‹ Écrivains étrangersChapitre 8 sur 41 · CONRAD FERDINAND MEYER · texte numérisé non relu

CONRAD FERDINAND MEYER

Le dernier roman de Théodore Fontano, Drr Strchlin, nous a fourni l'occasion de constater, une fois de plus, combien les habitudes littéraires restent différentes d'un pays à Tautre. en dépit des progrès <le notre soi-disant cosmopolitisme. Absolument dénué d'action et de plan, énorme, encombré do dialogues interminables et hors de |)ropos, iMr Strchiin ne serait pas seulement ennuyeux, il serait tout à .^

fait illisible pour un lecteur français ; et cependant les lettrés allemands ont été unanimes à - Tad mirer, à goûter son charme poétique et la ; perfection de sa forme ; et les lettrés allemands | ont eu raison, car Tidéal du roman, tel qu'ils le 1 conçoivent, n'a rien de commun avec notre idéal du roman français. Mais pour instructif que soit, à ce point de vue, l'exemple de Théodore Fontane, celui du romancier zurichois Conrad-Fer- |

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(!».lui-là, en olTcL s V>1 coiupiis à la fois ladmiralion •!••< Irltros el raU'ocliou du public. Ses romans, >t*s nouvt41es. niôine ses vers, lui ont rapporté dos bénéticcs qui Tauraient rendu riche, si déjà, de naissance, il noravaitélé; on a consacré des volumes entiers à Tétude de son œuvre; et un de ces volumes, que j ai sous les yeux, est la reproduction d'une série de leçons faites, on 1890, dans une grande université. Conrad- Ferdinand Meyer a vraiment été une des gloires littéraires de l'Allemagne contemporaine. Sauf Gustave Freytag, je ne crois pas qu'aucun romancier allemand ait eu, dans ces vingt dernières années, une réputation égale à la sienne. Et bien que depuis dix ans il eût cessé d'écrire, et presqu«* de vivre, la nouvelle de sa mort a produit, eu Allemagne comme en Suisse, une très profonde et pénible émotion.

Ajoutons que. tandis que Fontane s'est toujours efforcé de rester brandeboun/eois^ et d'écarter de son œuvre les influences étrangères, C.-F. Meyer a été au contraire un cosmopolite, infatigable à étudier toutes les littératures d'Europe. Né à Zurich (en 1825), mais élevé à Lausanne, à Genève et à Paris, c'est par une traduction d'Augustin Thierry qu'il a débuté dans les lettres. Et sans cesse, depuis lors, il s'est nourri des auteurs français, italiens, anglais, jusqu'au jour où, àcinquante ans passés, il a publié son premier roman. Encore ce roman, Georges Jenatsch, avait-il pour sujet un épisode de l'his-

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