CHAPITRE VI
ANIMAUX RECEPTIFS
Parmi les animaux dont on a éprouvé la sensibilité à Tégard du virus encéphalitique, le lapin, le cobaye, le singe et la sourisse sont montrés réceptifs. Ni le rat blanc, ni le mouton ne semblent contracter la maladie expérimeptale.
Lapin. — Si le lapin s'infecte rarement, lorsqu'on Tinocule avec des produits provenant directement de Thomme (lo o/o de nos essais), par contre, il offre une réceptivité pour ainsi dire absolue à regard du virus de passage (virus fixe). En effet, les très nombreux animaux inoculés avec ce virus dans le cerveau, ont présenté une sensibilité constante, sauf de rares exceptions, qui s'expliquent d'ailleurs par des défauts de technique.
Cobaye. — Même insensibilité vis-à-vis du germe pris directement chez rhomme ; par contre, cette espèce animale contracte la maladie lorscpi'on Tinocule, par voie cérébrale, avec le virus de passage*
Expérience. — Cobaye u^ 3, iooculé dans le cerveau (o cm* i) avec du vîrus fixe, le i3 mars^ Meurt le douzième jour, avec des lésions typiques d'encéphalite.
Cobaye n^ 4» inoculé par la même voie et au même moment que le précédent. Meurt le neuvième jour : lésions typiques.
Le cerveau de ce dernier animal sert à infecter deux lapins nos 3o-3o et 3i-ioo, et deux autres cobayes no« 28-28 et 29-39. Les deux lapins succombent le troisième Jour, avec des lésions manifestes d'encéphalite.
Cohçiye no 28-28, mei^rt le septième jour : altérations typiques et très accusées.
Cobaye n© 29-29, meurt le quinzième jour. Mêmes altérations.
II résulte de cette expérience que le cobaye est sensible à Fino*
ANIMAUX RéCEPTIPS l4l
culation intraH^érébrale de virus de passage. Il contracte la maladie après une période d'incubation cpii varie entre sept et quinze jours, et montre des lésions histologiques du cerveau caractéristiques et très marquées. A observer que les deux lapins, injectés avec le virus ayant déjà subi un passage sur le cobaye, sont morts le troisième jour, tandis que les deux cobayes ont succombé bien plus tard, le septième et le quinzième jour. A en juger d'après la durée de la période d'incubation, le cobaye semble moins réceptifs à r égard du virus fixe, que le lapin.
Singe. — Parmi les nombreux singes catarrhiniens inférieurs, inoculés soit avec des produits prélevés chez Thomme, soit avec du virus fixe, un seul a contracté l'encéphalite.
Expérience. — Macacus cynomolgus n^ 57. Inoculé par voie cérébrale (o ce. 4) avec du virus de passage (4® pass.), le 8 mars. Rien de particulier jusqu'au 18 mars. A ce moxatni (incubation : dix jours), Tanimal présente un léger nystagmus, se déplace difficilement^ parait manifestement malade. Un état de somnolence se déclare le lendemain et la mort survient le 20 mars. A la nécropsie, on constate une hyperémie et des hémorragies punctiformes de récorce cérébrale. La rate est hypertrophiée; le foie est couvert de taches jaunes ; aucune lésion dans les autres organes.
V examen histologique du cerveau montre des lésions typiques et très étendues d'encéphalite (V. planche 11^ fig« 2).
Uneémulsion de ses centres nerveux est inoculée à deux lapins :
Lapin n* 24-24) meurt d'encéphalite le quatrième jour (lésions typiques).
Lapin n^ 26-26^ meurt d'encéphalite le cinquième jour (lésions typi" ques).
Cette expérience montre que des singes inférieurs^ insensibles au virus de ^encéphalite prélevé directement chez l'homme, peU' vent devenir réceptifs à regard du virus fixe.
Souris.
ExpÉRiKNCË. — Trois souris (i, 2 et 3) sont inoculées dans le cerveau avec le virus fixe (c).
Technique de Vinoculation cérébrale. — On perfore le crâne à l'aide d'une aiguille à dissection, après désinfection de la peau; l'aiguille fine de la seringue est introduite par l'orifice ainsi pratiqué et enfoncée légèrement, puis on injecte une trace d'émulsion virulente.
Les trois souris succombent le 3^ jour, ayant présenté le syndrome des
li\2 EGTODKRMOSBS MEUROTHOPES
souris dansantes (i), iiésions ooractëristîques d'eqcéphaliie : hémorragies corticales, maachoos périvasculaires à lymphocytes et à gros moooaur clëairesj petits foyers d'encéphaUte aiguë à polyoucléaires^ localisés dans la zone corticale.
Le cerveau de la souris n® 3 sert à faire un passage sur le /a/ji/i 4^ /celui-ci meurt le 4® jour, avec des altérations cérébrales caractéristiques. Le même cerveau est inoculé, par voie intra-crânienne, aux souris 5 et 6; celles-ci suc* corabent après Ifi heures (lésions cérébrales typiques).
Avec la substance cérébrale de la souris n^ 3, on inocule la souris j, dans le péritoine, et la souris 5, sous la peau, La première meurt le /« Jour ; son cerveau, altéré histologiquement, est injecté dans l'encéphale du lapin 58, qu; meurt d'encéphalite le lo© jour. La seconde succombe le 8^ jour et montre des altérations de méningite à mononucléaires et des hémorragies cérébrales ; passage positif sur le lapin 58 (encéphalite le 6e jour).
La souris se montre réceptive au germe de l'encéphalite. A la condition d'employer un virus très actif, ayant subi de nombreux passages sur le lapin^ cette espèce animale contracte la maladie par inoculation du germe dans le cerveau^ dans le péritoine et même S0U8 la peau (nous montrerons ailleurs que le lapin est réfraotaire à rinjection sous-cutanée).
L ingestion de grandes quantités de cerveau virulent est inojfensive.
Ce sont là les espèces animales susceptibles de contracter ejçpérimentalement rencéphalite. Ni le rat blanc^ ni le moutohy ni la poule (inoculation intra-cérébrale) n'ont montré une réceptivité appréciable.
(i) L'animal^ très agité, saute dans son bocal^ pour heurter le couvercle.
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