A M. LE DOCTEUR BURNEY
Ynr, m'avez fait successivement, monsiear, pla-
l°:,r:Xu. ,..0-... a» v„s é... cwcu„ ..es.
1 /„-.(.:» hw-n un remercnnent expies. ^ ^;:;:l lle'unpossibUU. a.c.rem.a,.s<,„-jc.
^moèché de remplir ce devoir; ma,s le pre.i.ier v7™e dévoue lis.oire #aérale de la mas-que, :: : iman. en moi «» ves.e de zèle pour un a auquel le vôtre vous a fait employer tant de Ira vaux de temps, de voyages et de dépenses , m e.- XL vous en marquer ma -conna.ssance en
m-entrelenan. M-lque '«"<P^ '^ Vta nor.a favori de vos recLerches, qu. do.t .mtnolalser totre nom cbez les vrais amateurs de ce bel art.
Si ravais eu le bonheur d'en conférer avec vous un pu à loisir, tandis qu'il me -'-">- ^^-'^ ImI encore fraîches, j'aurais pu tuer des vol es bien des instructions, dont le pubUc pourra protZ, mais qui seront perdues pour -»., -orn privé de mémoire et hors d'état de r.en hre Ma s je puis du moins consigner ici sommairement que - 'ques-uns des points sur lesquels i'-'-- <le-; ° consulter, afin que les artistes ne '^'''^"'^PJKZZ des éclaircissemens qu'ils leur vaudront de vo.e r,arf et, laissant bavarder sur la musique en bc.es Thra'se ceux qui, sans en savoir faire ne latent pas d'étonner le public de leurs savantes spé„da Lns, je me bornerai à ce qui lient plus unn.é
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moi, l>eLZ^X"Z:'r: f", ^'■'""" • •='' - "" à l'aeadénne des sd „ ' '^"^y'''"^" '^^^' suivanleauoiihi.v i ' ," '« (iroposai l';„,„ée
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Mais la partie la plus neuve et la plus utile de ce système , et celle cependant qu'on a le moins remarquée, est celie qui se rapporte au : valeurs des noies et à l'expression de la durée et des quantités dans le temps. C'est la grande simplicité de cette partie qui l'a empêchée de faire sensation. Je n'ai point de figures particulières pour les rondes , blanohes, noires, croches, doubles croches, etc. ; tout cela , ramené par la position seule à des aliquotes égales, présente à l'œil les divisions de la mesure et des temps, sans presque avoir besoin , pour cela , de signes propres. Le zéro seul suffit pour exprimer un silence quelconque; le point, après une note ou un zéro , marque tous les prolongemens possibles d'un silence ou d'un son. Il peut représenter toutes sortes de valeurs; ainsi les pauses, demi-pauses, soupirs, demi soupirs, quarts de-soupirs, etc., sont proscrits ainsi que les diverses figures de notes. J'ai pris en tout le contre-pied de la note ordinaire ; elle représente les valeurs par des figures, et les intervalles par des positions; moi, j'exprime les valeurs parla position seule, et les intervalles par des chiffres, etc. Cette manière de noter n'a point été adoptée. Comment aurait- elle pu l'être? elle était nouvelle* et c'était moi qui la proposais. Mais ses défauts ', que j'ai remarqués le premier, n'empêchent pas qu'elle n'ait de grands avantages sur l'autre, surtout pour la pratique de la composition , pour enseigner la musique à ceux qui ne la savent pas, et pour noter commodément , en petit volume, les airs qu'on entend et qu'on peut désirer de retenir. Je l'ai donc conservée pour moTi usage, je l'ai perfectionnée en la pratiquant, et je l'emploie surtout à noter la basse sous un chant quelconque , parce que cette basse, écrite ainsi par une ligne de chilïres.,
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m'épargne une portée, double mon espnce, et fait que jt.' suis obligé de leurrer la moitié moins souvent. 2° En ijcrf'-etioiuiaiit cette manière de noter , j'en ai trouvé une a.*tre, avec laquelle je l'ai combinée, et dont j'ai maintenant à vous rendre compte.
Dans les exemples que^vovis avez donnés du chant des Juifs , vous les avez , avec raison , notés de droite à gauche. Cette direction des lign<.>s esl la plus ancienne, et elle est restée dans l'écriti'.re orientale. Les Grecs eux-mêmes la suivirent d'abord; ensuite ils imaginèrent d'écrire les lignes en sillons , c'est-; à-dire, alternativement de droite à gairche et de gauche à droite. Enfin, la difficulté de lire et d'écrire dans les deux sens leur fit abandonner tout-àfait l'ancienne direction, et ils écrivirent comme nous faisons aujourd'hui , uniquement de gauche à droite , revenant toujours à la gauche pour recommencer chaque ligne.
Cette marche a un inconvénient dans le saut que l'œil est forcé de faire de la fin de chaque ligne au commencement de la suivante , et du bas de chaque page au haut de celle qui suit. Cet inconvénient, que l'habitude nous rend insensible dans la lecture, se fait mieux sentir en lisant la musique, où les lignes étant plus longues , l'œil a un plus grand saut àfaire , et où la rapidité de ce saut fatigue à la longue, surtout dans les mouvemens vites; en sorte qu'il arrive quehiuefois dans un concerto que le symphonisle se trompe de portée, et que l'exécution est
arrêtée.
J'ai pensé qu'on pourrait remédier à cet inconvénient et rendre la musi pie plus commode et moins faligante à lire, en renouvelant pour elle la méthode d'écrire par sillons pratiipiée par les aiu iens «^rccs, et cela d'autant plus heureusement que celte
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méthode n'a pas pour la musique la même difficulté que pour récriture; car la note est également facile à lire dans 1rs deux sens, et l'on n'a pas plus de peine, par exemple, à lire le plain-chant des Juifs, comme vous l'avez noté , que s'il était noté de gauche à droite comme le nôtre. C'est un fait d'expérience que chacun peut vérifier sur-le-champ, que qui chante à livre ouvert de gauche à droite, chantera de même à livre ouvert de droite à gauche , sans s'y être aucunement préparé. Ainsi point d'embarras pour la pratique.
Pour m'assurer de cette méthode par l'expérience, prévoir toutes les objections, et lever toutes les difficultés, j'ai écrit de cette manière beaucoup de musique tant vocale qu'instrumentale, tant en parties séparées qu'en partition, m'attachant toujo.irs à cette constante règle, de disposer tellement la succession des lignes et des pages, que l'oeil n'eût iamais de saut à faire, ni de droite à gauche, ni de bas en haut, mais qu'il recommençât toujours la li-'ne ou la page suivante, même en tournant, du lieu même où finit la précédente, ce qui fait procéder alternativement la moitié de mes pages de bas en haut, comme la moitié de mes lignes de gauche à droite.
Je ne parlerai point des avantages de cette manière d'écrire la musique; il suffit d'exécuter une sonate notée de cette façon pour les sentir. A l'éf^ard des objections, je n'en ai pu trouver qu'une se.ile et seulement pour la musique vocale; c'est la difficulté de lire les paroles écrites à rebours, dilLralté qui revient de deux en deux lignes : et j'avoue que je ne vois nul autre moyen de la vaincre, que de s'exercer quelques jours à lire et écrire de ceUe façon, comme Ibni les imprimeurs , habitude qui se
contracte très-promptement. Mais quand on ne voudrait pas vaincre ce léger obstacle pour les parties de chant , les avantages resteraient tonjours tout entiers sans aucun inconvénient pour les parties instrumentales et pour toute espèce de symphonies ; et certainement , dans l'exécution d'une sonate ou d'un concerto, ces avantages sauveront toujours beaucoup de fatigue aux concertans et surtout à l'instrument principal.
5" Les deux façons de noter dont je viens de vous parler ayant chacune ses avantages, j'ai imaginé de les réunir dans une note combinée des deux, atln surtout d'épargner de la place et d'avoir à tourner moins souvent. Pour cela, je note en musique ordinaire, mais à la grecque , c'est-à-dire, en sillons, les parties chantantes et obligées ; et quant à la basse, qui procède ordinairement par notes plus simples et moins figurées, je la note de même en sillons, mais par chimes, dans les entre-lignes qui séparent les portées. De cette manière chaque accolade a une portée de moins , qui est celle de la basse ; et comme cetle basse est écrite à la place où l'on met ordinairement les paroles , j'écris ces paroles au-dessus du chant, au lieu de les mettre au-dessous, ce qui est indifférent en soi, et empêche (pu- les chiffres delà basse ne se confondent avec l'écrilure. Quand il n'y a que deux p;irl les, cette manière de noter épargne la moitié de Ja place.
4° Si i'iivais été à portée de conférer avec vous avant la publication de votre premier volume, où vous donntz l'histoire de la musique ancienne, je vous aurais proposé, monsieur, d'y discuter quelques points concer.iant la musique des Grecs, desquels l'éclaircissement me paraît devoir jeler de grandes lumières sur la nature de cette musique ,
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tant jugée et si peu connue; points qui néanmoins n'ont jamais excité de question chez nos érudils , parce qu'ils ne se sont pas même avisés d'y penser. Je ne renouvelle point , parmi ces questions , celle qui regarde notre harmonie, demandant si elle a été connue et pratiquée des Grecs, parce ciue cette question me paraît n'en pouvoir faire une pour quiconque a quelque notion de l'art, et de ce qui nous reste, sur cette matière, dans les auteurs grecs; il faut laisser chamailler là-dessusles érudits, et se contenter de rire. Vous avez mis, sous l'air anti([ue d'une ode de Pindare, ime fort bonne basse; mais je suis très-sùr qu'il n'y avait pas une oreille grecque que cette basse n'eût écorchée au point de ne la pouvoir endurer.
Mais j'oserais demander, i" si la poésie grecque était susceptible d'être chantée de plusieurs manières, s'il était possible de faire plusieurs airs différens sur les mêmes paroles, et s'il y a quelque exemple que cela ait été pratiqué. 2° Quelle était la distinction caractéristique de la poésie lyrique , ou accompagnée, d'avec la poésie purement oratoire? Celle distinction ne consistait-elle que daiis le mètre et dans le style ? où consistait-elle aussi dans le ton de la récitation ? N'y avait il rien de chanté dans la poésie qui n'était pas lyrique ? et y avait-ii quelque cas où l'on pratiquât, comme parmi nous, le rhythme cadencé sans aucune mélodie? Qu'est-ce que c'était proprement que la musique instrumentale des Grecs? Avaient-ils des symphonies proprement dites, composées sans aucunes paroles ? Ils jouaient des airs qu'on ne chantait pas, je sais cela ; mais n'y avait-il pas originairement dos paroles sur tous ces airs? et y en avait-il quehju'un qui n'eût point été chanté ni fait pour l'être? Vous
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sentez que cette question serait bien ridicule si celui qui la t'ait croyait qu'ils eussent des accompagneniens semblables aux nôtres, qui eussent fait des parties différentes de la vocale; car, en pareil cas, ces acconipagnemens auraient fait de la musique purement instrumentale. Il est vrai que leur note était différente i)our les instrumens et pour les voix; mais cela n'empêchait pas, selon moi, que l'air noté des deux façons ne fût le même.
J'ignore si ces questions sont superficielles; mais je sais qu'elles ne sont pas oiseuses. Elles tiennent toutes par quelque côté à d'autres questions intéressantes : comme de savoir s'il n'y a qu'une musique , comme le prononcent magistralement nos docteurs, ou si peut-être, comme moi et quelques autres esprits vulgaires avons osé le penser, il y a essentiellement et nécessairement une musique propre à chaque langue, excepté pour les langues qui, n'ayant point d'accent et ne pouvant avoir de musique à elles, se servent comme elles peuvent de celles d'autrui, prétendant, à cause de cela, que ces musiques étrangères, qu'elles usurpent au préjudice de nos oreilles, ne soi>t à personne ovi sont à tous : comme encore à réeVaircissemeut de ce grand principe de VuuiU de mr'lodic, suivi trop exactement par Pergolèse et par Léo , pour n'avoir pas été connu d'eux; suivi très-souvent encore, mais par instinct et sans le connaître, par les compositeurs italiens modernes; suivi très-rarement par hasard parqueîques compositeurs allemands, mais ni connu paraucuncomposileurfrançais, ni suivi jamais dans aucune autre musique française que le seul Devin du Fidaqe, et proposé par l'auteur de la lettre sur Ja musique française et du dictionnaire de musique, sans avoir été ni compris, ni suivi, ni peut-être lu
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par personne; principe dont la musique moderne s'écarte journellement de plus en plus , jusqu'à ce qu'enfin elle vienne à dégénérer en un tel charivari, que , les oreilles ne pouvant plus la souflFrir, les auteurs soient ramenés de force à ce principe si dédaigné , et à la marche de la nature.
Ceci, monsieur , me mènerait à des discussions techniques, qui vous ennuieraient peut-être par leur inutilité, et infailliblement par leur longueur. Cependant , comme il pourrait se trouver par hasard dans mes vieilles rêveries musicales quelques bonnes idées , je m'étais proposé d'en jeter quelques-unes dans les remarques que M. Gluck m'avait prié de faire sur son opéra italien d'Alcesle ; et j'avais commencé cette besogne quand il me retira son opéra, sans me demander mes remarques qui n'étaient que commencées, et dont l'indéchiffrable brouillon n'était pas en état de lui être remis. J'ai imaginé de transcrire ici ce fragment dans cette occasion et de vous l'envoyer , afin que , si vous avez la fantaisie d'y jeter les yeux, mes informes idées sur la musique lyrique puissent vous en suggérer de meilleures, dont le public profitera dans votre histoire de la musique moderne.
Je ne puis ni compléter cet extrait , ni donner à ses membres épars la liaison nécessaire , parce que je n'ai plus l'opéra sur lequel il a été fait. Ainsi je me borne à transcrire ici ce qui est fait. Comme l'opéra d'Alceste a été imprimé à Vienne, je suppose qu'il peut aisément passer sous vos yeux, et au pis aile , il peut se trouver par-ci par-là dans ce fragment quelque idée générale qu'on peut entendre sans exemple et sans application. Ce qui me donne quelque confiance dans les jugemens que je portais ci-devant dans cet extrait, c'est qu'ils ont été presque
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tous confirmés depuis lovs par le public dans l'ATcesle IVauçais que M. Gluck nous a donné, cette année, à l'Opéra, et où il a, avec raison, employé tant qu'il a pu la même musique de son Alceste italien.
FPiAGMENS D'OBSERVATIONS sur I'Alceste italien