XLII. — A M. DE Bernières, TRÉSORIER de France a Caen
Elle lui rappelle ce que le P. Poncet lui a dit de sa vocation au Canada et « qu’il croyait que c’était elle que Dieu avait choisie pour ce dessein ».
(De Tours, après le 20 octobre 1638.)
aurait eu « la vue des choses merveilleuses dont l’âme de Marie de l’Incarnation était le théâtre ». Sans doute, « l’histoire ne le dit pas formellement », mais « elle l’insinue ». « Elle affirme seulement, continue le même auteur, qu’à peine arrivé à Paris et sans avoir pu être instruit par aucune voie humaine de la vocation miraculeuse de la Vénérable Mère, le P. Poncet lui écrivit à Tours et lui envoya en même temps une image de la Mère Anne de Saint-Barthélemy et un petit bourdon, souvenir de son pèlerinage à Lorette. » Le détail du « petit bourdon de Lorette » est probablement une interpolation de D. Cl. Martin ( Écrits II, p. 317), et la première lettre de Poncet à Marie de l’Incarnation sur le Canada ne date pas de 1638, mais plutôt de 1635, avant son départ pour Rome (voir les lettres XXIV-XXVI, note 1). Nul besoin de recourir à l’extraordinaire ; les lettres de Poncet et de la Vénérable Mère s’expliquent assez naturellement par le cours ordinaire des choses. Dès son séjour à Orléans, Poncet, qui était le professeur de Claude, avait entendu parler de Marie de l’Incarnation, et par son élève, et aussi sans doute par son recteur, le P. Georges de la Haye. Revenu à Paris en 1635, Poncet y retrouvait le P. de la Haye, passé à la maison professe. C’était le temps où l’idée d’une maison de religieuses enseignantes au Canada, travaillait beaucoup d’esprits. Nombre de couvents en écrivaient au P. Le Jeune. Sans rien savoir de positif sur ses sentiments pour la Mission, mais connaissant bien sa valeur et sa vertu, Poncet pouvait penser à intéresser Marie de l’Incarnation à une œuvre pour laquelle il se sentait lui-même beaucoup d’attraits. Entre l’état d’âme de la Mère de l’Incarnation et la première lettre du Jésuite, il n’y eut qu’une coïncidence providentielle. Un peu plus tard, Poncet se trouva mieux renseigné, mais par le P. de la Haye lui-même (Écrits II, p. 328). A aucun moment, la Vénérable Mère ne donne à penser qu’il y eût en tout ceci rien de merveilleux (voir : C. de Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France au XVIIe siècle. Vol. I, p. 302).
Lettres XLI-XLII. — Voir la Relation de 1654 ( Écrits II, pp. 340-341).
Poncet dut écrire à la Supérieure des Ursulines en même temps qu’à la Mère de l’Incarnation. La Mère Lrançoise de St-Bernard commanda aussitôt à Marie de l’Incarnation de répondre au P. Poncet et d’écrire par la même occasion à M. de Bernières.
Cette première lettre à Bernières fut le prélude d’une correspondance ininterrompue qui dura vingt ans, jusqu’à la mort du saint homme, 1659. A Tours, de novembre 1638 à la mi-février suivante, date de leur première rencontre, ils eurent « communication par tous les messagers », c’est-à-dire au moins par tous les courriers hebdomadaires. Toutes ces lettres sont perdues.
DE MARIE DE L’INCARNATION