‹ Écrivains d'aujourd'huiChapitre 24 sur 42 · M. FERDINAND BRUNETIÈRE · texte numérisé non relu

M. FERDINAND BRUNETIÈRE

mains des futurs historiens do la littérature un iiistrumiMit de rocherclieel de découverte, dontils pourront l)ien n'user qu'avec prudence, mais dont il y aurait de la puérilité à ne pas vouloir se servir.

Il faut d'abord, et une fois pour toutes, le poser en principe ; la critique n'est pas une science, et elle ne saurait le devenir. Entre l'objet de la critique et l'objet de toute science, il existe des différences fondamentales qu'il serait singulièrement dangereux de méconnaître. 11 n'y a de science que de ce qui est général; le pouvoir de la science s'arrête oii commence l'individu ; or, c'est des grands écrivains que s'occupe l'histoire littéraire, c'est des hommes de génie, et précisément pour déterminer ce qu'il y a en eux d'individuel et donc d'irréductible. « Il n'y a de scientifique, au sens rigoureux du mot, que ce qui est conditionné de toutes les manières, dans sa cause, dans son cours et dans ses effets; peut-être, au contraire, n'y a-t-il de vraiment humain que ce qui est libre ou passe pour l'être *. » Et encore : « L'étude prétendue scientifique des œuvres littéraires n'atteint, ne peut atteindre en elles que ce qu'elles ont de moins littéraire ; mais ce qui en fait le caractère propre est justement ce qui en échappe aux prises de toute méthode, comme de toute

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