VOIES DE PÉNÉTRATION DU VIRUS
laire, infiltration leucocytaire de la substance grise, neuronophagie). Un passage fait sur le Mac. sinicus /io 7^ fournit un résultat positif.
Mac. rhésus no 83y inoculé avec Vamygdale. Le 23 mai (incub. de 8 jours), ranimai hésite à sauter et paraît présenter une parésie des membres- inférieurs. Le 25, paralysie des orbiculaires des paupières, tremblement de la têfe, parésie des membres inférieurs. Le 26, paralysie du membre supérieur gauche, surtout de l'avant-bras et de la main, paralysie du membre inférieur droit. Le 27, même état ; le 28, Tanimal est couché, paralysie généralisée (type supérieur). On le sacrifie et, à Texamen histologique, on constate des lésions typiques et intenses de poliomyélite.
Mac. rhésus n9 ^5, inoculé avec \% pharynx. Le 3i mai (incub. de 16 jours), agitation ; le lendemain, tremblements de la tête et incoordination des mouvements. Le 3 juin, parésie des membres gauches. Le 5 juin, paralysie presque complète. Survit, en conservant ses paralysies, qui rétrocèdent en partie.
Un singe inoculé le i5 mai avec les ganglions cervicaux, et trois autres, injectés le 26 mai. avec la rate^ la glande salivaire et les ganglions ynésentériques, ont survécu sans avoir présenté de troubles morbides.
L'intérêt de cette observation réside dans le fait que la poliomyélite a débuté chez l'enfant par des symptômes manifestes d'angine lacunaiiye, et que le virus a été décelé précisément dans les amygdales et le pharynx, en plus du système nerveux central. En effet, l'inoculation des amygdales, de la muqueuse pharyngée et de la moelle épinière a conféré la paralysie infantile, tandis que la même inoculation, faite avec les ganglions cervicaux, la rate et les ganglions mésentériques est restée inoffensive. Il est donc probable que le mi' crobe filtrant de la poliomyélite a eu, comme porte d'entrée, dans notre cas, les amygdales et la muqueuse du pharynx. En outre, Fexistence du virus dans l'amygdale et le pharynx rend vraisemblable sa présence dans les sécrétions de la gorge ; la contamination au moyen de ces sécrétions est donc possible. De plus, nous avons vu, sur les coupes d'amygdales, de nombreux éléments migrateurs abandonner les couches profondes, pour s'insinuer entre les cellules épithéliales et prendre part à la constitution de l'exsudat qui couvre la muqueuse ; d'autre part, cette muqueuse était, çà et là, ulcérée. Ce sont là autant de conditions qui facilitent le passage du virus dans les sécrétions pharyngées (i).
(i) Les coupes montrent une pullulation abondante de staphylocoques à la surface de la muqueuse amygdalienne, au niveau de l'exsudat et surtout là où on constate Tinfiltration de Tépithélium par des éléments migrateurs. Nous nous demandons si des infections microbiennes banales ne faciliteraient la pénétration du virus de la poliomyélite dans Tamygdale et le pharynx.