‹ Écrivains et hommes de lettres (volume 4)Chapitre 29 sur 54 · M. GUSTAVE PLA^CHE · texte numérisé non relu

M. GUSTAVE PLA^CHE

il y a bien longtemps que le critique de la Hevue des Deùx- Mondes tient la férule, et on peut se demander, comme nous l'avons l'ait, en ouvrant ses livres, quel résultat cet infatigable pédant a obtenu, quelles idées il a fait triompher, de quelles erreurs il a tiré le public, quelles renommées usurpées il a démolies? Nous croyonsne rien changera la plus exacte vérité, à l'évidence la plus mathématique, en aftirmaut ([ue sur ce premier point l'ieuvrc de M. Planche a (ité d'une st(''rilité parfaite. Acharné contre récole romanti(|ue, exaspéré contre les gloires contemporaines, il a dit un jour « que les œuvres signées par Viclor Hugo disparai tniieiil bientôt, sous le flot e)ivahissant de l'oubli. » Et après [tlus de trente années d'un triomphe laborieux, mais croissant, Victor Hugo, avec ses poëmes, ses romans, son théâtre, est entré dans cette région limpide et sereine qu'habitent les maîtres incontestés. Je n'en veux pour preuve que l'émotion universelle avec laquelle est accueilli le volunu! des Contemplations. M. Gustave Planche n'est donc pas infaillible.

Mais, si la critique est (jucbiuefois ini()uissanto à guérir le public de ses cngoiiemenls, du moins, et c'est là d'habitude sa

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consolation, olle [)ropag(î des |trinci|ics, t'Iicmelen circulation (les idées, elle agile les esprits, elle l'ait croire à un idéal. M. Gustave Planche n'a jamais rien propagé, rien di'li'ndii, rien enseigné. J'affirmais qu'il n'avait jamais blessé personne, j'affirme qu'il n'a jamais convaincu, converti qui (|ue ce soit. C'est (ju'en effet, pour faire une propagande d'idées, il faut avoir des idées. Or je demande quelles sont les idé(3s de .M. Gustave Planche"! Il a altaquél'école romanti(iue, mais il l'a quelquefois traitée avec faveur; on trouve dans ses études l'éloge du réalisme et l'éloge de l'imagination. Kst ce au prolit d'une opinion philosophique, sociale ou simplement [xditique fju'il parle avec celte violence? A-l-il donc, faux paysan du Danube, quelques bonnes sentences de morale universelle à débiter à tous? Point. Indifférent aux agitations, aux doutes, aux tortures des temps modernes, il ne voit dans les premières élégies de ce siècle qu'une fantaisie vaniteuse pour les poêles de mettre leur personnalité en avant. Hcné, Jocchjn, les M,'ditations, les Feuilles d'automne, toutes ces plaintes, si di verses d'accent, si unanimes d'intention, ne sont pour lui (pie des accès de fatuité, que des procédés. Il ne voit pas, il ne sent pas l'inquiétude qui suit les révolutions; il juge les passions littéraires au point de vue le plus étroit et le plus mesquin ; il fuit rentliousiasme; il calomnie l'émotion ; il s'arrête aux chicanes de détail ; mais jamais un soufile ne l'enlève à ce terrc-àterrc continu ; jamais une échappée dans le domaine delà morale, qui doit être l'Elysée ou l'enfer des bons ou des mauvais écrivains! Dans quel livre, dans quelle page, dans quelle ligne a-t-il laissé tomber une parole d'encouragement, d'enseignement fécond'? Sous celte amertume, qui n'est que l'injure et (jui n'est pas la satire, sent-on l'indignation d'une àme virile ((u'animela colère du bien et du beau? Lui échappe t-il, dans ces mal(?dictions perpétuelles, une parole de foi sincère'.' et, s'il ne croit pas aux artistes, a-l-il au moins pour l'art ce culte fervent qui répare tout, qui agrandit les luttes, qui piirilie les colères, et qui guérit en blessant.' Critiquer, c'est enseigner.

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Quelle est la formule, la doctrine de M. Flanche? Est-ce l'art pour l'art? Est-ce l'art humanitaire? Je comprends M. le comte A. de Pontmartin poursuivant, au nom d'opinions politiques et religieuses hautement proclamées, tout écrivain qui lui paraît ennemi. Je comprends M. Cuvillier-Fleury cherchant avec esprit, avec une finesse courtoise à constituer le juste-milieu littéraire, l'éclectisme dePhilinte. Je comprends et j'aime M. Eugène Pelletan Jouillant tous les livres, tous les cœurs, pour y sentir le progrés, la liberté. Qu'on blâme ou qu'on applaudisse ces divers critiques, on leur reconnaît un but, une croyance, une idée. Mais, encore une fois, quelle est la devise de M. Planche, et depuis plus de vingt années, quelle ombre de doctrine, quelle apparence d'idées a-t-il fait passer dans la conscience publique?

Mais, s'il n'est pas infaillible et s'il est sans idées, M. Planche a-t-il au moins ces mérites de style qui profitent aux artisatis littéraires, et peut-on citer de lui quelques pages comme des modèles? Hélas ! non. Brutal jusqu'à la sauvagerie, quand il veut être fort, douceâtre jusqu'à la fadeur, quand il veut être bienveillant, M. Planche exprime en prose épaisse des banalités qu'il assaisonne de figures de rhétorique empruntées à des collégiens. Assez habile dans la recherche des défauts de détail, il perd toute mesure quand il veut utiliser ces petits avantages. Sa raillerie ne s'élève jamais à Tépigramme, et sa colère est bourrue. Comment ! depuis plus de vingt ans M. Planche mord, et il n'a pas fait encore une morsure sérieuse ! Depuis plus de vingt ans, il se moque, et sa moquerie n'a produit encore ni un trait qui [tuisse être répété, ni un mot qui soit resté attaché à ses victimes ! Depuis plus de vingt ans il a de la haine, et ses ennemis sont debout et le d('fient! Mais il faut supposer alors à ce fiagellateur ini|tuissant ou trop do bonté ou tro|t peu de verve. C'est ce dernier reproche (jui est le seul juste. Les ser|>(înls (|u'agite M. Planche sifllent beaucoup, mais ils le sifllent surtout; (|uant à leurb lèvres, elles lâchent, mais ne tuent [las. Ce style à coups de [>oing déconcerte et

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peulblossoilegoCit; mais, encore une fois, il ne blesse personne. C'est piecisement sa malveillance incorruptible qui est pour M. Planche la raison de son insuccès. Comment croire aux leçons de haine d'un homme qui n'aime rien? Gomment se prêter aux sophismes hargneux d'un mécontent qui pjirail surtout mécontent de lui? Comment ne pas être amené à croire (jue cet écrivain, qui n'a jamais fait ni essayé un livre, en veut aux livres des autres par celte seule raison? Sa stérilité prévient contre ses rigueurs, et on est toujours tenté de lui dire : Montrez-nous vos œuvres, vous qui blasphémez les œuvres des autres !

On parle quelquefois, surtout dans les articles de M. Planche, de sa conscience. La violence systématique a de faux semblants de probité, et Zoïle voudrait passer pour un Alccste. Quant à nous, il nous a toujours semblé que la conscience était moins intraitable; et la loyauté, quand elle est l'essence même d'un écrivain, respire dans tous ses actes. Or nous avonstrop de preuves de la félonie du critique pour avoir confiance dans ses jugements. Un homme de science et de véritable valeur, dont les travaux d'esthétique sont consultés par tous ceux qui écrivent l'histoire dece temps-ci, M. A. Michiels, dans un chapitre de deux volumes intitulés YHistoire des idées littéraires en France, a démontré par des faits péremp- (oires les larcins déguisés, les actes de piraterie commis par l'impitoyable Âristarque. C'est ainsi que, suppléant, par des traductions et des copies, aux lacunes d'une instruction insuffisante, M. Planche s'installait à la ïxc.vue des Deux-Mondes, à l'aide d'une étude sur Fiedling, prise tout au long dans la biographie des romanciers célèbres de Walter Scott. Par cet attentat contre la double propriété de l'auteur anglais et du traducteur français", M. Defaucompret, M. Planche accliniaUiit dans le recueil, dont il est aujourd'hui le seul ornement, cette indulgence pour les plagiats dont nous avons pu constater les effets. Une autre fois, c'est à la Quaterlij reviews qu'il s'adresse; puis enfin, après des extorsions littéraires plus ou

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moins graves, ii en vient à se venger de M. Michiels en lui empruntant à lui-môme le fond et les accessoires d'un travail important sur Rubens et son école. Mais M. Michiels n'est pas d'humeur à se laisser copier, et il a réclamé avec énergie.

 propos de l'Exposition universelle, le consciencieux M. Planche reprochait à la mémoire de M. Froment Meuricc un l'ait d'usurpation dont précisément l'éminent orfèvre avait eu le soin particulier de se préserver. M. Gustave l'ianche affirmait que l'artiste dissimulait les noms de ses collaborateurs ; il a suffi à M. Paul Meurice de renvoyer le calomniateur aux œuvres et aux notices du mort si brutalement attaqué, pour convaincre une fois de plus M. Planche d'exagération volontaire. Voilà pour la conscience!

Quant à l'érudition, elle n'est assurément pas indispensable à un savant qui emprunte si facilement la science des autres: mais encore faudrait-il [louvoir contrôler celle-ci au besoin; et ce n'est pas échapper à la leçon de la Fontaine que de prendre le Pirée pour une femme, sachant bien que ce n'est pas un homme. M. Planche fait vivre en 1824, et compte au bilan littéraire de cette année-là le poëte Piobert Burns, mort en 17l>0; il fait du fameux évèque Percy un Écossais cl non plus un Anglais, comme la nature l'avait créé. Il prend dans la Binijrapliie universelU' un article de M. Emeric David sur Phidias, un autre de M. Quatremère de Quincy sur Micliol- Ange; par malheur, il copie étourdiment, et il fait sculpter par Michel-Ange, au seizième siècle, un tombeau conuncncé par Nicolo' dall' Arca, mort en 1270, et terminé par Jean de Pise, mort en 1520. M. Michiels a pris soin, en l(Si2, de relever toutes ces bévues et d'autres encore ; mais, comme depuis (|uatorze ans M. (lustavc Planche n'a pas brisé le bâton dégrossi qui lui lient lieu de plume, il est hors d(Mloute que nous pourrions, avec peu d'efforts, allonger considérahlcmcnl la liste de ces preuves singulières d'infaillibilité scienlincjue. Les deux volumes ijuc vient de publier M. Gustave Planche

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sur la littérature et sur les arts confirment au delà île toute 3up|iosition le jugement très-sincère que nous portons sur sa valeur comme écrivain et comme critique. Jamais l'absence fies véritables lois d'estliétique ne fut plus complète. Le caprice d'un esprit cbagrin |»araît la seule raison des antipathies ou des pn^férences. On llagorne des poëtes médiocres, on injuri(i grossièrement des esprit sérieux et militants. Partout, qu"il s'agisse du roman contemporain ou du théâtre, ou de la po('sie, la même vulgarité, la même façon mesquine et pédante de juger! partout le même dédain, le même mépris, ou plutôt, la même inintelligence des doutes, des passions, des troubles de l'époque actuelle! A propos de M. Cousin, il dira de ce maître, qui a une si lourde part de responsabilité dans la faillite delà philosophie moderne, que « c'est un homme capable de comprendre les faiblesses du cœur; » mais de son action, de son devoir, de son rôle, rien ou pres(iue rien. Je me trompe. M. Planche regrette que M. Cousin ait quitté la chaire de si bonne heure, « il eût retardé, dit-il, l apothéose désintérêts matériels. » L'art doit-il aider à l'enseignement explicite des vérités morales et religieuses? M. Cousin ne le pense pas, ni M. Planche non plus. « Toutes les fois, ajoute ce dernier, (jin' l'art, au lieu de se proposer l'interprétation de la réalité, a pris un caractère doipnalique et s est mis au service de la morale ou de la religion, il a perdu sa puissance. » Il y a dans cette observation une ineptie et une vérité. Il est hors de doute que l'art n'existe réellement qu'à la condition de développer, jusqu'à une perfection plus ou moins grande d'exécution, les règles essentielles qui servent de base à chacune de ses parties. Avant d'être spirltualistes, socialistes, religieuses, la peinture, la sculpture, la musique, la littérature devront être de la [leinlure bien faite, de la sculpture correcte, de la musi(|ue savante, de la littérature bien écrite : c'est là une vi'rité (pie M. de la Pali.sse accepterait. Il ne suffit i)as (|u'un roman ail de bonnes intentions pour que ce soit un bou roman; et (ki)idide, ce chef-d'oHivre f|ui fait horreur à .M. Cou-

sin, s'il n'avait été qu'une diatribe, aurait fort bien pu n'être qu'un livre médiocre. Ce qui l'ait sa force, ce qui le place dans les hautes régions de l'art, c'est l'alliance harmonieuse de la formeet du fond, c'est la réussite de la mise en œuvre secondant l'intention. Chacun est d'accord sur ce point. Affirmer avec solennité la proposition émise plus haut, c'est ne rien dire de neuf; c'est même ne rien dire du tout. Mais, lorsque, sans tomber dans l'affectation dogmatique, l'art se met au service des idées de morale, de religion, d'humanité, je crois qu'il court plutôt des chances de triomphe que des périls de dé- (fhéance. Pour ne citer qu'un exemple tout récent, le livre de madame Beecher-Stowe cesse-t-il d'être une œuvre de premier ordre, parce qu'il est le plaidoyer spécial d'une question de morale humaine? Tout ce qui est dogmatique a un caractère d'enseignement qui exclut l'idée d'universalité. Cela est incontestable et incontesté. Mais ce qui prouve que M Gustave l'hanche n'a pas le sentiment des angoisses modernes, c'est qu'il ne voit pas que l'art égoïste dont il se fait aujourd'hui l'apôtre ne peut plus suffire aux besoins d'esprit et de cœur des générations nouvelles. Qu'importe à ces âmes avides de morale, de principes, affamées de vérité, un torse irréprochable, une peinture bien réussie, une phrase savante, une musique habile, si elles ne trouvent pas dans ces œuvres la réponse à leur éternelle demande, la source à laquelle puissent se désaltérer leurs douleurs ! Ce (jui rend puéril et oiseux le bagage des dissertations de M, Gustave Planche, c'est la lièvre du public, qui veut qu'on l'instruise et qu'on le sauve par tous les in(jyens, par les yeux, par les oreilles, par le rire, par les larmes, par le cœur enfin.

Vous parle/, d'imiter la r(''alité ? Mais qu'est-ce que la n'aliti', sinon des douleurs pn'ciscs, des joies vagues, désespérances infiniiis? ii'art sera donc au service de la ri-alité toutes les fois qu'il satisfera aux besoins d'anmur, d'expansion, do prières de riiiinianilé. A Ce comiHe-là, je trouve ([ue L.iMiailine est plus rr';dis|r que l'.iul de Kock ; et les MMi-

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talions sont plus vraies, au point do vue de tout le monde, que les romans calqués sur les mœurs triviales de la sociélé.

Ces deux volumes s'ajoutent donc au précédent bagage de M. Gustave Planche sans l'aire bénélicier le public d'une idée de plus. On y retrouve la même lourdeur, la même maladresse dans la malice, les mômes pavés en guise de grains do sable. Celte publication continue le phénomène assez rare, en littérature, de la malveillance passée à l'état chronique. C'est là d'ailleurs une anomalie dont on ne s'étonne plus et qui a fini par produire un effet contraire à son but. Il est notoire pour tout le monde que le plus grand bonheur qui puisse arriver à un nouveau venu, |à un débutant dans la carrière littéraire, c'est de subir ce qu'on appelle V éreintement de M. Gustave Planche. On sollicite sa colère, comme on demande à d'autres leur bonne grâce; il n'est pas de càlinerie dont on n'use pour être malmené par ce singulier critique qui fait vivre et prospérer tous ceux qu'il veut tuer. On sait si bien que le public ne se laisse pas prendre à ces fureurs de maniaque, qu'on se recommande à ses sévérités pour s'attirer des lecteurs et des sympathies. Si M. Planche pouvait jamais se douter de ce succès bizarre, il serait capable de devenir bienveillant à l'excès par dépit et de jouer à tous ceux qu'il déteste le tour perfide d'en dire du bien. Mais ce danger n'est pas à craindre. A ce degré, le vertige du dénigrement ne peut plus cesser.

Nous n'avons pas à déterminer les causes de cette hypocondrie féroce. Le sentiment d'une irrémédiable impuissance suffit-il pour l'expliquer? Nous ne le pensons pas. Pour nous, M. Gustave Planche n'est pas un critique, c'est un système. 11 représente toute une école, toute une coterie qui le charge de ses exécutions; et, malgré les coups de tête indépendants par lesquels de temps à autre il fait croire à une sorte de liberté d'allure, au fond, il sert surtout les rancunes d'une Revue qui a su éloigner d'elle tous les grands noms de la littérature contemporaine, Victor Hugo, Balzac, Lamartine,

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(Jeorge Sand, Miclielet, Dumas, etc., ot qui essaye de calomnier nu do nier le mouvement littéraire, parce qu'elle ne peut plus ni le diriger, ni même le suivre. Sacrificateur d'un autel où la mcdiocratie est adorée, M. Gustave IManclie immole les liéllers, épargne les mautons, et cherche à organiser une sorte de terreur au profit d'un nivellement sacrilège des intelligences. Tout ce qui vit, tout ce qui cherche, tout ce qui étudie, oITusque ces béats qui font mâcher leur prose couiuie les Anglais lunt mâcher l'opium aux Indiens. Si, par moments, cette école tressaille au cliquetis d'une armure qui rappelle les luttes [lassées ; comme elle ne peut entrer en lice elle-même, enmuie ffdu'sité rend la cuirasse chimérique et la lance grotesque, elle souffle dans la trompette, elle fait appel aux jeuiu^s paladins et provoque, pour l'illusion de sa vieillesse, un tdurnoi dont elle s'établit juge. Mais la jeunesse a autre chose à faire; d'ailleurs M. Véron est un concurrent sérieux, et ce docteur exploite déjà pour le plus grand profil de sa Aanité l'idée des concours. Je crois (]ue la Hevue des Deux- Mondes, qui depuis longtemps n'est plus la revue de ce monde-ci, d(''sespère de tirer jamais la tombola littéraire qu'elle a fait afficher, et (|ue personne ne viendra répondre à la question que ce sphinx cacochyme a posée: Quels sont les moyens de réveiller le mouvement de 1852 .' Question naïve, et (|ui est l'abdication la plus manifeste! Comme si l'on suscitait une rev(duti()n ;iiti>li(|ue ! Comme si l'on tlonnait à vol.inl(î la fièvre à un peuple (|ui dort d'une digesiion laborieuse! ComuK! si rien de social ne se mêlait en iS.I^ à ce n'-veil t'clatant du génie lyriijue ! On le voit, si donc M, Gust;i\e riaïK'lK' a peur des idées, c'est (ju'il est douanier à'[\\ufrontièri! où les idées sont proscrites. Je mettais en douU' sa conscience. J'avais tort; je reconnais (ju'il est impossihie de reniphr plus conscieiieieus(Miient son office. i\lais cette olu'iss.mce siif(it-(dle pour amnistier les torts d'une ciitiquiv violente sans foi. intolt'iaiite sans faiialisiue?

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