‹ Écrivains et hommes de lettres (volume 3)Chapitre 17 sur 22 · VI · texte numérisé non relu

VI

La lettre, fort imporumte, puisqu'elle est le premier acte décisif de l'ancien 4^bef du parti aUholique contre son plus intrépide allié d'autrefois, a été reproduite par la plupart des journaux. LUtavers lui a ouvert ses colonnes, et voici dans quels termes M. Veuillot y répond :

« Je plains M. de Hontalembert et du choix de ses correspondants et du ton de ses correspondances. Je regrette amèrement qu'il ait enlin fermé la voie de retour que j'ai si obstinément voviu tenir ouverte entre lui et les plus fidèles compa^

gnous de ses meilleurs combats. Ses emporLeniciUs ne méritent que le silence et n'obtienduont de ma part rien de ptus. Je ne consens pas à plaider ma cause devant H. Ulbach. J'attendrai que M. de Hontalembert vienne ici, comme je l'y ai souvent invité, produire des griefs sérieux et formuler autre chose que des démentis oratoires. Je souhaite qu'il ne le fasse point. Quand il le voudra faire, je suis prêt. Pour aiijourd'liui, je me contente d'opposer n ses démentis formeh^ qui ne touchent à rien et qui ne démentent rien, une aftirmatk» formelle de tout ce que j'ai avancé et expliqué dans ma réponse à M. de Falloux. »

Cette manière d'accueillir un démenti veut être déduignauaei mais, eu y regardant de [«rés» on la trouve fort corn*

m fiORIVAlNS ET ilOIIHES DË LETTRES

mode et fori humble, il est facile» en effet, de maintenir ses premières af6rmations, puisque H. de Hontalembert a dëdaré

qu'il ne descciuiiait pas à discuter. D'un autre coté, la loi évangélique qui veut qu'on tende la joue gauche quand on a reçu un soufflet sur la joue droite peut sembler ici dévotemenl suivie; car, en apparence, se taire à moitié sous l'injure, c'est laccepter. Au fond de ces accusations» renvoyées en bloc par

.les deux parties» on ne sent pas une susceptibilité bien ardente pour la véracité de sa parole. On se jette réciproquement des injures et non des raisons; et chacun nime mieux faire passer son adversaire pour un calonmiaimr que de prouver qu'il est lui-même d'une loyauté incontestable.

Cette façon de comprendre les accusations délicates est un trait curieux de la polémique du parti catholique, et tient sans doiite à une grande habitude des démentis, des calomnies» des gros mots, de ce que H. de Montaleinbert affirme enfin être la stratégie de rinvective. En attendant, nous voici entre deux démentis opposés, et nous sommes tenté» par politesse» dé les croire tous les deux.

M. Veuillot ne consent pas, dit-il, à plaider sa cause dînant

' nous. En vérité, nous ne consentons pas non plus à h juger; le cas est trop épineux. D'ailleurs» nous n'avons jamais pré* tendu le mettre sur une sellette ni nous placer sur un tribunal. Nous avons moins de prétentions pour nous et nous en avons plus pour lui : il est sur des tréteaux et nous sommes au parterre, voilà tout ; qu'il y consente ou non» nous avons le droit de siffler, et nous en usons.

Un des subalternes de M. Yeuillot» selon l'expression de M. de Hontalembert» en citant la lettre publiée par la Revue de Paris, déclaie que nous avons profité d'un débat récent pour insulter un certain nombre de catboliques, et M. Yeuillot plus que tous les autres. 11 parait (\meb subalterne lit comme il écrit ; car, s'il nous avait bien lu, il aurait vu que nous nous sommes surtout appliqué, dans nos attaques contre les membres du parU catholique et non pas contre les cathMfues, à

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les eicer eux-mêmes et à meure en rehef leurs arguments. Je sais bien que les mettre en présence de leurs propres paroles

et de celles de leurs amis d'hier, c'est les insulter; mais ce monsieur voudra bien convenir alors que nous n'étions coupable qu*à titre d'historien impaniai, et qu'il est impossible d'insulter les membres du parti catholique plus qu'ils ne s'insultent entre eux.

r- octobre 1856.

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