‹ Écrivains d'aujourd'huiChapitre 18 sur 42 · I. Contemporains, II · texte numérisé non relu

I. Contemporains, II

ticulière et qui est tout àfait neuve: c'est, non comme un moyen de vérifier certaines théories, mais comme « un art de jouir des livres et d'enrichir et d'affiner par eux ses sensations* w; ou, pour parler avec encore plus de précision, comme un art de jouir de soi parles livres.

Dans la critique ainsi conçue, la jouissance est le but unique, la jouissance personnelle et, pour autant dire, égoïste : c'est de quoi tout dépend et à quoi tout revient. C'est une forme très distinguée de l'épicurisme. Aussi cette critique ne s'exerce-t-elle guère sur les écrivains d'autrefois : elle se contente de les saluer au passage, ainsi qu'il convient, quand elle les rencontre et que l'occasion s'en présente, mais sans aller au-devant d'eux et sans faire naître l'occasion. C'est qu'il faut, pour goûter les écrivains du passé, faire un efTort afin de se remettre dans un milieu d'idées qui n'est plus le nôtre, revêtir des façons de penser et d'être ému qui sont comme des vêtements d'emprunt mal ajustés à notre taille, créer en soi par des moyens factices un état d'esprit qu'encore pouvons-nous imaginer plutôt que l'éprouver réellement. Mais, au contraire, il y a en chacun de nousunpeu delà sensibilité de tous nos contemporains. Venus à un niême momeiit de l'humanité,

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