‹ Écrivains et soldatsChapitre 14 sur 18 · MGR. FREPPEL · texte numérisé non relu

MGR. FREPPEL

Le 22 décembre 1891, Mgr Freppel, évêque d'Angers et député du Finistère, mourait presque subitement dans son palais épiscopal, au lende-. main d'un de ces discours qui étaient pour la France chrétienne une consolation et une revanche, un réconfort et un encouragement. Il tombait sur la brèche, ayant jusqu'au dernier jour combattu le bon combat, ayant lutté jusqu'au bout, avec une vaillance qui n'avait d'égale que son talent,^ pour le triomphe de ces deuxTgrandes causes françaises, la Religion et la Monarchie.

En ce jour anniversaire (1), j'ai voulu relire un des derniers écrits de Mgr Freppel, celui qu'il

(1) Ce chapitre fut écrit le 22£décembre 1892.

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publia, au mois de janvier 1889, sous ce titre : La Révolution française à propos du Centenaire de 1789. Plus encore qu'au moment de son apparition, cet éloquent et lumineux travail est aujourd'hui d'une actualité saisissante, et le lecteur me saura gré, j'en suis sûr, d'en rappeler ici les grandes lignes.

L'écrit de l'évêque d'Angers est plus qu'une œuvre de circonstance. Il a sa place marquée à côté des Réflexions sur la Révolution française, par Edmond Burke, et des Considérations sur la France, par Joseph de Maistre. Non sans doute que Mgr Freppel, malgré son très rare et très grand talent, ait écrit, comme Burke, des pages d'une véhémence sublime, ou, comme de Maistre, des chapitres d'une vigueur et d'un éclat que Bossuet seul a surpassés ; mais il a sur ses deux prédécesseurs l'avantage d'être venu un siècle plus tard, et de pouvoir ainsi opposer à la Révolution non plus des anathèmes superbes, des prévisions, des prophéties toujours suspectes, mais des faits irrécusables, des événements qui parlent plus haut que toutes les paroles, une expérience de cent années, des prophéties enfin qui ont cela pour elles d'avoir été réalisées !

Dans les douze chapitres dont se compose son

livre, Mgr Freppel montre comment le mouvement réformateur est devenu un mouvement révolutionnaire. Il établit que nul ne songeait à maintenir les abus, que tout le monde était d'accord pour opérer les réformes. Jamais, à aucune époque ni dans aucun pays, on n'avait vu, de la part d'un gouvernement ou d'un ordre politique, autant de générosité ou de bonne volonté pour la transformation pacifique d'un état social. Les cahiers du clergé, de la noblesse et du tiers-état sont là pour démontrer que toutes les réformes utiles, sérieuses, légitimes, accomplies en 1789 et depuis, se seraient opérées sans la Révolution, plus sagement, plus sûrement, plus efficacement. Car il n'en est pas une seule que la Révolution n'ait ou retardée, ou compromise, ou rendue impossible pour longtemps, sinon à jamais. Aussi bien son véritable but n'était-il point d'améliorer, de réformer, d'innover dans l'ordre civil et politique. La Révolution française est avant tout une doctrine et une doctrine radicale, une doctrine qui est l'antithèse absolue du Christianisme : de là sa fausseté manifeste, comme aussi l'importance de son rôle et de son action dans l'histoire du genre humain.

Et ce caractère doctrinal de la Révolution

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