occasion qui porte avec soi quelque chose de si agréable, que je croirais faire contre le devoir que je vous dois, si je gardais le silence et ne lui* 1 faisais part de la chose qu’elle aime le plus. Voulezvous venir à ce coup en Canada ? Les Pères qui sont allés aux Hurons m’y appellent tant qu’ils peuvent2.
* Il faut que je vous explique l’affaire. Deux de ceux qui partirent l’année dernière m’ont écrit de la résidence de la Conception, où ils sont arrivés après avoir souffert les travaux de deux mois de chemin3. Ils n’ont point cessé de dire tous les jours la messe, excepté douze ou treize jours que l’agitation était trop violente. Leur arrivée à cet heureux pays fut remplie d’une joie si excessive qu’ils oublièrent tout d’un coup les fatigues
Lettre XXXIII. — Sans doute une réponse à Dom Raymond qui avait dû se plaindre à son tour du silence où l’on se cantonnait à Tours. Mais Marie de l’Incarnation avait une bonne excuse. Depuis avril, où le dernier Chapitre général des Feuillants l’avait élu provincial, Dom Raymond était devenu l’un des personnages les plus en vue de sa Congrégation, l’un aussi des plus occupés (La Chronique du Monastère roial de Saint-Bernard des Feuillans de Paris... B. Mazarine, Ms. 3334). Sa nouvelle charge avait reporté aux calendes grecques l’exécution de son ancien projet. Il était donc inutile de relancer son zèle. Dom Raymond devait cependant garder un espoir... et une velléité, puisque les Jésuites lui feront offrir Miscou en 1639 (V p. 388).