La Vie errante, p
voit alors, à travers la forêt des Xisageg, des lois cl do8 conventions, s'unir ceux qu'entraîne l'un vers l'aiitrc une même force irrési.slihle, et so nier avec des sanglots que leur arrachent tour à tour ou tout ensemble le plaisir, la rage oc la liaine, comme on voyait dansles forêts primitives so ruer et s'entre-luer les mâles pour l'amour <le la ftMTiolle impassible, impudique et superbe.
L'amour ainsi compris, dépourvu de ce que Maupassant appelle quelque part la musique de l'amour, et réduit à n'être que le désir charnel et lo plaisir des sens, est à coup sûr ce qu'on peut imaginer de plus décevant. Car il est de l'essence lu désir de se détruire lui-même, et lo plaisir ne laisse après soi que la lassitude et le dégoût. Mais on outre elle se flétrit, elle se fane, elle se décompose, elle disparaît tout entière, cette beauté réalisée pour un temps par l'harmonie des lignes et parle contour de notre chair périssable ! Elle s'en va, celle jeunesse qui nous faisait désirer d'être aimés et qui nous rendait aimables! Rien ne nous 1 este que le regret, le regret de toutes les choses en allées et qui ne reviendront plus. Nous songeons que tout est Uni. VA de. toutes les avenues de la vie, de celles que nous avons parcourues et de celles où se traîneront encore nos années languissantes, une seule image so lève qui est celle de la Mort.
Cette image de la Mort est partout dans l'œuvre deMaupassant ; elle y répand partout son ombre : elle se dresse au moment qu'on s'y attend le moins, comme une rencontre imprévue et hideuse. Qu'on se rappelle, dans Bel Ami, après une série d'imag-es libertines et d'aventures polissonnes, l'étrange effet que produit, éclatant tout d'un coup, le discours de Norbert de Varenne sur la mort « Il arrive un jour, voyez-vous, où, derrière tout ce qu'on regarde, c'est la Mort qu'on aperçoit... Moi, depuis quinze ans, je la sens qui me travaille, comme si je portais une bête rongeuse. Je l'ai sentie peu à peu, mois par mois, heure par heure, me dégrader ainsi qu'une maison qui s'écroule... Chaquepas m'approche d'elle; chaque mouvement, chaque souffle hâte son odieuse besogne. Respirer, dormir, boire, manger, travailler, rêver, tout ce que nous faisons c'est mourir... Moi, maintenant, je la vois de si près que j'ai souvent envie d'étendre les bras pour la repousser *. » Et il va, absorbé dans cette idée qui répugne si absolument à la créature vivante que celle-ci n'arrive pas même à la comprendre tout à fait : l'idée du complet anéantissement. Le monde, songe-t-il, continuera d'exister ; il naîtra encore des milliers et des milliers d'êtres, et pour ces êtres le soleil