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CHAPITRE IX

NEUROCORPUSCULES , ENCÉPHALITIQUES

Les analogies entre la rage et l'encéphalite épidémique ont frappé tous les chercheurs qui ont étudié cette dernière infection. On connaît l'importance des corpuscules de Negri dans la rage. Peut-on déceler des formations analogues dans la maladie de v. Economo ?

Plusieurs auteurs ont décrit des inclusions cellulaires encéphalitiques, surtout chez Thomme. Da Fano et Ingleby (i) ont découvert, dans le protoplasma des cellules nerveuses de la protubérance, des granulations colorables en bleu par le bleu de toluidine, se détachant nettement du cytoplasme violet. Ces granulations {minute bodies) existent également dans les nodules constatés par les auteurs dans les glandes salivaires. De leur côté, Volpino et Desderi (2) décrivent des corpuscules ressemblant aux corps amylacés, mais non identiques à ces corps. Enfin, Ottolenghi, d'ANTONA et ToNiETTi (3) décèlent, dans les cellules nerveuses du cerveau et du mésocéphale, chez les animaux inoculés avec leur virus « encéphalitique » (4), des granulations acidophiles se colorant par la méthode de Mann. Ces granulations existent cependant aussi chez les animaux non inoculés. Ils les ont trouvées, au niveau du locus cœruleuSy chez Thomme atteint d'encéphalite.

(i) Da Fano, Britishmed. Joarn., janv. 1921. Cf. également, Miller, même périodique» 20 mars 1920, no '22.

(2) Volpino et Dësderi, Ann. Iffiene, 1920, n® 2.

(3) Ottolenghi, d'Antona et Tonietti, Policlinico, 1920.

(4) Voy. page i33.

NEUROCOHPUSCULES ENCÉPRALITIQUEG

Levaditi, Harvier et Nicolau (i) ont réussi à mettre en évidence des corpuscules a^'ant une ressemblance frappante avec les corps de Negri, chez des lapins inoculés avec du virus encépbalitique fixe, par voie cérébrale (Voy.fig. 25; planche 111, fiç. i). Ces neurocorps encêphalitiqaes se colorent par les méthodes de Mann et de Lenz, par le sa fran-éosi ne-bleu de Unna, par le panchrome de

orpascalea encèphalitiquet inlranactèairet che: le lapin. Méthode de Mann. Gross. — ^

Laveran, après fixation des pièces au Bouin-Brazil. Ils apparaissent exclusivement dans la sone éleclioe, au niveau de la région basale du cerveau (hippocampe), là où les altérations cellulaires sont le plus marquées. Ils se montrent colorés en rouge vif, surtout dans le noyau de la cellule nerveuse, rarement dans le protoplasma. Au début, il s'agit de petits grains ronds, de i [jl environ, qui, par la suite, se fusionnent, pour revêtir des formes irrégulières, ovalaires ou en bissac. Les neuro-corps sont entourés d'un halo clair (pseudo-capsule) et paraissent posséder une struc-

(i) Levaditi, Ha R"

I, C. fl. de ta Société de BiotogU, loc. cil.

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lyre difficile à définir. Il s'a^pt, très probablementy d^ane d^énéftêcence oxyphile du nucléole, provoquée par le germe de lencé^ phaiite, dont la présence dans le noyau des cellules nerveuses paraît ainsi démontrée. Cen corps offrent quelque analog^ie a^ee ceux décrits par S^xf^uce (i) dans le Mollutcum coniagiosumj et par LuGCR et Lauda (2) dans l'herpès,

Levaditi, Harvier et Nicolau ont essayé de préciser leur fréquence dans le cerveau des animaux morts d'encéphalite, en pratiquant l'examen d'un très grand nombre d'encéphales par les méthodes sus-indiquées. La présence des neuro*corps a été révélée dans environ i3 0/0 des cas ; ils sont donc manifestement plus rares que les corps de Negri dans la rage.

Quoi qu'il en soit, la ressemblance frappante entre les neurcH corps encéphalitiques et les corps de Negri, constitue un rapprochement de plus entre la maladie de v. Egonomo et la rage.

Ajoutons que des corps analogues ont été constatés dans rencéphalite humaine par Mittasch (3), et que des granulations basophiles intra-protoplasmiques ont été décrites par Ureghia (4)*

(i| Sanfkijcb, Jubilé Meichoikoff, 16 mars igiS, p. 828, Masson.

(2) LuoER et Lauda» Wiener klin. Woch,y 192 1, n* 29.

(3) M1TTA8CU, Médit. Klinik.Z février 1921, p. 142.

(4) Ubkchia, C, h. de la Société de Biologie, 192 1, t. LXXXV, 11027, p. 58i.

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