‹ Écrivains étrangersChapitre 37 sur 41 · SV · texte numérisé non relu

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300 LE BOXA» CONTCMPORAIK A L*ÉTRA1CGER

pay?, il a prétendu rovc^tir ses pci*sonnages d'un»» si^^nilicalioii siipôrieure.

Kniilia ol devenue pour lui le symbole de ri>p«»ce. celle fameuse « Espèce »> dorilM. Hutli, déjà. Douà avail tant parlé. Daus Itoberla, il a r incarné la dégénérescence; et du conilit qui se

^ produisait dans Tâme des deux sœurs il a pré-

(.> tendu faire une fa<;on de microcosme de la lutte

pour la vie. Mais le pire malheur est que, pour accentuer ce c.traclère symbolique de ses personnages, il a cru devoir leur prôter, pour ainsi ^ dire, des sentiments << scientifiques ->, ce qui par

^ instants les rend ridicules, et d autres fois tout

^ à fait déplaisants. Quelques citations, d'ailleurs,

i permettront d'en juger.

t Voici d'abord, au début du livre, Emilia qui

se désole d'un nouveau crachement de sang !" survenu chez sa sœur. '< Et, par un raffinement

^ salanique de son imagination, une foule d*épi-

k sodés riants se présentèrent à son esprit, allant

^ à rencontre de son désespoir. Puis, par une

association d'idées malencontreuse, elle se rappela «les pages quelle avait lues, des paroles qu'elle avail entendues sur la loi de sélection, sur la nécessité mathématique de la mort précoce. Sans doute sa petite sœur était inapte à soutenir le choc de lexistence; elle portait en soi la plaie mortelle d'une antique race épuisée; elle paraissait avoir été conçue dans une nuit de névrose... » Mais je ne puis me résigner à traduire la suite des rêveries de cette jeune femme, que l'auteur nous représente comme le

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BOMA^aERS ITALIENS 30t

mo(IM<» (liîlîi |)arnutc santé (lu corps oldcTesprit. <( Tu l*allaclies à un nionslrc, lui soulllail sa raison. Tes elTorls no serviront qu*à prolonger une aj:;onie, et à te communiquer h toi-mAme des germes mortels. »>

I^a préoccupation de ces « germes » joue un rôle énorme dans la vie morale d*Kmilia.

Une nuit, après un cauchemar, la malheureuse Roborta s'échappe de son lit, réveille sa sœur, et la supplie de la prendre un instant près d'elle. « Les regards d'Kmilia parcoururent le corps dévèlu de la jeune fille, ce corps moite d'une moiteur contagieuse. L'instinct de la vie se révoltait en elle contre Tidée d'un sacrifice sans raison. » Si bien que Roberta, tremblante de terreur et d'angoisse, dut retourner toute seule dans sa chambre. « Ne t'attache pas à elle, disait encore à sa sœur la voix du bon sens : elle est condamnée. Tu es du côté de la vie, et elle, de la mort. Tu as les droits de ceux que le génie de l'Espèce a créés pour l'entretien de son intégrité ; Roberta n a que le devoir de renoncer, devoir que lui imposent son mal et |

le danger de la contagion. »

Sur ce point de morale particulier, cependant, la sage Emilia est en désaccord avec un autre des représentants de TEspèce dans le roman, le jeune médecin Cesare Lascaris.

Celui-ci estime en effet, lui aussi, que c'est -J

« absurdité pure », pour une personne bien portante, de s'attacher à une créature « dégénérée et vouée à la mort » ; mais il déclare que

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