UN CHEVALIER
Des dés, et qu'on égorge celui d'entre nous que le sort désignera.
ARTHUR
Avant que nos lèvres se dessèchent, avant que le vertige fasse de nous sa misérable proie, avant que le son étouffé se colle au parchemin de nos gosiers, appelons sans relâche, ô mes amis! appelons notre guide. toi, le lion des lions, toi qui nous apparus la face rayonnante des célestes clartés! Merlin, tes fidèles périssent au sein d'une angoisse infinie; sauve-nous, Merlin, sauve-nous!
Cependant an fond des boifl de Briogne, sur le seuil d'une grotte embaumée, le fils de Satan soupire aux pieds deNiûiaha. De plul§ en plus épris, ses désirs s'irritent aux agaçantes provocations de cette enfant lascive, couleuvre insaisissable qui fas> cmé et se dérobe, et bientôt Tenchanteur, se réveillant en lui, vient en aide à l'amant passionné.
<( Dis un mot, et du sein des profondeurs j'évoque à tes yeux les rois des mines; dis un mot, et les eaux de ce lac vont se retirer de leur lit, et sur ton front, 6 la reine des Gr&ces ! va s'incliner un arc d'argent, tout incrusté de coquillages et de pierreries; dis un mot, et soudain des fruits de cristal et d'or vont pendre à ces rameaux, et l'air va s'emplir de musiques, et l'herbe étincelante s'étoiler comme le firmament.
NIMIANA.
Es-tu donc si puissant? alors, réponds : que peux-tu désirer?
% Insensiblement l'enthousiasme de Merlin communique à ce cœur de glace un peu de sa chaleur, et la folâtre, à son tour, devient pensive, mais sans vouloir se l'avouer d abord.
NiNtANA.
Né va point croire, an moins, que tu me plais.
MERLIN
Douce traîtresse en ta propre cause.
NINIANA.
Qui moi, j'irais follement m'éprendre d'un homme? moi, le plus libre oiseau de la liàre forêt, j'obéirais comme un chien à ta
voix, soucieuse pour un nuage de ton front, ivre de joie pour un de tes sourires? Vraiment je ne croirai à semblable miracle que lorsqu'il fera nuit en plein midi.
MERLIN
Que diras-tu alors s*il en arrive ainsi? (i. un iiffn» de sa vuiin^ k
MINIANAt
Oh! Tenjôleur, qui me preud au mot.
HEALIN,
Tant d*étourderie paralyse ma force! -" Je suspende le èours des astres, et la folle n'y voit qu'uu jeu. Cette indifférence éternelle, toujours prête à éclater dans un sourire vain et moqueur, serait-ce donc là la vie?
NIIVIAIVA.
Fou, la lampe du ciel 8*est éteinte, rallume-la. [4, V'n signe de Merlin^ U eUHé réparait) Et si tu es celui que ma tante annonçait, dis-*moi 06 qu*est Tamour.
MERLIN. * -r.
Un muet, un pauvre muet qui s^exprime par signes. (IIP 0m&ra««e.) Et maintenant! adiçu, moii r^ve de bonheur I " "4
NINIANA. «
Me quitter 1 v «
MBELIN.
Il le faut.
IflNIAUAi
Il le faut? toi!
CRI pp L4 TAçi^ RONPE {dansVAoigf^emeni), Merlin !
MERLIN
Ils m'appellent.
NINLINA.
Qui donc t'appelle, perfide^ trompeur? Tu n'entends que l6 cri hdctume de la biche attardée.
MERLIN
Ce sont eux, je te dis, les chevaliers, le roi, ta sœur? ^
NINIANA.
Je n'ai point de sœur ; ma sœur, c*est toi, toi mon pènp et mon frère,
MERLIN
Chère bien-aîmée!
NINIANA.
Mais, non, tu cherchais un prétexte; pourquoi m^abândodiiei' ainsi? reste auprès de moi, reste encore cinq minutes.
MERLIN
• Pitié! pitié I ^
836 ÉCmVAINS ET POETES
NIKIANA.
En varn je voudrais 6lre son esclave et m'en aller puiser de Veau pour lui à la source voisine, il n'en a pas besoin ; en vain je voudrais ni'échapper daus le bois dès Taurore pour lui cueillir les fraises odorantes, il n*en a pas besoin. Je lui aurais fait, de mes mains, une si molle couche de feuillée, si volontiers j'aurais pris sa tête adorée dans mon sein et me serais tenue éveillée la nuit pour qu^il reposât mieux ! bêlas! de tout cela il n'en a que faire; des fruits et du vin il en a tant qu'il veut; cependant, pensais-je, peut-être sera-t-il heureux si la fille qu'il aime s'abandonne à lui.
MERLIN
Adorable enfant !
KINIANA.
Merlin! apprends-moi comment t'oublier?le peux-tu seulemeii, et n'est-ce point un miracle au-dessus de tes forces divines? Merlin, alors preads pitié de ta pautre esclave et l'anéantis. Non, tu ne sauras jamais ce que je souffre; plus rien là-haut pour moi, plus rien ici-bas! mon ciel et ma terre sont en toi, dans un seul regard de tes^^eux.
Un mot pourtant, il est un mot fatal, sacramentel, qui, s'il le prononçait, enchaînerait pour jamais l'amant de Niniana aux pieds de sa maîtresse. Mais dans ce mot terrible reste renfermé le secret de la nature de Merlin ; qu'il le prononce, et c'en est fait de sa puissance cabalistique, et le demi-dieu, le demi-ange, devient homme. Niniana redouble de caresses et de séductions ; une lutte suprême s'engage, au bout de laquelle le mot mystique est révélé. Les- ciseaux de Dalila ne produisent point des effets plus rapides. Samson, je veux dire Merlin, déshérité de ses privilèges merveilleux, se retrouve humble et chétif et la risée des forts. La confusion s'empare de ses sens, il devient foui Par là, Salan a pensé ressaisir l'âme qui lui échappe ; il propose donc à son fils de Télever encore une fois au-dessus des misères de ,ce monde el de lui rendre son immortalité; mais le héros refuse : homme il est, homme il restera, et lious le voyons au dénoûment de cette scène, qui, soit dit en passant, rappelle un peu B^crl le Diable, çt semble l'idée mise en poésie que M. Meyfflbeer a mise en musique ; nous le voyons mourir en proclamant le nom de Dieu. Comme Faust, Merlin a ^auvé son âme, mais son oeuvre terrestre avorte, les chevaliers de la Table ronde se sont égarés et perdus, et son entreprise héroïque de guider Tesprit du Nord vers rOriei\t et d'instituer Arthur roi et gardiéh du Gral, son entreprise deii|eure finalement inachevée.
Merlin fut écrit \ers 1830. Immermann raconte que dix ans plus tard, ayant eu occasion de parcourir son poème, il ressenlU une douleur profonde à s'en avouer les notables défauts. Luimôme reconnaît comme une des causes principales du peu de succès le médiocre intérêt que pouvait ofifrir un sujet emprunté à de gothiques légendes, et la complète impopularité des personnages. A Dieu ne plaise que sur ce point l'idée nous vienne de le contredire! Qui se soucie en effet aujourd'hui du roi Arthur et de l'enchanteur Merlin, delà reine Ginévra et de son écuyer Lancelot? Quel intérêt peuvent nous inspirer ces figures colossales de Satan et de Merlin se mouvant en dehors de Thistoire et du temps, ces pâles allégories, ces abstractions vivantes qui traversent la scène sous le nom de Placidus et de Candida, de Klingsor ei de Niniana, puis disparaissent, «ans même avoir marqué leur passage par quelques-uns de ces nobles vers ayant trait au mouvement de la vie. humaine, par quelques-unes de ces allusions sublimes dont fourmille cette autre épopée de Géethe?.Plus un sujet est, de sa naiture, obscur et métaphysique, plus il convient que les caractères se rattachent à nous par leurs passions et leurs sentiments. Là, j'imagine, vous trouveriez le secret de l'immense popularité du Faust. Cette clarté dont je parle, cette lucidité d'élocution, Immermann ne laissa point de l'acquérir dans la suite, mais trop tard ; Goethe, au contraire, comme on sait, en vieillissant l'avait perdue.
Rien n'est curieux comme de lire dans le journal de trois ou quatre des amis intimes dlmmermann , qui furent à même de l'observer à cette époque, le récit de l'espèce d'état prophétique et somnambulique où le plongea l'élucubration de ce poème de Merlin, Il pensait en effet mettre là son individualité tout entière, ses idées sur Dieu et la création, sur la religion et la phi« losophie, sur Goethe et sur Hegel. En quelque lieu qu'il vous abordât, il vous entretenait du plan de sa composition, et si le sens vous échappait de quelque allégorie bien enveloppée, il étaiMomme à vous tenir des heures aux froides brises d'une nuit de mars , pour vous expliquer l'inexplicable , finissant toujours, en ces entreprises désespérées, par appeler à son aide le vent, la lune et les étoiles, en manière de truchements d'une pensée qui le dévorait et qu'il ne pouvait rendre. On eût dit , raconte l'un de ces confidents du poète, qu'un esprit surnaturel habitait et travaillait en lui, un démon .^uquel il servait simple-
m ÉCRIVAINS ET POETES
ment d'organe et dont il transmettait les oracles sans pouvoir les interpréter. La double nature de Merlin, de ce fîls de Satan et de la vierge chrétienne, donnerait seule peut-être une idée du déchirement de la conscience du poëte à cette époque. Les idées chrétiennes qu'il avait d'enfance, et qui, par le i^it de son tempérament exalté, revêtaient je ne sais quel puritanisme ascétique toujours prêt à ne voir en Dieu qu'un ennemi déclaré des pompes de la terre ; ses idées chrétiennes en fermentation cherchaient à rejeter définitivement certain levain de paganisme venu de Goethe. D*apaisement, il n'y avait guère à en attendre du côté de la philosophie i sa nature de poëte, ardente , impressionnable, et d'ailleurs tout d'une pièce, "répugnait à ces termes moyens. Le christianisme triompha. De là ees vifs sarcasmes contre la philosophie du jour, oes allusions acerbes qu'on rencontre à chaque page du poëme. Immermann sort de la lutte comme non hérosi en proclamant la communion indestructible de l'être avec Dieu. Poésie est délivrance, a dit Goethe; je ne sais si cette parole qu'il prononçait au sujet de Werther^ et dans un sens tout humain, tout profane, pourrait être citée à propos de ces incertitudes religieuses qui assiègent l'âme à diverses périodes de la vie ; quoi qu'il en soit, la gestation d'une œuvre grave et rétié* ehie est encore, en pareil cas, la meilleure méthode, sinon d'arriver à la notion parfaite de la vérité ,du moins de sonder sa propre conscience et de couper court à ses déviations. À ce compte, une osuvre sérieusement entreprise , sérieusement menée à fin , ne saurait demeurer complètement stérile. Si le poëte a manqué son but visrà-vis du public, du moins sort-il de son travail plus calme et plus fixé. Il n'appartient qu'à bien peu de chefs-d'œuvre d'agir à travers les siècles et l'espace. Contentons-nous d'ambitions plus modestes ; et ce poë'me, dût-il ne servir qu'à nous éclairer, qu'à nous fixer nous-mêmes, croyons bien que nous ne perdons point notre temps à l'écrire.
Dirons^nous maintenant ce qui manque à cette œuv|^ de ttertin pour qu'on puisse y voir une épopée? La nature wlm* mermann, nature ardente et fiëre, mais peu encline à la rève^ rie, à la sensibilité, répugnait à certaines conditions essentielles en dehors desquelles il n'y a désormais point de mythe possible. L'idéal, le prophétique de la spéculation moderne lui échappe : de ce désir infini, de ces tristesses haletantes, de ces douleurs sans nom qu'qn respire à chaque page de Manfred et
de RitU, vous chercheriez en vain Técho dans ce poëmei qui se trouve réduit par là aux simples proportions d'une de ces évocations fantasmagoriques du moyen âge dont s'est inspiré chez nous VÀhasvéruë d6 M. Quinet. Je l'ai dit, le poëmê de Merlin n'eut aucun suâcès; Immermann, susceptible comme un pointe, ressentit profondément l'indifférence de son siècle, d'autant plus que ce n'était point la première fois que le siècle la lui marquait. Au théâtre» déjà ses importations shakspe** riennes n'avaient que très*médiocrement réussi. Un nouvel échec dans l'épopée devenait signiflcalif ; il lui fallait donc, sous peine de mourir dahs une impopularité finale » s'affirmer aux yeux des gens par quelque œuvre capable^de faire du bruit, et jeter une sorte de pont de communication entre lui et œ public qui semblait prendre à tâche de le fuir. Les Épigones furent ce pont. Poursuivre le secret de la vie contemporaine à travers ses énigmes les moins pènétrables, voilà son but ; lui-même le con«> fesse 1. Rien de plus honnête et de plus méritoire qu'un pareil programme ; on regrette seulement qu'Immermann n'ait point su inventer pour son sujet une forme nouvelle et s'en soit tenu au type de Wilhelm Meiiter, Il y a une chose fâcheuse avec le poëte qui nous occupe : chacun de ses livres en rappelle un autre, et son originalité ne se manifeste en quelque sorte que sous les auspices du prochain. Nous songions à Faust en parcourant Merlin, voilà maintenant les Épigones qui nous reportent à Wilhelm Meister, et tout à l'heure Mûnchhausen, le meilleur, sans contredit, de ses romans satiriques, va nous remettre Dùn Quichotte en mémoire. Cependant ce malencontreux qui presque toujours se rencontre sur le chemin du devancier, il s'en faut que ce soit un poète ordinaire. Immermann est un mattre (l'Allemagne le reconnaît pour tel, et Dieu nous garde de vouloir lui contester ce titre], mais un maître qui a commencé par aller à l'école. Shakspere et Goethe l'ont instruit au début; le malheur veut qu^OB avançant en âge il se soit trop volontiers souvenu de ses classiques : de là ces imitations qu'il sème de perspectives origi** nales, ces calques qu'il anime d'un feu créateur ; génie manqué, dira-t-on; oui, peut-être; toujours faut^il convenir que c'est plus que du talent; il y a là l'étincelle électrique, le jet momen* tané, l'éclair.
« Voir ses lettres à"Wolff, Brlefe an Wolff, p. 85.
Évidemment on reconnaît dans les Épigones l'influence de fVUhelm Meisier; c'est le même plan, la même façon de grouper les personnages, pour ne point parler de certaines babi* tudes contemplatives familières à Goethe, comme on sait, et qu'on retrouve ici à tout propos. J'appellerais volontiers les Épigones un Wilhelm Meister de la société contemporaine. Hermann, le héros du livre, se montre à nous dans la plupart des situations où nous nous souvenons d'avoir vu Wilhelm. L'entourage reste à peu de chose près le même, et si vous appelez Mignon, Fiammetta répond aussitôt; cette Fiammetta est une espèce d'apparition fantastique sans laquelle le héros du roman ne saurait faire un pas, une sorte de lutin femelle, de feu follet mystérieux, qu'il s'attache à l'aide d'un pouvoir magique. Ce qu'lmmermann entend représenter par cette figure romanesque, on ne le saisit guère au premier abord. Peut-être faut-il voir en elle quelque réminiscence capricieuse du monde d'Hoffmann, peut-être aussi qu'il y a là quelque syipbole, quelque mythe, le contraste de la poésie et de la vie réelle; en tout cas. Mignon et sa douleur immense convenaient mieux pour un fond de tableau qu'un être purement fantastique qui ne se rattache à rien d'humain et n'a de parenté qu'avec les Esprits élémentaires du Pot d'or. L'aventure d'Hermann avec la duchesse, laquelle aventure ne laisse pas de rappeler une scène exactement pareille dans Wilhelm Meiêler, donne lieu à d'excellentes vues de la part de l'auteur sur l'aristocratie du temps. Les années d'expérience vont leur train, et notre héros poursuit son odyssée, à travers quel élément, on le devine : c'est la religion, la politique, l'industrie. La religion tourne au piétisme, la politique à la démagogie ; et quant à l'industrie, notre épigone, un peu poëte et patricien de sa nature, n'a pas grand' peine à s'en dégoûter, malgré le fanatisme d'un vieil oncle à lui, fort adonné à l'agiot, et qui, sur le chapitre des actions de chemins de fer, n'entend pas raillerie. On trouve en maint endroit des bqatades d'un comique parfait; je citerai dans la première partie la Famille des Philologues, très-spirituelle scène à la Nodier, où les vives saillies ayant trait à l'éducation ne manquent pas; le vieux sens classique et lé sens populaire sont aux prises, l'assaut va même devenir menaçant, lorsque paraît sur le seuil de la porte M. Guillaume de Schlégel, en brahme indou fort engoué de sa science, et roulant à grand bruit le couvercle d'une énorme ta-
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balière à glaces. L'entrée de l'illustre professeur dans le synode turbulent produit un effet original ; ajoutons que le portrait est touché de main de maître. Quant aux conclusions du roman , on n'en saurait imaginer de plus bourgeoises : le Itéros se marie et se relire sur ses terres. « Enfin, s'écrie Hermann, après tant de chocs, d'aventures et de contradictions, pourvu que nous ayons su nous garder pour nous-mêmes , il nous est donc donné de vivre heureux par les biens les plus simples ; et cette fièvre de Thistoire du monde, il dépend donc de deux beaux yeux fidèles de l'apaiser, du moins dans le sein d'un de nous. » Hermann hérite aussi des biens de son oncle l'industriel, et ces biens, qui naguère appartenaient à la famille ducale, passent dans ses mains, vicissitude assez fréquente, où cependant le poëte.veut voir un symbole, a L'esprit des temps anciens et l'esprit des temps nouveaux, écrit-il à la fin du dernier chapitre, se livrent encore à notre époque un combat dont nous souffrons tous. L'aristocratie s'était sentie ébranlée sur ses fondements, et ses vices n'en remplissaient pas moins de désastres irréparables les maisons des bourgeois. Qu arrive-t-il ? Le tiers état s'empare de son arme, l'argent, et se venge par une guerre d'extermination qu'il mène de sang-froid; mais lui aussi manque son but, et de cette lutte terrible, de ces trésors poussés les uns contre les autres par le besoin de jouir des uns et la rapacité des autres, de ce conflit du connu et de l'inconnu, de cette confusion de la loi et du droit, il résulte une combinaison nouvelle à laquelle personne encore n'avait songé, et l'héritage de la féodalité et de l'mdustrio échoit finalement à un état qui n'est ni l'un ni l'autre et pourtant tient des deux. » Hermann^ ennemi déclaré des tendances industrielles du siècle , à peine entré en possession des biens , se met à les transformer, et nous le voyons donner un gage éclatant à ses opiiHMs aristocratiques en rasant les fabriques et les factoreries dont son vieil oncle avait encombré le noble sol. — Dernièrement, dans une lettre écrite à Bettina, et reproduite par la Gazette de Leipzig^ madame Sand prétendait nous révéler dans Wilhelm Meister une sorte d'évangile du communisme entrevu à vol d'oiseau ; à ce compte, il ne tiendrait qu'à nous de voir dans les Épigones un manuel de l'absolutisme ; mais nous n avons nul goût pour ces façons de convertir en catéchisme une œuvre littéraire; et d'aillem-s, comme il n'est pas de livre où l'on ne voie au microscope quelque utopie en germe, cela mène trop loin.