PRINCIPAUX CARACTÈRES CLINIQUES I I
yrai sommeil », lequel peut être profond et calme. Lorsqu'on lui relève les paupières, on constate que les globes oculaires sont déviés vers le haut. La face est immobile, Taspect parkinsonien.
Chez d'autres sujets on voit, au contraire, une excitation psychique avec délire psychomoteur : agitatioa maniaque, délire professionnel, accès de deliriurh tremens (un malade de Lhermittb assistait en rêve aux attaques des Gothas). Les formes plus légères ne sont marquées que par une tendance au sommeil, en pleine activité de travail (une blanchisseuse, observée par Harvier, s'endormait pendant qu'elle repassait).
3) Ophtalmoplégies. — Les ophtalmoplégies ont été étudiées plus particulièrement par Morax et Bollak ( i ) et par Lhermitte et Saint- Martin. Elles sont incomplètes, partielles, dissociées, extenso-progressives et migratrices (Lhermitte). Premier symptôme et parfois unique manifestation de la maladie, elles intéressent :
a) La motilité extrinsèque de l'œil : ptosis, strabisme divergent avec diplopie homonyme ou croisée, due à la paralysie de la 3® et de la 4* paires. La mobilité de l'œil est limitée et incomplète ; on constate des mouvements nystagmiformes dans la direction des muscles paralysés. Ces paralysies sont susceptibles de diminution ou de disparition (Jorge).
b) La motilité intrinsèque de Tœil : inégalité pupillaire, paralysie constante du réflexe d'accommodation, avec intégrité du réflexe à la lumière (réfl. photomoteur), dissociation analogue à celle que Ton retrouve dans le botulisme et la diphtérie." Le réflexe oculocardiaque persiste même à l'état de sommeil (Litvak). Ces troubles paraissent dus à l'altération des centres de coordination, plus qu'à celle des noyaux d'origine de nerfs oculo-moteurs.
Le fond de l'œil, examiné par Froment et Gandêre, M arinesco, MiGHAiL, montre une papille pâle et un début d'atrophie du nerf optique.
Comme symptômes accessoires, on note la paralysie faciale (v. EcoNOMo, Netter, Carol et Nesbitt) incomplète et dissociée, la paralysie du trijumeau, du glossopharyngé, de Vhypoglosse et du spinal (se traduisant par des troubles de la déglutition et de la parole), une parésie des muscles de la nuque, lé faciès parkinso-
(i) Morax et Bollak, Bull, de la Soc, médic, des Hôpitaux, i3 février 1920, P- '99-
nien. Cet aspect immobile de la face, avec hypertonie musculaire et tremblements fibrillaires, a été signalé par Batten et Still, WiLsoN, Kennedy, Claude, Saintôn, etc. Rappelons enfin l'état de catatonie^ Tépilepsie partielle, les troubles vasomoteurs, tel que la raie méningitique^ ainsi que le signe de Kernig.
C'est là, en résumé, le type léthargique 'de la maladie de v. Eco- NOMO. Mais, depuis la découverte de rencéphalite par le savant italien, d'autres formes sont venues s'ajouter au cadre nosologique. Ce sont :
i) hdi forme myoclonique (hypercinésique). Au cours d'une épidémie d'encéphalite typique, apparaît une affection à caractères et à évolution particulières, que Sicard et Kudelski (i) ne tardent pas à rattacher à la maladie de v. Economo. Cette affection {encéphalite myoclonique) est étudiée également par Lhermitte, Colin et Sarazin, Pierre Marie et LÉvy, Sabatini, etc., qui en résument ainsi les principaux symptômes : après une période prodromique de lassitude et de courbature, accompagnée de fièvre et de douleur^ fulgurantes, apparaissent des secousses musculaires absolument indépendantes de la volonté, persistant pendant le sommeil, ou apparaissant simultanément avec lui (Cardoso). Ces secousses ont, pour siège, des groupes musculaires symétriques ou unilatéraux (muscles des membres, de la nuque, de la face, et surtout de la paroi abdominale). Parfois, ces mouvements myocloniqucs intéressent le crémaster (Sabatini) ou le bulbo-caverneux (Jorge) ; ils ne s'accompagnent pas de contractures, ni d'ophtalmoplégie ou de somnolence ; au contraire, c'est l'insomnie que l'on signale le plus fréquemment.
Les secousses musculaires donnent l'impression d'un muscle excité par une décharge électrique intermittente. Hamill, qui les a enregistrées, a constaté une certaine simultanéité rythmique entre elles et la respiration. Leur fréquence varie de 3o à 5o par minute (Hamill, Boveri, d'après Jorge).
Vers le 3® septénaire, éclatent le délire, les hallucinations, ainsi qu'une confusion mentale plus ou moins profonde, qui conduisent à un état d'agitation psycho-motrice, précédant le coma et la mort. Les malades guéris conservent de la rigidité faciale, dû à la contracture des muscles de la lèvre inférieure et du menton. Lhermitte
(i) Sicard et Kudelskt, Bull, de la Socié/é médicale des Hôpitaux^ 1920, 23 janvier, p. 94.