LE PARTI CATHOLIQUE
aucun gago nutlientique. Quand même encore, ce qui n'est pas exact, M. Augustin Thierry, dans la paralysie des dernières heures, aurait subi des manifestations qu'il ne pouvait repousser; quand même on eût arraché à son intelligence vacillante des déclarations qu'il a toujours refusées de son vivant, qu'en conclurait-on? Que le parti catholique aime les mourants, et que ceux-là seuls lui sont dociles. Mais contre la jeunesse, contre l'avenir, contre les destinées du pays, qu'est-ce qu'une pareille conquête autorise?
Vous êtes des moribonds (jui régnez sur des morts! soit ; mais essayez donc de toucher aux vivants !
15 août 1856.
Nous recevons avec quelque étonnement de M. de Montalembert la lettre suivante, qui serait mieux à son adresse dans les colonnes de l'Univers.
« .4 momienr Louis Vlbach.
'( iîesauçon, le 7 septembre 1850.
« Monsieur le rédacteur,
« Je viens seulement d'avoir connaissance de la Revue de Paris du 15 août 1856, qui contient un article intitulé : Le parti catholique et ses variations. Vous y citez (page 183) un passage de l'écrit récent de M. Veuillot contre M. de Falloux, contenant un prétendu récit de ma conduite lors du coup d'État du 2 décembre 1851. Vous ajoutez que ce récit na pas été démenti et que, par conséquent, il est authentique.
« Un homme public, souvent obligé de critiquer les adver-
saires de ses idées et de. ses convictions, doit savoir à son tour supporter la critique, même quand elle est grossière ou perfide. C'est pourquoi je n'ai jamais opposé que le silence aux attaques dirigées contre moi, tant par les écrivains démocratiques que par les rédacteurs de V Univers . Mn'is tout homme loyal et sensé doit comprendre que le silence gardé devant l'injure ne peut pas servir de garantie au mensonge, et qu'il serait souverainement injuste d'en conclure que l'on admet tout ce que l'on ne conteste pas.
(( Telle est cependant, monsieur, la conclusion que vous tirez, en admettant que le récit de M. Yeuillot est authentique parce qu'il n'a pas été démenti. Vous m'obligez donc à déclarer que tout est controuvé dans le fragment que vous avez cité de M. Yeuillot sur moi, comme aussi dans la plupart des nombreux passages de son récent écrit où il est question de moi.
« Dans cet écrit, au lieu de se borner à attaquer, comme il en avait le droit, mes discours ou mçs actes publics, il s'est permis d'afficher une sorte d'étude intime sur les impressions et les intentions qu'il m'attribue. Puisque, seuls entre tous les organes de la presse parisienne, vous avez jugé à propos de lui prcter le secours de votre publicité, trouvez bon que j'en use à mon tour pour opposer un démenti pur et simple îî tout ce que M. Yeuillot a cru pouvoir avancer sur mon compte comme sur celui de mon ami. M. de Falloux. Je ne saurais l'ulrer dans une discussion de détail avec un adversaire aussi habile que violent, passé maître dans la stratc'-gie de l'invective, parlant tous les jours, et aidé par vingt subalternes qui .se relayent pour achever ses victimes, .le me borne à déclarer (jue ma mémoire, ma conscience et mon honneur protestent à l'envi contre tout ce qu'il a dit. J'aflirme, en outre, qu'il m'a audacieusement calomnié en osant prétendre que c'est moi qui, en 18r)2. ai voulu changer V assiette et les couleurs du cainf des catholiques. [Vniversàn r> juillet.)
(( Vos préférences pour i\otre antagoniste .sont manifestes.