MODE D'INFECTION DES ANIMAUX
I. Voie nerveuse. — On peut conférer rencéphalite au lapia paor les voies intra-cérébrale, intraK)cu4aire et celle des nerfs périphéïiq.ues.
a) Voie cérébrale, — Ce mode de transmission est celui q»i pro-* duit les effets les plus constants et qui détermine la maladie après la période d'incubation la plus courte. Levaditi et Harvier ont précisé à quel' moment le germe, introduit dans l'encéphale, peut être mis en évidence avant Téclosion des phénomènes morbides. En d'autre» termes, ils ont recherché si le cerveau était infectieux pendant la période d'incubation. L'expérience a montré que le microbe est décelable dans le névraxe, déjà le deuxième jour (injection intracrânienne), par conséquent avant tout symptôme et toutes lésions appréciables
b) Voie oculaire (chambre antérieure). — La voie oculaire se prête aussi bien que la voie cérébrale à la pénétration du germe dans Torganisme. La différence entre l'injection intra-crânienne et l'inoculation dans la chambre antérieure de l'œil, réside dans le fait que la période d'incubation est sensiblement plus longue lorsqu'on s'adresse à ce dernier mode de transmission. Dans les- expériences d'HARviER et Levaditi, cette période a été de 9 à 10 jours,, au lieu de 5 à 6 jours, sa durée habituelle.
BxpBRiBNQE. — Le lapin 20-20 reçoit dans la ohambns antérieare de ro&il* gauche, o cm' i d'une émulsion de virus fixe. Mort- lé septième jour; lésions caractéristiques.
c) Nerfs périphériques,
ExpftRiEMCB — Le 12 mars, on inocule une goutte de virus Axe dans le soiatique gauche' du iapin gi-M, L'animal meurt le septième jour, A la nécropsie, on constate une hyperémie du cerveau. L'examen histologique
moDtre d'abondantes hémorrag'ies méningées et une réaction lymphocy taire au niveau de la pie-mère. Absence de lésion d'encéphalite parenchymateuse et d'altérations médullaires.
Cet essai prouve qu il est possible de conférer l'encéphalite au lapin en se servant j cotnme porte d'entrée, d'un nerf périphériquey tel le sciatique. A remarquer que, dans ce cas, le germe, tout en suivant la voie nerveuse et médullaire pour atteindre Técorce cérébrale, n'a pas déterminé de lésions au niveau de la moelle épinière.
II. Kératite encéphalïtique. — Levaditi et Harvier ont montré, dès février 1921 (i), que le virus de l* encéphalite ^ inoculé par scarification à la cornée du lapin , non seulement détermine une pustule cornéenne accompagnée de kératite et de conjonctivite sup^ purécy mais provoque, en plus, une généralisation de l'infection et la mort de l'animal par encéphalite aiguë. Voici les détails de leurs expériences :
Expérience. — Le 18 septembre 1920, on scarifie la cornée droite du lapin 28'M k Taide d'un couteau de Graefe, chargé d'une émulsion épaisse de cerveau virulent; on frotte la surface scarifiée au moyen d'un tampon imbibé de la même émulsion. Rien d'appréciable après 23 heures, mais, le 2^ jour , on constate, le long des stries de scarification, une opacité centrale de la cornée et une conjonctivite qui augmentent progressivement. Le 26 septembre, kératite (pustule de la cornée) très marquée, cercle rouge au niveau du limbe, hyperhémie des vaisseaux de la sclérotique^ suppuration abondante du sac coojonctival, déterminant un accolement des paupières. Le ne jour, Yanimal tourne la tête du côté de Vœil scarifié^ parait malade. Il succombe le 12* jour. Cerveau stérile (ensemencements sur milieux habituels, aérobies et anaérobies). Altérations cérébrales et méningées caractéristiques (ces altérations sont localisées surtout à la base du cerveau). Un passage, fait avec la matière cérébrale sur le lapin 68-M, engendre l'encéphalite, après une incubation de 6 jours
Cette expérience, répétée un grand nombre de fois avec diverses souches de virus, a fourni des résultats identiques. Les animaux inoculés par voie cornéenne, ont présenté, après 24 à ^8 heures, une pustule cornéenne accompagnée de conjonctivite purulente ; ils sont morts d'encéphalite 6 à 1 3 jours après l'inoculation.
C'est bien le virus de l'encéphalite qui engendre cette pustule cornéenne, et non pas les nnicrobes saprophytes de la conjonctive,
(i) Levaditi et Harvier. C. R. de la Soc. de Biologie^ séance du 12 février 1921, t. LXXXIV, p. 3oo.
^rt