‹ Écrivains et poètes de l'AllemagneChapitre 32 sur 44 · CANDIDA · texte numérisé non relu

CANDIDA

Oh ! j'ai toujours tant aspiré après la quiétude ! ma chambrette est étroite et renfermée, la lueur des étoiles n'y pénètre pas. Ici tout est vaste, tout est grand, l'immensité s'ouvre à mes yeux. A la maison chacun prétend parler; le désert, au moins, sait vous écouter en silence. «

PLAaDDS.

Hais ton père, enfant, que dira-t-il?

CANDiDA. ■*

Oh ! mon père n*y doit point voir de mal, pour cette fois du moins; J'ai son congé, c'est fête aujourd'hui : il célèbre un joyeux banquet avec ses amis; il sait bien que ces plaisirs-là je ne puis les souiTrir... Comme au sein de la plaine sablonneuse, ce frais et vert jardin sourit! Là des fleurs, des eaux vives, et tout autour le sable ardent qui vole.

pLAcmus.

Il fut un temps, à ce qu'on raconte, où ce désert que tu vois était rOcéan même ; à cette époque les oasis étaient la terre ferme. La 'vaste mer depuis s'est éloignée, et les petites oasis sont restées. Ce qui est grand subit des transformations éternelles, tandis que les choses minimes ne changent pas ; c'est la raison sans doute pourquoi les hommes n'ont point cessé d'être les mêmes.* On navigue toujours par ces contrées; seulement, désormais l'esprit infatigable de l'homme se sert d'autres moyens. A travers les brûlantes étapes ^u désert inllni, chemine, pour le commerce et pour la ruse, ses cargaisons de marchandises sur le dos, la caravane efflanqué^ des dromadaires. Aux approches de l'ermitage les animaux hennissent, on fait halte ici, on s'abreuve, puis ensuite on reprend sa roule.

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