Le chef algonquin Noël Négabamat (voir RJ
68. La petite vérole fit en effet, très peu de jours après l’arrivée des vaisseaux, de grands ravages dans la population indienne des environs de Québec.
69. Le jongleur ou sorcier Pigarouich dont parlent abondamment RJ 1637 et 1639.
70. Arrêtées, pour les distinguer des passagères, dont il sera parlé plus loin. C’étaient les filles des Sauvages montagnais et algonquins, qui se fixèrent à Sillery et commencèrent de s’y adonner à la culture du sol, en 1637.
71. Agneus, agnus Dei, petites images de cire dont le Registre des Bienfaiteurs .des Ursulines de Québec mentionne plusieurs fois des envois de France.
72. «Bientôt après (leur arrivée), écrit le P. Le Jeune, nous fîmes donner six filles sauvages à Madame de la Peltrie ou aux Ursulines, et quelques filles françaises commencèrent de les aller voir pour être instruites, si bien que les voilà déjà dans l’exercice de leur Institut. Mais si jamais elles ont une maison bien capable ■et bien de quoi nourrir les enfants sauvages, elles en auront peut-être jusqu’à se lasser. Dieu veuille que les grands frais ne retardent pas leur dessein : les dépenses qu’on fait ici sont bien grandes, mais Dieu l’est encore plus. RJ 1639 (Q 9 ; C XVI, 22). Les petites Françaises étaient les demoiselles de Repentigny et de Tilly.
CORRESPONDANCE
et habiller les petites Sauvages ; nous en avons de deux ou trois ans qui donnent le matin de l’exercice à celles qui ont bon cœur73. Ma Mère de Saint- Joseph a pour obédience la sacristie et le linge ; elle a de quoi s’employer; pour les externes, cela nous est commun encore à elle et à moi ; celles qui y ont le loisir y vont. Et moi, on m’a donné la charge de la dépence74 : vous pouvez conjecturer qu’il n’y a pas toujours des gens pour faire la cuisine ; aussi est-ce ordinairement mon exercice. Encore qu’elle ne soit pas bien grande, il y en a pourtant assez pour m’employer : je ne suis pas de grand effet75. J’ai déjà appris à faire la sagamité 76 des Sauvages : c’est le plus grand festin qu’on leur puisse faire que de les traiter avec cela.
Nous avons trouvé ici le R. P. Le Mercier77. Je n’ai jamais rien vu de plus modeste que ce bon Père : sa seule vue donne de la dévotion. Il nous vint dire la messe et nous amena Joseph, qui a jà78 façon d’un saint. Il était ravi d’aise de nous voir et de savoir pourquoi nous venions. On lui fit quelque petit présent ; il ne savait quelle reconnaissance nous faire. Ce pauvre homme, non content de nous faire expliquer ce qu’il voulait dire, il nous parlait encore des yeux. Ce semblait celui de qui il est parlé en la Relation™.
J’aurais encore tant de choses à vous dire, si le temps le permettait, mais il faut que je finisse. A Dieu, ma très chère Mère. Je m’attends que vous me tiendrez toujours pour ce que je suis en effet, ma très chère Mère,
Votre très obéissante et indigne fille en Notre-Seigneur,
Sr. Cécile de Ste-Croix j-
R(eligieuse) U(rsuline) I(ndigne).
Du séminaire des Ursulines de Saint-Joseph de Québec r ce 2 septembre 1639.