‹ Écrivains modernesChapitre 12 sur 13 · M. THIERS · texte numérisé non relu

M. THIERS

besoin de reprendre à ces grands souvenirs.

M. Thiers, en retraçant l'histoire du Consulat et de l'Empire, lui en a offert le sujet j l'Empereur avait dit à Sainte-Hélène :

« Je suis destiné à être la pâture des écrivains déclamatoires, mais je redoute peu d'être leur victime; ils mordront sur du granit; ma mémoire se compose tottto do M\s, et de simples allégations ne sauraient les détruire; pour me combattre avec succès, il faudrait se présenter avec le poids et l'autorité de faits à soi ; si le grand Frédéric ou tout autre de sa trempe se mettait à écrire contre moi^ ce serait autre chose ; il serait tempe alors dé commencer à m'émouvoir, peut-être; mais quant aux autres, quelque esprit qu'ils y mettent, ils ne tireront jamais qu'à poudre ; je survivrai, et quand ils voudront être beaux, ils me vanteront. •

Ces paroles sont fières, mais elles sont vraies; il en est de certains hommes comme de quelqim«^ui» ûé éei QhefM'cBavre de la stataaire MÉi^aiâ; te temps à faeffl& fi's^hanter et iD[u»Q^ «Atoar, là pureté des lignes reste*

M. ïhitea l'a Bompris itinsi ; il a laissé \œ dé-r olaB^ati(ms fux autros^ il a gardé toute la sim« fOsàé que lui commandait son sujet pour ha; Q^étttt la aoude manièro d'être neuf et 4'attîfar Mtaittiûii à wL

ImnKfm ThtelpriQii a pour but de pi^ictome

M« niIERS* 219

périOdo q[QLalmnqtie de» temps ItncioDs^ on con-* goît qu'il cherche à l'^Qobellir, aoayeDt même à suj^léer^ à foroe d'imfe^ation^ aux documents qui se taisent^ tm$ lorsqu'il s'exerce^ ao contraire, awr «im> |iié9M>de qui vifc eaeore dans le souv^r de lo«kS> qui s^ fr&ppé db aa fort& emprei&te le9 lo^ei, les mg^ura qù noua régiesenti quoi de mtetfx indiqué à rhiélorieQjque de È'eê^ faoer autant que poaaible pour laisser lee feits saillir et les graudea figures^ les graudea actions, se dessiner d'elles-mêmes?

La première impression que réveille la lecture de l'Histoire du Consulat n'est pas une impres-* sien de surprise, c'est là son mérite ; les monu-* ments d'une ordonnance riche et sévère élèvent l'ame, la raadent attentive et sérieuse, la subjuguent, mais ne la troublent point; à cet excès de zèle et de sympathie qa'on supposait à M. Thiers pour son héros^ on pow&it i^'attendre à renoua^ trér dans son œuvre édà tnpea {rihis ou motos vives d'exagératton ; il n'en est rien ; le ton en est digne, tempéré, comme il convient à rhistoire; peu de théories, beaucoup de Mils, peu d'attention à ce qui aurait pu élre> une analyse elaiire et lucide dé ce qui a été; partout une haute critique, une justice impartiale rendue k lalïtavoure, àHiabû^é, méaae quand elles se rencontrent chez les ennemis les plus envieux deww soceàa $ de rehsembley dé la progression.

MO M. THIBRS;

4^ rhartnonie, des portraits de grand maître^ une entente rare des partis, une merveiUense aptitude à ressaisir les intrigues^ les espérances^ les passions du moment; la rapidité de coup* d'œil d'un homme d'Etat habitué de longue main au maniement des affiBÔres et mieux compétmt que personne pour dénouer tous les fils, suivre tous les détours d'une négociation 4ipIomatique ou d*un traité; un bon sens pratique et net, point d'emphase, un style sans égal d^uis Voltaire, pour la transparence et la clarté ; des ta«» bleaux larges sans confusion , des jugements austères . sans rancune , un patriotisme édairé sans morgue , de la mesure sans raideur ; aur dessus de tout cela , une admirable focilité à décomposer le mécanisme de l'oi^anis^tion intérieure d'un peuple, de son système adnistratif , financier et à mettre à la portée de tous, les plans les plus hardis, les combinaisons les plus profMdes qu'ait knaginés le gâûe mi*lilaire des temps modernes; c'est l'œuvre enfin telle que devait la produire un publidste rompu, depuis plus de vingt années, aux débats de la presse, aux luttes parlemmtaires , qui, successivement, est passé du poste de sou5-*secré«* taire d'Etat des finances, à celui de Ministre du commerce, de Minista^ de l'intérieur, de Président du conseil.

Comment M» Thiers esMi parvenu à coosm-^

K THIBËS. Ht

Ter dâsez d^ndépendanee d'e^rit^ de désintéressement des hommes et des choses, pour laissera l'histoire contemporaine son caractère inaltérable devéradté? Comment Thomme d'action et l'his* torien sont-ils parvenus, tout à la fois , à s-iso- 1er, à se recneilUr et, pourtant, à se combiner sans se nuire, à se prêter un mutuel appui sans se coût fondre? Gommeit l'orateur toujours pfèt à la tribune, toujours à la tête de ce qui se fait et se dit autour de lui, îi'a*t-il pas absorbé le narra-teur fidèle du passé ? Parmi les aptitudes diverses dont M. Thiers a été si richement pourvu , cette dernière ne sera pas la moindre dont l'avenir devra loi tenir compte.

On a beaucoup foit valoir que l'historien du Gcmsulat et de l'Empire avait eu à sa disposition de précieux dépôts, des mémoires , des docu-* ments inédits , que toutes les archives du royaume lui avairat été ouvertes, celles des affaires étrangères, du ministère de la guerre, de la secrétairerie d'état, tous les papiers originaux et la prodigieuse ccMrrespondance de rBnpereur; mais c'était là même une difficulté de plus dans l'exécution ; il ûdiait choisir, discerner et mettre en oeuvre, avoir assez de tact pour faire la part des circonstances, user discrètement de ces matériaux , pour éclairer et n(m pour étendre un sujet déjà si vaste par lui-même , pour redresser et mieux caractériser tes hommes et les dhoses^

lûpr àmoflr 4bs tons plw feraiM ètpltteiunnteési «m ce raj^rty c'est un nouyetu loérito à ajcMt*» ter À cecui; qui <listmgiiâQt et rdoommandeiil csé livre } 1» mm de l'ouTrier ne t'y fiut jamaiii seotir ; Hout le travail pénible des redherdies est 4l^argpé ftu leoteur.

Il ne fout pas demander à cette fajstoire du QoDfiutet de9 vues plûlosophiqfMs qui touchent au donwine derinfini^ des symbolesi des tirades sentimentales et déclamatoires contre l'ambition et la perversité des* hommes , ainsi qu'il est de mode aujourd'hui d'en introduire datis la peinture du passé I il ne faut lui demander que ce que l'auteur a voulu y mettre , des leQOns et des en* seignements pour tous , des vues d'ordre ^ de prudence^ de conduite , même au sein de la )rfU6 hsmiù fortune et des prodiges du ^nief on «Jofit y chercher la limite du possible^ dois pnteervMifb ciMre les réactions et les entrahiem^t» des piirtis p contre le danger des nystèmes exclQsib qni n'admettent m partage ^ ni transaction et ne veillait rien céder à la nécessité des circot^^ traces*

Monarques; , ministres ^ cd^oérants , liiplo» mêles, législateurs, administiateurs pestent puiser dans ce récit d'austères conseils.

Jusqu'ici, on avait à peu près fiait de l'Ëmpe** reur ce que les clui^niques et légendes du màymi^ âge avitont ûût de Cbarlabagne ) on l^avait $S^

ftiUé4^Je06 sais quelle grandeur fentastique^ en dehors de toute propottion humaine qui lu} donnait bien plua de ressemblance avec quelque héros de la mythologie^ qu'avec un capitaine dé nos jours ) pour peu que^tte manie d'eitagéra-> tion se fftt prolongée ^ Torgatiisatioû la plus positive, le génie le plus sérieux, le plus hct , le ]f>lus emiemi du faux qui aient apparu dans les siècles , seraient passés à l'état de problème ; j'en excepte l'admirable esquisse de !!• Mignet, quelques mémoires d'un vrai mérite et surtout, le Mémorial de Sainte-Hélène qui surnagera comme le monument le plus authentique et le plus intime de la pensée impériale.

Et pourtant, quel guerrier, quel chef d'empire prétait moins à l'exagération? Quelle sublime destinée ftil battue par une fin moins bbuleuse et mmns héroïque? Bonaparte avait lui-même prévu que oetfe Bu lui serait utile dans ravenîr, pMr ne rien Ater à la réalité de sa vie et de son immeMe actioii dans te monde .

« Mes véritables souffirances, disait-il encore dans son isolement de Sainte-Hélène, ne sont pas ici ! • . . Si je ne considérais que moî, peut-être aurais*je à me réjouir!... Les malheurs ont aussi leur héroïsme et leur gloire 1 . . . L*adversité lAaiiquait à«ma carrière I .. • Si je fosse mort sur le trône, dans les nuages de ma toute-puissance, je serais detaoïeuré u!i prc^léme pour Men des

ÈM y. TBOSBifk

gens; aujourd'hui^ grâce au malheVi on;|K>urra méjuger à nul... (') »

Sans doute, c'est une entrepriee difficile, semée d'écueils, délicate surtout, que d'av<»r à dérouler une époque qui finit à peine ; il faut craindre de froisser des susceptibilités natio*nales, de hautes existences, de révâller des regrets amers, des rivalités et des rancmies mal éteintes ; il faut craindre de ne pas porter des jugements assez calmes, assez réservés. M. Thiers a su passer à travers ces écueils, à force de souplesse et de talent; bien qu'il y ait un désavantage réel pour Thistorien à ne pas attendre que l'écho des passions «e taise, que les événements s'éloigneut, pour reproduire le passé, ei cet historien est un homme d'état qui a joué et qui est encore appelé à jouer un n^le coaBidéri)>ie dans le monde politique, ce qu'il perd en perspective, il le regagne en intérêt, en actuaUlé ; ce qui serait un défaut pour d'autres, devient an attrait piquant pour un écrivain ain^i placé ; on aime à observer les impressions personpellos d'un esprit éminemment actif et supérieur, aux prises avec des circonstances difficiles qu'il a pu lui-même rencontrer dans sa carrière ; d'ailleurs, lorsqu'une époque est dominante, glorieuse au--dessus de toutes, complexe, variée, lorsque cette époque a

C) Mémorial 4« SainU-BSUn» . U u# p. 411,

M. TttiËaâ* ids

accompli dans le matériel des états, dans le do^maine de la politique intérieure et extérieure, des faits et des idées, des lois et des mœurs, les réformes les plus extraordinaires qu'il soit pos<sible de concevoir dans un terme donné, il, est utile de recueillir tous ces bruits divers qui ont remué la Vieille Europe, avant qu'ils n'expirent, de fixer des souvenirs épars^ avant qu'ils ne s'effacent et de retrouver palpitante l'émotion des temps et des lieux.

Si le l)ut de l'histoire est d'instruire, d'entre-tenir le foyer des hautes vertus, des nobles sacrifices, du dévouement à la chose publique, à l'honneur du pays, au maintien de l'ordre et d'une sage liberté, l'auteur de l'Histoire du Consulat a dignement rempli ce but ; ce qu'il faut y étudier^ c'est moins, peut-être, la peinture des merveilleux exploits opérés par une invincible épée, que cette profonde Bxpérience de la vie et des passions politiques a^^liquée par l'historien à reconstruire et à juger l'ensemble des plus vastes desseins qui aient jamais tenté l'ambition d'un homme de gu^re et qui attestent l'universalité du génie qui les conçut.

Ulm et Gènes, Marrago, Héliopolis^ Ebhenlinden, certes, ces magnifiques pages s'y déroulent avec une telle ampleur, une telle exactitude dans la description des lieux qui ont servi de fhé&tre à oea Iniques fidts d'armes, resprit da

lecteur m si bien préjxtré, et de s loi», at» mouvements des divers corps d'armées , fixé d'une manière si précise sur les divers postes qu'ils occapent, les lignes des plans d'attaqne et de défense sont si nettement arrêtées, le dessin en est si correct, enfin, les dispositions et les forces enoemies sont oalcnlées avec titfit de soin, les chances de rêvera et de suocès prévues avec ime si pénétrante Bagacité> qu'nne fois engagé dans ces récits de sièges, de marches et de contre* nwches, en présence de ces mâles figures de gnemers, Morean, Masséna, Desaix, Lannes, Incombe, Kleber, qui s'obstinent à ramener la fortune, quand elle se lasse, à la forcer, quand elle résiste, on est involontairement entraîné i se mêler à l'action, à s'effrayer de dangere qu'on «a jamais courus, à s'irriter contre des obsta-. des qu'on n'aura jamais à vaincre, et à s'enivrer de Q^ .triomphe», comme si l'on pouvait en revendiquer une légitime part, on regrette que daussi bnUantes destinéee sdent presque sans retour.

Quelque peu con^pétent que l'oo soit d'aillenni pour apprécier la vérité de ces tableimx, la vie et Ja temièTO y drcutent avec une telle abondance, on pénètre avec ai peu d'efforts danK led momdresdétaUs,q«'an secret iigti„^ ^^ ^^^

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ne saurait êtee l&tnàt qae de i'ait iê plud 0dti«' sommée •

Mais ai c^ ati est le privilège d^nil takni eti^ g^aal dont M. ïhiera A déjà donné Tl^ëititdQ dans son Histoire de la Révolution Fraftçaiië €4 qu'il a porté à un degré de perfection plue remarquable enoctte dxm TceitTre qui notti^ oee^pe^ combien lea détails d'orgimisati(^ et de pcMqpë intériearea qtta cette muvre renl^ftie^ iiâritenl d'exciter Vintérét«

La tsanome constitution de Tan viti f \ë génl# spéculatif^ inquiet^ dogmatique de M. iSéyès^ qui en fat le principal auteur, y occupent le pre* mier plan; c'est un spectacle digne d'être oIh s«rvé que de voir cette profonde conception si bien faite pour neutraliser tous les empiétements possibles des pourvoira entr'enx^^ aboutir dtf despotisme le plus^sage, le plus modéré^' lâdi^ lé plus absolu ; ceci nous montre la vanilé deë ë^ë^ t^es et coflibieu l'es{»rit ambitieux qui éntrd^ prends l'emporte sur l'écrit sâncère et désintéressé qui médite } l'un n'est bientôt {dus qu'ufl instrument secondaire que l'autre plie à sa vo*^ lonté et dont il se sert , pour la rapide e&écutioé de ses desseins; après avoir été l'artisan indispensable de la grandeur nai^ante du premi^ Consul ^ le célèbre fondateur des m^Heures ré^ fonnes administratives^ des circansoriptidns pat* départeiiaeptypay arroodiMeiiiênt^Vda COtt^^

Ht M. mnoti.

d'État, M. Siéyès fut i^oit à n'être ({o'nii obstacle incanunode, qu'il fallut ménager d'abord, violjanter ensuite, tourner et négliger enfin, pour l'empddier de contrarier des vues qu'il ne partageait pas.

Avant M. Thiers, M. Mignet nous avait déjà fait connaître^ dans une précieuse notice, les immenses travaux de cet infatigable législateur ; mais, nulle part , il faut le dire, l'œuvre à laquelle ce législateur ajoutait le plus de prix et qu'il tenait le plus discrètement en réserve, n'avait été exposée et sondée par son côté vuln^ble avec autant de soin que dans le premier livre de l'Histoire du Consulat ; M. Thiers démontre jusqu'à l'évidence que cette savante combinaison, cet ingénieux edectisme de principes divers , ce grand électeur qu'il ne put sauver des sarcasmes poignants et de la verve incisive du Premier Consul, ce sénat, oisif avec son droit d'absorption, ji'auraient en définitive produit .pour résultat, que l'aristocratie vénitienne avec son livre d'or et son doge fastueux qui, toutes les années, épouse la mer Adriatique.

A côté de cette sombre et mystérieuse figure de M. Siéyès, de ce caractère lent, timide, irrésolu , se détache déjà l'ardeur impatiente, l'activité décisive, le génie pratique de ce jeune

gnemm: qui» de raveu môme à» ses coliôgues.

Ui fmEBS 5kM

sait tout faire, veut tout faire ^ peut tout] faire.

lies contrastes qu'offirent ces deux puissantes organisations sont retracés par l'historien avec de vives et fortes couleurs* H nous peint la France si fatiguée des désordres du passé, si pressée d'en finir avec ces désordres, les hommes qui entourent le nouveaudominateur sont si bien disposés à subir son ascendant,^ à seconder ses entr^rises; il y a d'ailleurs tant à faire pour i;:éorganiser l'état, apaiser les factions, rétablir les' finances, asseoir l'impôt, que • Ton trouve naturel, raisonnable, indispensable même, que le premier, le plus fort, le plus glorieux d'entre ces hommes se saisisse des rênes, qu'il attire à lui tout le pouvoir exécutif, qu'il choisisse dans la constitution de M. Siéyès cequi lui convient, qu'il écarte ce qui le gêne et qu'il se compose enfin un conseil uniquement voué à le servir et destiné bientôt à partager avec ]và la souverai-* neté suprême.

Ajoutons, pour être vrai, qui si M. Thiers a été conduit par la nécessité de son sujet à trouver des excuses à ces excès de pouvoir dans l'immensité du bien accompli, il regrette que le dispiensateur de ce bien n'ait pas su borner réemploi de ses hautes facultés.

Ce r^ime réparateur s'annonçait en effet, dès son origine, de mamère à racheter par l'extrême

pradénce éf !» sdgaeise dé 8éd UKyféOB^ C^c^H atait d'eicoiDîtânt aufimd. ^

A ribtértcfifr) fine ÏBm^t phidaiECiiii prâtdftfd d'agitation atts parfis*^ fi padSmt la Téftdéé^ supprimait d'ôdleoMB Èoeraresr^ la Id ék» dagâi qui rendait le§ pcrèntd é&a Tendéen» raspocw sables de erMâÉr ijei'ito tfavaient pas commb, K loi de rettproitf progresstf^ qui pesait sxff tèlî riches ; fl élargissait les préfres^ rappdaK \éê émigrés, eréaît Tagence des oomtrilnrtions directes, hâtait la èoitfectîon des rôles arriérés dè^ puis pltisieors aimées, fondait le cadastre qtdf û'avait d'analogue que dans de vieux livres terriers presque sans valeur, la caisse d'amortissement, la banque, les Préfets et les Sous-Préfets, réorganisait les tribunaux, ramenait enfiti Perdre, l'unité dans radmînîstration, dans les ânances, dans }a;fustice; dans le choix des fon(^ Cîoûnaires publics, il procédait par vote de fusion, n'excluait personne à cause deses antécé^ (fents; fout cela s^exécutait avec un zèlô, une vîguetfr, titiô raplfité sortout qui tenaient dû prtn dJgé et qtt^oîl né retrotivera peut-être ph» dans

aucun pays ui dans attcun temps.

L^éirseifible de ce§ iffipwtaiité» aBÉKmMiHii

est développé par M. llikiri^ avise tnetelto liHH

I^iciié^ «de telte prdf^iéfé d« fNliéS^ qâ& )%-

t^gence la plt» ohfiftaif e^ |Mtfl imgtmif êmê peine comment un grand État fonctionae et s'administre.

M. THIERS S9i

Vu à Vîs de rÊûrope, le vainqueur de iltalie cî de fÈgjpte déployait une politique calme, modérée, bien faite pour lui concilier Tadmiratibn du inonde et lui valoir de vifs témoignages de sympathie, même au sein des peuples les plus hostiles ; par une démarche hardie, neuve, inusitée jusqu'à lui , il s'adressait directement ad roi d'Angleterre et à l^empereur d'ÂDémagné pour leur porter des paroles de paix.

Ici, l'historien du Consulat met vivement à nu toute la vanité des griefs allégués par le cabinet anglais; les causes de cette implacable lutteentre deux grandes nations, il les attribue à l'inflexible entêtement de M. Pitt, à cette jactance superbe dont il devait amèrement se repentir plus tard; c'est dans les propres aveux échappés àMM. Fox, Shéridan, Tierney^ le duc de Bedford, lôrd Holland, au sein du parlement anglais, qu'il puise ses principaux moyens pour caractériser cette politique irascible, intéressée, qui, pendant qu'elle refusait avec hauteur de traiter avec lai France, lorsqu'elle semblait se défier de ses instincts révolutionnaires, de ses vues ambitieuses, violait elle-même les principes les plus sacrés du droit des gens, s'emparait de l'Inde, d'une partie des colonies espagnoles et surtout de la flotte hollandaise qu'elle venait d'enlever par un procédé inouï, odieux, en provoquant la révolte de se» équipages.

fiM M. THIERd

Sans chercher à diminuer en rien la grandeur d'une puissance de premier ordre^ M. Thiers ne craint pas de dévoiler avec une fermeté qui honore son patriotisme et son impartialité d'historien^ les tendances égoïstes de cette diplomatie britannique qui a toujours placé ses intérêts commerciaux et maritimes au-dessus de tout sentiment de justice et des lois d'une, sage réciprocité envers les autres nations.

C'est ainsi qu'au sujet de cette fameuse ligue des neutres qui souleva presque toute l'Europe contre l'Angleterre^ au sujet de ce droit de visite si longtemps débattu ^ l'auteur de l'histoire du Consulat démontre que sous les sophismes des publicistes anglais^ ne se cachait en définitive d'autre pensée que celle d'empêcher qu'on ne portât aux Espagnols, les riches métaux du Mexique, aux Français, le sucre et le café, aux uns et aux autres, les bois, les chanvres, les fers du Nord nécessaires à leur mariue , voulant au besoin les affamer, en cas d'une mauvaise récolte de grains, comme en 1 793 , fraiser d'interdit des pays entiers, sans l'obligation d'un blocus réel, ruiner enfin, à force de recherches, de vexations, d'obstacles de tout genre, le commerce de toutes les nations, de maniî^re que la guerre qui, pour les peuples commerçants, est un état de détresse ; devint pour les n^o-* ciants anglais ce qu'elle était en effet, un tempB

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de monopole et de prospérité extraordinaire.

Tous les incidents de cette mépiorable lutte sont traités par M. Thiers avec une vive intelligence des vrais principes de droit iaternational et ramenés aux limites d'une exacte éqîdté.

Au milieu de ces graves débats , le Premier Consul se présente sous un aspect tout nouveau. Après nous avoir montré le législateur, le magistrat, l'administrateur incomparable par la promptitude de l'action , la sûreté du coup-d'œil, l'énergie du caractère, l'historien nous montre le diplomate insinuant , le tacticien avisé, souple, adroit à surprendre les faiblesses des souverains étrangers et à gagner auprès de leurs cours l'influence nécessaire à ses plans.

L'ambassade de Duroc à Berlin, les ordres de conduite, de tenue et de langage même qui lui sont prescrits, les négociations entamées auprès de la cour de Prusse, pour détacher l'Empereur de Russie de la coalition, auprès de la cour d'Espagne, pour en détacher le Portugal , l'adresse misé à flatter la démence de Paul l^ et sa singulière sympathie pour Tordre de Malte, à désarmer la vanité superbe du prince de la Paix , à nourrir les vues ambitieuses et la prédilection de la reine-mère et de Charles VI pour l'infant de Parme destiné à devenir leur gendre, la restitution faite aux Danois avec une noble générosité jd'un certain nombre de leurs vaisseaux capturés

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