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SYMPTOMES ET EVOLUTION DE L'ENCÉPHAUTE EXPERIMENTALE

Chez les lapins infectés par voie cérébrale, les troubles morbides n'apparaissent que quelques heures avant la mort. On constate un état d'irritation à siège méningé, caractérisé par des soubresauts : l'animal se raidit, se soulève sur ses pattes postérieures, a quelques secousses épileptiformes, puis retombe en avant. Suivent un état de torpeur, des secousses myocloniques, du nystagmus. Le lapin se couche, entre dans un profond sommeil, fait des mouvements alternants avec les membres antérieurs et postérieurs. La mort s'ensuit rapidement.

Cette symptomatologie diffère sensiblement chez les animaux infectés par voie oculaire. Il n'est pas rare, en effet, d'observer, chez les lapins inoculés à la cornée ou dans la chambre antérieure, les symptômes suivants : quelque temps avant la période des paralysies et l'apparition de la somnolence, l'animal, »calme jusqu'alors, devient agité et tourne la tête du côté de l'œil inoculé, II s'agit d'une déviation de la tête, bientôt suivie d'une déviation de toute la moitié antérieure du corps. Placé sur le sol, le lapin suit le mouvement de l'extrémité céphalique et se met à tourner dans le' même sens. Ces troubles peuvent durer plusieurs jours. Nous ignorons si ce syndrome est dû à une lésion centrale, ou bien si le mouvement rotatoire est attribuable à la cécité unilatérale provoquée par la lésion oculaire.

Chez d'autres lapins, infectés par voie cutanée, la maladie débute par une paralysie du train postérieur^ comme si le virus, résorbé au niveau de la peau par les terminaisons des nerfs rachi-

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dienS) atteig^nait d'abord la moelle épinière, en cheminant le long de ces nerfs.

Chez le singe [incubation de dix jours)^ nous avons observé du nystagmus, de la lenteur dans les mouvements et un état de somnolence précédant la mort. Absence de toute paralysie localisée.

Chez le cobaye^ pas de symptômes manifestes.

Ajoutons qu*aucun des animaux ayant contracté ^encéphalite n'a guériy contrairement à ce que Landsteiner et Levaditi ont constaté dans la poliomyélite du singe (i), qù il n'est pas rare que des simiens, ayant présenté des paralysies localisées, guérissent et deviennent réfractaires, tout en conservant des atrophies musculaires et des déformations des membres.

(i) Landsteiner et Levaditi, Étude expérimentale de la po1ioinyélît<* aiguë. Annales de Flnstitut Pasteur^ ïQio, t. XXIV, p. 833.

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