VOISS DE PROPAGATION PU VIRUS 7I
inflammatoires au niveau des gaines lymphatiques qui entourent les vaisseaux de la moelle, on est conduit à admettre que le système lymphatique sert à la propagation du germe dans Vorganisme,
Nous avons insisté sur les analogies entre la poliomyélite et la ragej au point de vue des altérations du système nerveux. Les propriétés du virus de la maladie de Hejne-Mbdin (filtrabijité, résistance à la dessiccation, conservation dans la glycérine) rendent plus étroites ces analogies. Or, l'expérimentation montre que le microbe de là poliomyélite, tout comme celui de la reige, peut chemin ner le long des filets nerveux pour atteindre le système nerveux central. Le fait a été démontré presque en même temps, par Flbxner et Lewis et par Levaditi et Landsteiner. Si Ton introduit l'émulsion virulente dans un nerf périphérique, on constate qu'après une incubation variable, l'animal se paralyse, la maladie débutant par le membre correspondant au nerf injecté. Ainsi, dans l'expérience relatée par nous, un Macacus rhésus reçoit dans le nerf médian quelques gouttes de virus, en ayant soin de brûler le point de pénétration de l'aiguille. Huit jours après l'opération, on constate une paralysie du bras droit, qui se généralise et détermine la mort de l'animal (lésions typiques). Leiner et Wibsner ont confirmé ces constatations ; de plus, ils ont établi que si l'on sectionne le nerf, sitôt après Tinjection du virus dans le bout périphérique, on empêche l'éclosion de la poliomyélite.
Ce qui est frappant, c'est que les phénomènes paralytiques débutent toujours par les groupes musculaires en relation avec le tronc nerveux inoculé. Ceci est vrai lorsque l'émulsion virulente est introduite non seulement dans les nerfs, mais aussi dans la muqueuse naso-pharyngée ou dans l'intestin. Dans le premier cas, on observe, le plus souvent, une poliomyélite à type supérieur (muscle des bras et de la nuque) ; dans le second, les phénomènes paralytiques intéressent les membres inférieurs. Il en résulte que lorsque le microbe envahit l'organisme en franchissant la muqueuse nasale, ou celle des voies digestives, c'est surtout le long des filaments nerveux qu'il chemine pour atteindre le névraxe. Quant à savoir si le germe se propage par le cylindraxe, ou par les espaces lymphatiques des nerfs, aucun fait ne permet de l'affirmer à l'heure actuelle.
Répartition du virus dans l'organisme. — Le système ner* veux central, en particulier la substance grise de la moelle épinièrCj est le principal réservoir de virus chez les animaux qui suc-
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combent à une attaque de poliomyélite. Lbinbr et Wiesner ont précisé à quelle dilution une éinulsion de moelle virulente est encore capable de conférer la maladie à des singes neufs, par inoculation intra-cranienne. Ils ont constaté que les dilutions à i : i.ooo sont encore pathogènes, tandis que celles à i : lo.ooo ne le sont plus.
Le germe peut être décelé dans la substance grise de la moelle chez les animaux sacrifiés ou morts en pleine évolution de la maladie, mais il y existe aussi pendant la période d'incubation. Il persiste assez longtemps dans les centres nerveux, pour que sa présence explique les récidives que Ton constate parfois dans la maladie de Heine-Medin, ou dans la poliomyélite expérimentale du singe.
Certains autres segments de Taxe encéphalo-médullaire peuvent contenir le virus, tels les ganglions rachidiens (Flexner et Lewis), Vécorce cérébrale^ le bulbe et la protubérance ; les nerfs périphériques paraissent en être dépourvus (Leiner et Wiesner). Quant au liquide céphalo-rachidieny il ne contient pas le germe ppliomyélitique, ni chez Thomme, ni chez le singe infecté expérimentalement (Strauss et Huntoon, Netter, Potpeschnig), si l'examen est pratiqué pendant révolution de la maladie. Ce n'est qu'au cours de la période d'incubation que Flexner et Lewis ont réussi à le déceler dans ce liquide. Ces auteurs ont vu que 24 h. après l'injection d'une forte dose de filtrat dans le cerveau, le liquide céphalo-rachidien renfermait de nombreux polynucléaires, peu de lymphocytes et de rares globules rouges ; mais, après 72 h., ce liquide devint opalescent et s'enrichit considérablement en mononucléaires. Or, le troisième jour, le liquide, inoculé à un singe neuf, engendra .la poliomyélite, après une incubation de 6 jours. Cette constatation est particulièrement intéressante ; elle montre que le virus peut se multiplier dans le liquide céphalo-rachidien avant l'éclosion des phénomènes paralytiques, et pourrait avoir quelque utilité en ce qui concerne le diagnostic précoce de la maladie humaine.
Le sang n'est que rarement infectieux. Leiner et Wiesner ont examiné la virulence du sang chez le singe pendant la période d'incubation et au cours de la maladie. Des sept expériences réalisées par ces auteurs, une seule a fourni un résultat positif. Même absence de virulence du sang chez 1 *hom me ( Flexn er , Clark et Lewis) .
Quant aux organes (foie, rein^ moelle osseuse, pancréas, rate, muqueuse intestinale), ils se sont tous montrés dépourvus de virus, sauf les ganglions lymphatiques, dont il a été question au début de ce chapitre.
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