‹ Écrivains d'aujourd'huiChapitre 30 sur 42 · VÊoolution des genres, I · texte numérisé non relu

VÊoolution des genres, I

Du môme coup, il faisait rentrer dans l'enseignement de la littérature un élément singulièrement discrédité : c'est l'éloquence. Il estune sorte de déclamation creuse, faite de mouvements oratoires et de phrases ronflantes, par laquelle quelques professeurs et beaucoup de conférenciers ont si bien dégoûté les auditeurs sérieux qu'ils leur ont fait aimer jusqu'à une sécheresse décharnée Mais croit-on que les grands cours qui sont restés fameux dans l'histoire de la première moitié de ce siècle auraient si fortement agi sur l'esprit public si les Villemain, les Guizot ou les Michelet s'étaient contentés d'exposer des faits sans jamais y rien ajouter qui les reliât, et sans conclure ? Se rendre [compte que les choses que l'on dit n'intéressent pas seulement une vaine curiosité, qu'elles ont du rapport avec le fonds général et humain, les dire avec une passion intérieure, résultat de l'étude patiente et de la conviction raisonnée, c'est le contraire delà déclamation et c'est l'éloquence. Et c'estparceque tel est le caractère de son enseignement, que M. Brunetière est, au bon sens du mot, un orateur.

En montrant enfin tout ce que la critique suppose de longue préparation, d'études en tout sens, de sincérité aussi et d'abnégation de soi, M. Bru~ netière en aura peut-être découragé quelques-uns, mais il aura soufflé aux autres le zèle qu'exige un

M. PRRniNAND BRUNHTII>.RR 205

mélier difficile, et il loiir aura rendu confiance dans lour tAclic, qui n'<\st, à la hien prondro, que l'oirort commun et la collaboration do tous les hommes do bonne foi « pour la certitude et pour la

vt'iilr ' ».

1, F.ln.h:^ triliqws, IV. SX

Page 1