UNE INTERVIEW DE DOSTOÎEVSKT
.Fai signalé nagiK'^rc rinntilité de la plupart <l<»s rcns(Mgnciiienls reciioillis, sur la vie intime du (îonito Tolstoï, par un «les familiers de ce grand écrivain. Voici, au contraire, dans une revue russe, VŒuvre féminine, quelques souvenirs sur Dostoïevskv, où la moindre anecdote se trouve, fort habilement, élevée à une signification et à une portée supérieures, de telle sorte que l'auteur de ces souvenirs nous oflre, en dix pages, un portrait plus vivant et plus saisissant que ne Ta fait en tout un volume, et à grand renfort de photographies, Tauteur de Comment vit et travaille le comte Tolstoï ?
L'auteur de ces souvenirs sur Dostoïevskv, M*"' Mikoulitch, est d'ailleurs un écrivain des plus distingués. Elle s'est fait connaître, il y a quelques années, par de curieuses études d'un caractère de jeune fille. En une série de trois nouvelles d'un genre à demi humoristique, à demi sentimental, et dont la forme rappelle un peu certains des adorables petits romans de Gyp, elle a successivement raconté les fiançailles, le A^oyage de noces, et la vie de ménage de la gen-
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tilU» Mimotchka; ol le talent quVlU' a mis h ces It'utTi*'» t'Sfjui^^f's lui a valu un honniHir qu'ont ilii c<Ttain('mont lui onvier tous les écrivains russr^tl'à pivsont. riionncur dVlrc rrmanjuce, mcouraictV» et rocommandre au public par le ct>mtc Tolstoï.
Mais j*avouc qu'à MhnotvUka cl aux autres romans Je M"' Mikoulitcli je préfère encore les Sonmûr< sur Dostoipvsky^ que vient de publier rdEwr^^fètiùninp. Ils sont simples, évidemment sincères, écrits avec un délicat mélange d'enjouement et d'émotion, et je ne crois pas que personne ait jamais mieux exprimé ce qu'il y avait à la fois de bizarre, et d'inquiétant, et de tragique, et d'irrésistible dans l'aspect et les manières du poète do /// Maison des nwrts,
Xon pas que M"* Mikoulitch ait été l'amie ni la confidente de Dostoïevskv. Elle ne Ta même, en vérité, connu que de loin et n'a eu qu'une fois l'occasion de s'entretenir avec lui; maison sent que cet entrelien la toucbée trop profondément pour qu'un seul de ses détails lui soit sorti de la mémoire. Et chacun de ces détails, à force de précision et d'exactitude, a aujourd'hui pour nous une valeur typique.
M"' Mikoulicth était une jeune lille de dixhuit ans et venait de se fiancer, lorsque, au printemps de 1879, une amie l'introduisit dans un salon de Saint-Pétersbourg que Dostoïevsky fréquentait volontiers. Cet homme admirable avait alors publié son dernier roman. \^?^ Frères Kararnazofy où il exprimait avec plus de force
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