M. EUGÈNE PELLETAN
sortes adressées à toutes choses î nos maîtres ont été les premiers à sentir que la ^mphonie pour la symphonie était un abus, et que se soustraire à la préoccupation poignante des peuples, c'était sacrifier l'intérêt universel et le devoir absolu de concitoyen au far mente égoïste, au devoir étroit et personnel de la vanité littéraire.
Que n'a-t-on pas dit quand Victor Hugo attribuait aux poètes une charge d dînes, une mission sociale ! Et pourtant les railleurs, les pédants académiques, ont béni plus tard cette présomption quand ils ont vu, à l'heure du péril sérieux delà rue, la poitrine du chantre des Méditations les cacher et les sauver, il est vrai que cette ttiéorie a des dangers pour ceux jqoi l'adoptent sincèrement ; que Lamartine a été déchiré de la plus âpre ingratitude, et que Victor Hugo est exilé ; il est vrai que Chateaubriand, ppur avoir entrevu ces destinées nouvelles de la littérature» et pour avoir compris que René ne pouvait garder jusqu'au bout son oisiveté fiévreuse et sa fureur de solitude, il est vrai que ce chevalier de la royauté, pour avoir trahi des préoccupations moins égoïstes que celles du triomphe de son drapeau et de son roi, a été insulté, après sa mort, par M. Sainte-Beuve, qui l'avait flagorné de son vivant, et qu'un champion d'une grande autorité et d'une haute puissance de style et de raison» M. le prince de Broglie, a veogé l'année gothique des émigré de cette étrange désertion. 11 est vrai que la littérature, entendue à la façon de M. Alfred de Musset ou de M« Mérimée» ne heurte rien, ne blesse personne, sourit à tout le monde» et procure de bien pluasolides avantages que l'étude saugrenue des douleurs et des doutes de l'humanité. Mais il n'est pas donné à tout hoDnaeqni s'estime» et qui s'honore de tenir la plume» de préférer une fantaisie sans {but et sans raison, un réalisme sans élan et sans foi, à ces recherches ardentes de la vérité. 11 y a des lous qui ne séparent pas l'idée de travail de l'idée de sacrifiée, et qui s'imaginent que» quand on prétend à l'attentidli dftsee contemporains, ce doit être pour leur dire quelque
ÉCRIVAINS ëT HOMMBS DE LETTRES
chose, pour leur donner une espérance ou une leçon. Ces fous-là traduisent le mot écrire par le mot sedéuauer, et ils ne
songent point y aller se faire donner des douches à l'Académie.
Si les poètes» les romanciers, les dramaturges, pour exercer
sur la société Faclion énergique à laquelle ils aspirent, doivent s'aider surtout de l'analyse, ne comprend-on pas, d'un autre côté, le rôle important réservé à la critique proprement dite, c'est-à-dire à Texamen de toutes les œuvres d'histoire ou d'imagination ? Jamais il ne fut plus nécessaire d'étudier les lois du beau, qui sont toujours les lois du bien, et de mettre en lumière dans chaque œuvre contemporaine la vé* rite pratique, la lui iiiule, le conseil que le lecteur peut en dégager. Tout doit enseigner, dans le temps où nous sommes; et Tœuvre inutile est une œuvre nuisible. 11 est donc bon que des esprits sérieux et bienveillants se dévouent au rôle de vigie, et signalent, sous la forme dramatique ou romanesque, ridée positive et féconde; il est bon que la sympathie du public soit éveillée, soit dirigée; et une responsabilité sérieuse et double incombe dès lors à l'écrivain ferme et loyal qui veut servir d'intermédiaire entre le public et les auteurs. L'impartialité et Tétude doivent le préserver de§ faux jugements, des condamnations superficielles, des dédains présomptueux; l'amour de l'humanité et du progrès doit lui recommander de viser au cœur de chaque livre, et de trouver, même dans l'épopée la plus étrangère en apparence à la réalité, le sens mystérieux, l'esprit de doute ou de foi qui s'y cache toujours. Si les écrivains ont une mission sociale, la critique est la douane sublime qui fouille les passants à la frontière, et qui ne doit laisser introduire aucune idée fausse, aucune sottise en contrebande, délivrant, au contraire, de solennels visas aux ouvrages glorifiés d'avance par Tintention.
On a beaucoup abusé, et Ton s'est beaucoup moqué des mots apostolat, ministère, fonctiofiy à propos des devoirs littéraires ; et le caractère personnel, rinconststance morale d'un
M. EUGÈNË PELLETAN 189
grand nombre d'hommes de lettres ont mis le public en défiance de ces atlribiuions élevées. Quand on a vu des critiques investis de quelque autorité, comme M Sainte-Beuve, par exemple, se vanter cyniquement d'une succession d'apostasies
qui en promet d'autres, on a pu trouver exorbitante la prcteution d iûstruire et de moraliser; mais, iiieu merci, toutes les consciences ne sont pas susceptibles des infidélités dont le volage H. Sainte-Beuve se fait gloire; et, s'il est ridicule et superflu de cherclier daiiû ce dernier ré\aiigélisalour d'une idée quelconque, il est juste d attribuer courageusement ce titre à oeox de ses confrères en critique qui n'ont jamais varié et qui ont toujours fait servir l'analyse à la découverte d'un senliment aille, d un piiucipc uiural.
M. Eugène Peiletan, par la persistance inflexible de ses idées, par sa chaleur d'investigation, par l'élévation de son point de vue, par la forme liamiunieuse de ses jugements, par ce qui fait l iiommo, le style, et par ce qui fait le style, la droiture et l'imagination, mérite à coup sûr un des premiers oe respect pour la fonction que nous revendiquions plus haut Liu nom la ( rilii|iit». Espritgravc et piuluiidciiiiiit religieux, aUaut de ia pitic a 1 entiiousiasine, sans jamais se départir d' mie raison ferme et sereine, demeuré poëte après de longées années d'anal3rse et de minutieuse critique, complice de luus ies litiioisaicâ du pensée, ennemi chevaleresque de toutes les platitudes de cœur, dévoué à la liberté de conscience et au piogrés, M. Eugène Peiletan a droit à une place honorable parmi lo plu^ grands et les plus purs esprits de cette génération. Ue n'est pas lui qui soullletterait ses premiers succès des désaveux qui ont si mal inspiré M. Sainte-Beuve. Depuis son- prmnter article jusqu'au plus récent, il a toujours défendu les mornes devoirs, revendique Ic^ mêmes dioib, ^trvi la Béate cause. U a exercé une action très-sérieuse et très-déciftV0 sur la critique; il l'a transportée, du terrain mouvant des chicanes littéraires, des disputes d'écoles, sur le roc des
quesùoQ& humanitaires ; quand on s'amusait aux bagatelles
du langage^ aux fioritures de la aymphonie, il a distingué, le premier, Taccent humain, le sanglot douloureux ou le cri
d'espoir qui se cachait sous les mensonges de la forme. Il n*a pas attendu les dernières révolutions ; et, bien avant que La* martine et Victor Hugo, par une propension logique, se fussent jetés dans la fournaise, il avait, il y a plus de (juinze ans, fait une étude sévère sur les poëtes contemporaine au point de vue social. Depuis, il n'a pas interrompu son œuvre, et c'est encore, c'est surtout pour les faire servir à Témancipation intellectuelle, à Tapaisement des esprits, dans la foi et dans la sympathie, que M. Pelletan lit et discute les livres contemporains.
Pour entreprendre et pour continuer avec succès une semblable analyse, il fallait soi-même croire à quelque chose, et éclaira d'une lumière toujours égale et jamais obscurcie les œuvres qu'on avait à juger. Ce phare intérieur d'une conviction, M. Pelletan le possède. Le doute est impuissant; la négation est funeste ; M. Pelletau affirme. Dans toutes les pages qu'il a vivifiées de son style, il atteste la raison, le progrès, le spiritualisme, l'amour. ProtestaiU par sa naissance, M. Pelletan s'est développé sous cette influence; seulement, il est protestant logique, et il ne craint pas de remonter, à Taide de l'examen, la légende des croyances humaines, bien persuadé que, quoi qu'il détruise, il trouvera toujours Dieu au fond de l'humanité. Le beau livre qu'il a intitule la Profession de fin du diX'neumème siècle est explicite à cet égard. Nous venons de relire cette œuvre vraiment magistrale qui coiitieiil, à travers des descriptions superbes, dignes au moins de Bernardin de Saint-Pierre, une philosophie plus consolante et plus pra* tique que toutes les élucubrations de MM. Cousin, Jouffroy et consorts; et nous nous sommes une iois de plus convaincu de cette idée, que H. Pelletan restera, comme écrivain, comme penseur, parmi eeux.. qui honorent et servent le mieux leur génération.
Répondant à ceux qui l'accusaient de matérialisme, il finit
M. EUGÈNK PKLLKTAN iîH
U préface de ia Frofemm de fin m s'éeriant, à propos des revers cruels auxquels peuveni se trouver exposées ici-bas la justice et la liberté :
« Où pourrioos»iious puiser oette auguste fierté plus néoessaire que jamais, qui nous élève aunlessus des hommes les plus élevés, si ce n'est à la coupe sacrtM», du spiritualisme? Qi^and. je remue en moi cette idée, j'ai bu 1 ambroisie, j'ai r0vtl»»iine autre nature, j'ai vécu la vie des meilleurs. Soyons dooe spirilualistes, ne. fût-ce que par raison d'np} ortunité, aussi longtemps du moins que le monde aura i>esoiu d une reenideseettee de morale. »
C'eit Ut un noble défi jeté aux convoitises grossières de ce terii|)5-ci ; ( l, pour ma part, j'ai uikî absoluo confiance ilans i'écnvam qui ne redierche que ie triomphe de Tespru, éternritomenl libre par ses élans. Rien n'est perdu, tout est poasible, quand on méprise le fait pour embrasser Tidée!
Plus loin, deliuissant l'étude, M. Pelletan dit encore :
f La connaissance dans Thomme n'est que la conscience extérieure de Dieu, car c'est lui qui sait et qui pense en nous, qui sent et qui aime en nous, et raffection et l'étude ne sont qu'une sainte bospitalité, une cène intclloetuetle qui nous prépare incessamment au Christ étemel, incessamment présent dans rbumanité. »
On comprend qu un écrivain, pénétre de cette conviction, puiaie croire qu'il y ait autre chose à faire, dans l'analyse des livres, que comparer des mots, que frotter des épithètes les unes contre les autres, pour trouver la plus solide, que discuter sur des points d'esthétique banale; et, quand un critique de cette allure nous recommande une œuvre, nous devons estimer que celle-ci nous offrira autre cbose (}ue de vaines combinaisons d'événements ou des mélopées btenles.
Après avoir établi la condition de notre perfectionnement, le philosophe humanitaire se demande quelle est la loi du perfectionnement pour la société, la morale collective qui préside à la vie d'une nation) 11 répond :
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« La môme loi, la môme morale. Avons-nous à juger un système politique, ou plutôt social, nous n'avons qu'à nous
demander : Ce système versera-l il dans la société une plus grande somme de vie, de science, de sympathie^ alors il sera vrai de toute vérité. Toute organisation, au contraire, sociale ou politique, qui condamne une partie de la communauté à la misère, à l'ignorance, à la servitude, et qui mutile. et qui restreint des millions d'existences, est immorale comme un mensonge. Elle ment à la civilisation ; elle nie l'histoire, c'est* à-dire la parole même de la Providence. »
Telles sont les idées de M. Pelletan sur la morale indivi* duelle et sur la morale universelle. M. Granier de Cassagnac, ce profond éducateur des peuples et des philosophes, qui a si péremptoirement démontré la niaiserie de la révolution française, et qui traitait ces jours-ci le socialisme de pourriture^ se moquerait ou s'indignerait de ces théories ; quant à nous, qui trouvons que le vieux monde ne pourrit jamais assez, nous acceptons dans tous leurs termes ces principes, comme un critérium infaillible; nous pensons fermement, avec M. Pelletan, que le spiritualisme est la consolation et le salut des intelligences blessées, que rhumanité ne peut vivre, ne peut se développer, se perfectionner, qu*en allant incessamn»ent vers Oieu; et qu aucune organisation sociale n'est solide si elle n*a pour appui les intelligences et les cœurs. iSapoléon disait : « La démocratie a des entrailles, l'aristocratie n'en a pas. » Ce mot, échappé à l'amertume de Teiil, earé* gimente riiumniiilé dans le parti do la révolution; et, s*il était besoin de démonstration et de preuves, chaque page desli« vres de M. Pelletan servirait de commentaire.
La bienveillance est une vertu aussi essentielle pour la critique moderne que l'impartialité. Les âmes veulent qu'on leur apprenne à aimer; et, sans se départir des obligations de la justice, l'écrivain qui analy.-e doit Irahir le besoin de sympathie, .le n'entends pas dire qu'il faille être indulgent pour les œuvres médiocres, et qu ii ne faille pas haïr opiniâtrement les
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oeuvres funestes. Non. La haine pour le mal est la condition de Tamour pour le bien ; et, si j'avais un reproche à adresser à M. Pelletan, caserait peut-être celui d'une mansuétude trop patie&la devant les insolences grossières de quehques-uns de
• ses ad verrai it^s. Je cuiinjitjiids très-bien qu uii mr'prise; mais il est t»m quelquefois de cracber ce mépris aux ^^ens qui le déSeoflL La bien?eillance dont je |)arle et que j'estime dans M. Pelletan, c'est l'entlinusiasiue, cotte qualité précieuse, qui aUire conuiic par un uiiiiani mystérieux tout ce qu'il y a de bon TdatiB le livre le plus défectueux et le met en lumière. Hair.Krot, comme M. Planche, cette malveillance incorruptible, qui pa»&e pour de la cuiiî>(*ietice, parce qu elle na laiblit
jaoMia^ c'est ne comprendre rien ; ne savoir ni aimer ni haïr, mais s'amuser aux petites chicanes de mise en œuvre, aux
pelrt> 1 approclH'iiicni-, ;mi\ petites critiques de détail, comme ce i^H. Sainle-beuve, c est manquer de qualités viriles et €mi 9*m tenir au rftle équivoque d'un Narsès quelconque, fier 'd'être général, sans songer à gagner des batailles, comme ce liiuttslre lieros. Il faut, pour avoir le droit d'être aimé, raoBtier que Ton sait aimer aussi ; et 1 étude n'est féconde qu'à'la èondition de ne pas fuir Témotion, mais au contraire de la poursuivre partout et à li;i\ers tout.
M. Felleiau ouvre uu livre comme s'il ouvrait un co^ur, et liB hiéroglypbes de l'imprimerie s'animent à ses yeux et s'échauffent comme des artères; il veut sentir palpiter l'âme de son siècle dans les manifestatituis de ia poii^ce conteuiporaine, 61 cette prédisposition ne l'initie que plus facilement et plus piomptementaux aspirations, aux désirs, aux rêves qu'il veut juger. En général, a nmins d'v ôtre un peu forcément am<'né, il parie pluiot des livres qui protitent a ses tendances que de eeax qui j sont contraires; il est plus fait pour la propagande que pour la polémique. Ne s'arrètant à la forme que le temps nécessaire pour prouver qu il u est jamais iubensibie au liiifaBi du style, et qu i! est un écrivain trop sérieux^ luimême, pour ne pas savoir gré à un auteur d'un langage co^
ÉGRIVAIKS ET HOMMES m LETTRES
rect, élevé» harmonieux» coloré» H. Pelietan ya droit au fond de l'œuvre. Ne lui demandez pas un compte minutieux des
périodes mal sonnantes, des expressions mal avisées; ne le forcer pas non plus à vous expliquer les procédés particuliers de travail de Tauteur qu'il juge. Il laisse la rhétorique aux rhéteurs» et ne discute qu'au point de vue de sa foi. Cette façon peut sans doute causer quelque désappointement aux amateurs d'orfèvrerie littéraire, à ceux qui estiment la bimbeloterie du style à Tégal des idées ; mais tout homme qui lit pour apprendre, et qui apprend pour devenir meilleur, en aidant au perlectionnement des autres» sera touché comme nous de cette préoccupation et y trouvera le secret de Tori* ginalité précieuse et de l'élévation constante de sentiments qui distinguent M. Pelietan.
Le nouveau livre que nous avons sous les yeux» et qui a pour titre : Heures de travail^ est la démonstration h plus éloquente de cette méthode. Hâtons-nous d'ajouter que ceux mêmes qui trouvent parfois un peu vagues^ un peu inconsistantes dans leur effusion» les critiques que M. Pelietan publie dans les journaux, seraient frappés, en voyant réunies en deux vol unies ces Éludes éparpillées jusque-là en feuilletons, de leur unité de vue» de leur abondance d'idées, de la ligne droite et jamais interrompue qui les traverse, isolées, ces pages sont des notes sonores; condensée, elles forment un concert» une harmonie, et il est très-facile d'en dégager un sens précis. Gomme à M. de Lamartine, son maitre» il faut à H. Pelietan de l'espace et du ciel» et le morcellement de sa pensée par articles Técourte et l'estropie ; il n'est à son aise, il n'est déânitivement compris qu'en volume. Chacun de ses fragments est comme un morceau de verrière; la couleur en est transparente ; on distingue des nuances mervmlleuses et un dessin ; mais il faut rapprocher et souder ensemble tous les morceaux pour avoir le sujet entier et pour que la lu** miére du ciel passe librement à travers ce tableau qu'elle anime» qu'elle fait resplendir.
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les Heures de travail deviennent ainsi un véritable livre de philosophie. Ce ne sont plus des articles de journaux rassemblés et ooBfondus; c'est une suite de démonstrations qui s'engendrent, se soutiennent, s'éclairent, se fortifient; on sent un souffle continu qui fait vibrer Its i»agos à l'unisson, et la sensibilité de l'auteur élevée à cette proportion magistrale devient une sympathie toute-puissante qui se transfigure, entre les deux images rayonnantes de Dieu el de l liumanité.
Dans sa prébce, M. Pelletan se croit obligé de justifier son tiM, en expliquant que pour lui le monde est un immense
atelier, et le rapport de l'homme avec rhojmme un perpétuel échange de travail.
« La pansée, dit-il, n*est qu'une immense gravitation où nous pesons tous, ceUil-L'i ilu puids d'un .1:1 ain de sable, celuilà du poids d'une montagne. Nous avons tous notre part de travail dans cette collaboration universelle de l'esprit. »
C*est donc sa part que l'auteur apporte, et nous croyons qu'elle n'est pas la moins utile ni la moins glorieuse.
On compr^d que nous ne puissions entreprendre une analyse minutieuse de ces deux volumes de critiques et d'analyses. Nous nous bornerons h signaler paruii ces différentes études celles qui mettent le plus en saillie les tendances particulières de Tauteur et qui sont le plus particulièrement des professions de foi.
Le premier chapitre est consacré à l'examen du livre de M. de Toequeville» la Démocratie en Amérique. Ce début est logique; i) est une sorte de préface en action, et trahit tout d'abord l'édifice dont il est le péristyle pbligé. Ce n'est pas que la politique et la philosophie ne laissent point de place à la littératore proprement dite! M. Pelletan est un a^tl^le trop habile pour ne pas rendre souvent justice aux virtuoses du style ; et nous lisons, à propos de M. Jules Janin, une page fort spirituelle que nous recommandons à l'attention sériense de Técde prétendue réaliste» de cette petite
église à la façon de celle de l'abbé Chàtei, qui adore la Vulgarité sous les deux espèces de la forme et du fond, et qui, visant a la vérité, n'atteint que le plat et le commun. Oae tous ces Courbets littéraires, si dédaigneux pour le style et si insolents avec la grammaire, veuillent bien méditer ce passage :
« J'entends dire souvent : cet homme a du style, mais il n'a que cela. Cherchex-lui une idée, bonsoir! Gomme si le style n'était pas lui-môme une idée! Comme si on pouvait trouver une beauté de style par un autre procédé que par une idée! Mais pour préférer ce mot à un autre mot, malheureux que vous êtes l il a fallu une idéel Allée, mes amis, il y a plus d*idées dans la moindre bluetle proprement écrite que dans toute la collection, je suis forcé de le dire, du Journal des Savants.
ff Sauvons le style des mains des barbares, et jetons-nous
au feu, s'il le faut, pour cela, car, le style sauve, tout est sauvé. On a toujours la pensée, mais on n'a pas toujours le style pour Texprimer. Or qu'est-ce qu'une œuvre sans style) line jeune fille sans dot, qui danse tout Thiver sans trouver un mari. 11 y a daus ce monde assez de jeunes filles à marier, il n y a que la dot qui a toujours manqué. »
U. Pellètan a raison; mais sa pensée serait mal comprise si l'on s'iiuaginait, d'après ce passage, qu'il subordonne l itiee au style, et que la iorme lui lait toujours trouver le fond suffisant. Il croit, avec tous les grands écrivains de la France, que rhannonie des mots est une initiation obligatoire aux secrets de l'idée; mais il sait bien aussi que l'éclat de Texpression n'est pas toujours en rapport avec la valeur du sens ; et, si on concluait de cette citation une préférence de sa part pour l'école de la couleur avant tout et de la fantaisie, on dénaturerait le principe incontestable posé par lui. 11 est d'ailleurs, dans ses écrits, une démonstration de h juste mesure avec laquelle dulveut se eonibiner, pour arriver à un effet de persuasion et d'émotion, le style et l'idée.
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A propos du livre de M. de MoiUalenibert, Sainte Élisahetfi de Hongrie, M. Pelletan se trouve eu face de renoemi véritable, de celui qu'il faut plus que jamais combaltre, el qui, si on le laissait faire, pousserait à la haine et au mépris du seul ^ellt^liât;lit «liii pui.^sfc uous sauver, le sentimeni relifri^nx. Je parle de cetie dévotion ascétique jusqu'au blasphème de i'bumanité, qui rapetisse Dieu aux proportions de Tim puissance, et qui tend, a\uc une affectation si ridicule, h; iiiuLic liuir de Tartufe pour cacher le sein de Uorioe» ({u'on finira par se demander si le mouchoir n'est pas un indiscret qui veut toucher la chair et qui aime mieux la sentir que h voir. Dans œiii'. légende, M. de Moiilalenibert, pi<Hisement graveleuK, raconte avec une complaisance singulière tous les sacrîficee des devoirs de famille, accomplis par une épouse et par une mère, pour mieux s'unir à Dieu. Nous comprenons tous Im heruisiiies de vocation ; mais que sainte LUsabetli consente à multiplier jusqu'à trois fois le nombre de ses enfants pour avoir la joie mystique de les abandonner ensuite et de ne plus Vouloir en entendre pailor, c'est là, au point do vue du ioyer domestique et de la sanctification de la maternité, un exemple scabreux à donner; et nous croyons, comme M. Pelletan, ' que livre est profondément immoral.
Quaiii a i upuuiiii lie l auteur sur la religion comprise à la f^çon .de M. de Montalembert, il faudrait n'avoir pas entendu ce bilieux orateur pour ne pas la partager. Si la dévotion est^ l;i un'iiio chose que la liaïae, l'injure, la piuvucaliuu poipétueile contrôla jeunesse, le progrès, la liberté, contre tout ce qf^ fait aimer la vie et croire au ciel, M. de Montaiembert est un grand dévot; mais, si Thomme religieux est bon, sympathiqut', « harilable, indulgent, s'il luit le scandale , s'il veut convertir par F entraînement de la mansuétude, s'il a horreur de la calomnie» je cherche vainement un homme religieux parmi les quelques fanatiques qui nous exorcisent, et je ne vois que des convulsionna ires, renégats du Llirist, qui ne veut ètm adoré que par les esprits humbles et doux l
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198 ÉCRIVAINS Eï HOMMES D£ LETTRES
De M. de Hontalemberl à M. Veuillot, il n'y a que Tépats-
seur d'un goupillon. M. Veuillot est une étrange grimace ; il fait rire entre hommes comme une obscénité; il a le propos libre, et se charge volontiers de toutes les impuretés de ianga^îc, sachant irés-bien qu'il n'a qu'à se confesser souvent pour être souvent en état de grâce. Hardi comme un lépreux qui montre le poing à tout le monde, et qui ne craint le poing de personne, il a au physique et dans la parole une violente analogie avec l'abbé Dubois, ce cardinal qui, au dire de son valet, faisait mieux que sacrer des rois, puisqu'il sacrait tous les jours le bon Dieu.
M. Pelletan consacre donc un chapitre à rexamon du livre des Libres penseurs, de M. Veuillot. Ce livre est une négation absolue, formelle, uniTmelle. Selon lui, l'esprit est impie, le génie est un monstre. Molière est un moineau lascif; madame de Staël est un dragon; Henri IV un pourceau; le mariage est un dédnfectatU; s'agit-il d'une femme qui s'est illustrée de nos jours par ses romans : « Plus ]e Us ses livres, dit avec « un tact parfait et une convenance admirable le chaste « M. Veuillot, plus elle me &it l'elïet d'avoir toute sa vie dé- ■ « siré l'amour d'un scélérat et de nVoir jamais obtenu que « le caprice des drôles. » Lord Byron n'est aimé que des gredins^ des niais, des filles publiques. C'est un bouc, un singe, un serpent, un pourceau; quant aux journalistes, ce sont presque des aseasHns.
M. Pelletan juge fort sainement dans ses commentaires cette littérature rabelaisienne, qui prétend défendre l'Église, et qui ne peut que contrister et foire rougir de honte les esprits sincèrement religieux.
H nous a semblé plus loin que le critique, tout en rendant justice à la puissance d'analyse de Bafasac, n'appréciait pas suffisamment ce maître et lui gardait trop rancune de ses opinions. L'iiomme de génie, et nous appliquons cette épithète sans hésitation au plus grand romancier de ce siècle, l'homme de génie fait son œuvre progressive, en dépit même des pré-
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jugés qu'il porte en lui, par la seule force d'impulsion de sa nature, qui doit toujours être essentieilement humaine. C'est ainsi que Balzac, royaliste el catholique, commeChateaubriand, fait comme lui, en désagrégeant les molécules de cette société (jui >e décompose, une œuvre doutufratique. Il est illogiquement logique. M. Pelietan lui reprociie de n'avoir pas ce lyrisme dû coeur qui pousse à la croyance, d'avoir manqué d'idéal. Nous ne partageons pas cette opinion. L'homme qui n'a quo (hi talent avec de bonnes luteiuions invcûie un type qu'il oharge de prôcher sa foi, et qu'il fait passer à travers toutes ses œuvres ; il tend à rendre visible et aimable son idéal . L'ininuiie de génie, au cuuUairo, plus universel et plus élevé, équilibre le monde moral dans sa pensée et met dans toutes sea eréaltons son empreinte, son inquiétude, son esprit ; il veut, entre ses héros, des luttes à armes égales, et il n'use pas du subteduge commode de commencer par couper les jarrels du ceux qu'il vèut vaincre. Dans Vautrin, comme dans Bafthàsar Claës, Balzac a étudié un aspect du cœur humain et du cff»iir sucial, si j'ose ainsi dire; mais le forçat n'est pas l^us son idéal que le chercheur de l'absolu. La Comcdie /mmoine t les confessions impartiales de Thumanité, voilà le but, voilà, si vous le voulez, l'idéal. Mais croyez-vous que Balzac eût pu mener à bien cette tâche énorme et ne se fut pas exposé à des partis pris ou à de la monotonie s'il eût tenu à replacer dans chacun de ses romans un type, une pensée chère et préférée? Si vous voulez lui reprocher de n'avoir pas iaU triompher assez souvent la vertn. votts frirez le procès du monde, et c'est précisément le but de l'analyse de Balzac. Pour ma part, je ùe sais pas de romancier qui ait su trouver tant d'iiéroïsme, sans exagération, sous le frac moderne ; et, si je/Ms^ comme M. Pelietan, quelque tristesse en lisant Balzac, j'é[9tltQvé aussi un attendrissement pour ses victimes, qui finit
p.ir faire |iiï»tester l'espérance et le reve du Lien. A ]>art cette cliieane, qui nous amènerait a demander où est lldéai de Mo- \ïèfëi"Viîîéài de Gorneille, Fidéal de Shakspearô, nous rati-
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mi ÉCRIVAINS ËT HOMMES DE LETTRES
fions les remarques pleines de finesse faites sur les procédés d'analyse et de style de Balzac.
i\uus feuilletons rapidement les Heures de travail ; nous ne disons rien de l'Ère des Cémrs de M. Homieu ; c'est de la fantaisie, brutale comme de la réalité; rien non plus d^autres livres tl'liistoire ou de politique! l/ilons toutefois ce passage, à Tesprit duquel nous nous associons. M. Pelletan reproche à M. Louis Blanc sa haine trop persistante de la bourgeoisie» et» après avoir démontré que ce sont les hommes de loisir, éman* cipés du travail manuel qui préparent les idées, il ajoute:
« L*école révoiutiuuuaire met lempéchement à la liberté du côté de la bourgeoisie ; ne pourrais-je pas le mettre à mon tour de Tautre oôtét Est-ce que le peuple, inconstant et aveugle, agit en vertu d'une théorie qu'il a trouvée? il va, comme il est poussé» souvent en sens inverse. La même classe qui faisait la révolution à Paris faisait la contre^révolution en Vendée; et, quand à Naples la boingeuisic avi<it fondé la République, n est-ce pas le peuple, conduit par le cardinal huffo, qui l'a ensevelie dans le sang des républicains? Renonçons donc à cet antagonisme de classes qui ne contient, pour Tave* nir, que des discordes, qui rebute ceux-ci du bien, qui aigrit ceux-là, et qui les arme les uns contre les autres au détriment de leur véritable progrès. »
Nous avons remarqué des pages touchantes sur le livre De la Famille de M, Dargaud, une critique fort élevée de George Sand. 'Mais il est un chapitre qui nous a surtout intéressé, et dont nous avons besoin de parler un peu. C'est celui qui concerne la brocluire anonyme sur Beyle (Stendhal).
Ce petit écrit, qui s'est glissé sournoisement dans le monde, cachait son titre, aussi bien que le nom de lauteur. H. Pelletan, à l'aide des détails de la notice, a découvert qu'il s'agissait de Deyle; il lui eût été facile peut-être de trahir aussi le trop modeste écrivain qui n'osait signer; il s*est borné à des conjectures. Nous respecterons, comme lui, la pudeur de ee païen, que quelques-uns ont cru rencontrer à l'Académie, et
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que d autres affirment avoir vu aussi passer en costume chamarré de broderies, phis brillantes que les palmes vertes.
Il serait plaisant en vëritc; que ropicurien, que l'athée qui a pris à tàciiede ba louer un ami dans sv\\ t iubeau, (1(3 souftleter Dieu avee la main d'un mort, et de faire imprimer avec luie ces quelques poges, justiciables tout m moinsdela polico correctionnelle, fut un de ces lioruièle.^ di^pensatour5 du prix Montyon, cliargés de couronner la vertu, de défendre la morale et la famille, et la religion !
Ce siècle aura vu toutes les ironies; niais celle-ci ne serait pas la moins curieuse. Nous liésitonsà citer. M. Peiletan prévieat les dames et les. prie de ne pas lire ; nous renouvelons cette recommandation. Insulter la Providence, dire de Dieu q^ie ce qui Vexciise, c'est quil nexUie pas ! c'est déjà au point do vue de la morale et de rAcad(>mie une excentricité assez vive; mm raconter que Beyle était convaincu de cette idée très-répandue sous l empire , quune femme pouvait tmijmirs
^nous pa^soils une expression) et que c'étaU un devoir pour un hemmed* essayer ; mais ajouter que lui, le biographe, il a conseiUtf à son ami le plus brutal attentat contre une femme (crime prévu par le Code pénal, et auquel les travaux forcés ajoutent un attrait pittoresque), mais se vanter avec un (lareil eyBÎame d'un code de morale que le marquis de Sade eût approuvé; c'est en vérité essayer une trop forte épreuve sur la patience des lionuetes gens; et, s'il elait cerlijin que l auteur de ces pages, doublement et tristement obscènes, fût de TÀcaddmte, nous ne comprendrions pas que cette assemblée ne mit pas en demeure le membre qui l'insulte et la compromet, ou de fttgner audacieuscment ce livre et de se laire exclure, ou dr jpfottvei' que cette infamie n'est pas de lui.
Ahl- ri «n romancier démocrate, si un socialiste, dans l ebiiele de ses vingt ans, laissait échap[»er ces boutades, quel déobainement contre luil comme rartillerie de toutes les foriÛMiHM de la vertu tonnerait avec la mitraille! Mais toute la presse, toute la littérature connaît ou soupçonne cette bro*
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m ÉGBiVÀiNS m HOMMES DE LETTRES
chure; et on ne la dénonce pas au public ! Et parce que son auteur, gravB» gourmé, un peu célèbre, peut donner sa voix pour certaines élections, et prêter son influence pour certaines vanités, on feint de ne pas avoir lu, de ne rien savoir; on donne la main à ce personnage qui peut déshonorer, par le seul fait d'un tête-à-tôte, si on le croit sur parole, la femme la plus irréprochable. Eh bien! au fond, nous ne nous plaignons pas trop de l'indulgence que ce biographe a rencontrée, ii appartient à une génération que nous dénonçons tous les jours comme étant sans idée, sans foi, sans principe; il aidé à notre démonstration, et il accélère T ensevelissement de tous ces moribonds, commence par le mépris. Une seule chose nous étonne, c'est qu'ayant glorifié l'impiété et le viol l'ingénieux et modeste écrivain n'ait pas essayé de défendre le vol et les voleurs. Âprèâ ti)ut, il a peut-être tenté de le faire.
M. Pelletan ilëtrit pour sa part, avec toute l'énergie d'une cx)nscience droite, ces mamrades d*}ummes dévats en habiis brodés et impies en petite tenue.
Tous les livres qui ont provoqué un bon mouvement dans ces dernières années, ou tous les défis jetés à Tidée de sympathie, à la liberté de conscience, au progrès, ont été tour à tour examinés, discutés et jugés par M. Pelletan dans ces deux volumesquisont l'histoireattendriede la civilisation. M. Thiers, M* Guizot, le P. Ventura , madame Stowe, H. Lamartine» M» de Laforge, M. Girardin,M. Michelet,M. Troplong, M. Victor liugo, M. Eugène Sue, M. Legouvé, M. Lamennais, M. Beynaud, M. Castille, d'autres encore, tousles défenseurs, tous les détracteurs de Tavenir défilent dans celte galerie, sous utt joui* limpide et éclatant, qui ne laissé dans lombre aucune beauté, aucun défaut, et qui fait germer la rêverie et la mélancolie du bien dans le cœur de l'homme de bonne foi. Nous avons assez cité pour prouver notre estime; nous renvo) ons pour une initiation plus complète à la lecture de ces nobles pages. Quelquefois le critique s'interrompt, et soit qu'il raoonte les funérailles d'Emilia Hanin,* la fiUe de Tevlé, aoil
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qa*il explique la fondatioa d'une viUe, il prouve une fois de plus toute la vivacité de son imagination, toute la sérénité et
la vigueur de son osjuit.
Nous l'avons dit en commençant, répétons-le avant de finir: H. Pelletan est un des plus^ honnêtes et des plus bhilants écrivains de ce temps-ci. Poëteet philosophe, il exerce la critique littéraire au point tic vue de I amour et tle la foi, et non pas pour satisfaire une estbétiqpie mesquine et triviale. Convaincu, comme nous le sommes nous^même, que l'humanité n» peut giaiidir que par ic sentiment religieux, il cherche Dieu dans les œuvres mortelles, et sa guerre incessante contre les faux miracles et contre les faux dévôts n a pour but que d*exalter les véritables et étemelles manifestations de la Providence et le i cspectôeneux du génie iuluii. bus hommes de cette valeur sont des chefs, ils s^appellent Légion, et la jeunesse les suit sans crainte, persuadée qu'elle ne se heurteni plus, sur leurs pas, au>; inccumples, aux déserts, aux ruines, à l'incertitude, à la confusion, à tous ces abimes qui ont meurtri les élèves de la pemiére moitié de ce siècle. Quant à nous, il nous semble que jamais nous n'avons rencontré parmi nos contemporains jdiis de raison et plus d ealliousiasmc, plus d'intelligence unie à plus de juste fierté, plus de conscience et do convenance jointes à plus de talent. 11 est trop rare de sentir dans la cohue littéraire une probité de cette hauteur d'esprit, une main de cette délicatesse et de cette fermeté, pour ({u'on n'abandonne pas avec effusion, àrhomme qui vous fait cette joie, ses deux maiiis et tout son cœur.
Max 1^55.
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