ARTHUR, GINÉVRA, LA TABLE RONDE
GINÉVRA.
Les corbeaux s'éloignent.
ARTHUR
Fussent-ils encore là !
GINÉVRA.
Tiens, regarde à Thopizon, au loin.
ARTHUR
Que vois-tu?
GINÉVRA.
Les reflets du soleil couchant sur le pinacle des temples.
ARTHUR
Dis plutôt de. longues chaînes de rochers, où le soleil se mire dans Teau des pluies.
GINÉVRA.
Non, j'entends la musique des psaumes.
ARTHUR
C'est le vent qui murmure dans les arbres. Pourquoi vouloir s'abuser de la sorte? à quoi sert désormais l'illusion? Nous sommes au désert; aucune trace, aucun signe d'habitation humaine.
GINÉVRA. «
Arthur, comment avons-nous fait pour nous égarer de la soVte?
ARTHUR
• Chère, la démence est une puissante compagne. (II pose za couronne mr une 'pierre.) Qui veut de ma couronne? je la mets à bon marché : ma couronne appartient à qui va nous conduire au Kardweil. Je sens que ma tête se perd. Oh! les voix prophétiques de mon âme! contes que tout cela, fantômes, et mes pressentiments ne m'avaient point trompé.
GINÉVRA.
Aide-moi à descendre de ma haqucnée, Lancelot.
LANCBLOf.
Pourvoyeurs, échansons, du pain, du vin^ en reBte-t-il encore?
L*ÉCHAirS0R.
Tout le pain est consommé, et je vous ai versé la derniôre goutte de vin.
GINÉVilÀ.
J'ai faim, Lancelot, j'ai soif; n'entends-tu pas?