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ODE D INFECTION DES ANIMAUX I

qui ont pu se greffer sur la plaie de la cornée. En effet, la même inoculation, pratiquée avec une émulsion de cerveau chauffée pen-dant 10 minutes à loo^y reste sans effets comme le prouve Texpérience suivante :

ExpÉRiBNCE. — Scarification de la cornée gauche du lapin 4^ M^ avec une émulsion virulente, chauffée pendant lo minutes à loo*. Aucune lésion cornéenne. L'animal survit (i).

L'examen des frottis de la cornée, fait journellement (coloration au Giemsa, après fixation à l'alcool ; procédé de Schaudinn), montre, au début, de très nombreuses cellules épîthéliales, dont • quelques-unes offrent des inclusions ressemblant aux corpuscules de Guarnieri, Il s'agit de formations chromatiques incluses dans le protoplasma et situées plus ou moins près du noyau. A ce moment, on décèle relativement peu de polynucléaires pseudo-éosinophiles ; pas de germes d'infection secondaire les premiers jours. Plus tard, les cellules épithéliales se raréfient; on constate une accumulation de polynucléaires, en majorité dégénérés. Cette polynucléose locale coïncide avec une pullulation plus ou moins intense de germes (coccus prenant le Gram, ou petits bacilles Gram-négatifs).

Histologie pathologique (Planche m, fig. 4 ; Planche IV, fig. 9)

a) Phase du début, — Pendant les premiers jours, on observe des lésions presque exclusivement épithéliales. Lie long des stries de scarification, les cellules de la couche basale montrent un noyau très vésiculeux, pauvre en chromatine et pourvu d'un nucléole volumineux, qui se colore d'une façon intense en rouge, par la méthode de Mann. Autour de ce noyau se creuse une vacuole disposée souvent en demi-lune. Le protoplasma des cellules épi* théliales renferme des granulations chromatiques, teintes en bleu ou en rouge (coloration au safran-éosi ne-bleu polychrome de Unna ; Mann). Certaines cellules sont dissociées par des leucocytes polynucléaires, qui se dirigent le long des espaces cellulaires, de la profondeur vers la surface. Enfin, sur certaines coupes, on décèle des fijSfures de caryocynèse intéressant les cellules des couches épithéliales profondes.

h) Phase tardive. — Plus tard, Tépithélium desquame, principalement au centre de la cornée, en même temps qu'apparaissent des lésions de kératite interstitielle aiguë. Ces lésions consistent en une accumulation de polynucléaires, lesquels dissèquent les lames cornéennes, et ne tardent pas à montrer des signes de dégénérescence. Il se forme, à la surface de Fulcération, de

(i) Résultat identique avec le virus chauffé, pendant une heure, à 55^.

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vëritabUs abcès miliairen, constitués par des leucocytes dont le noyau est réduit à l*état de grains chromatiques plus ou moins déformés. Les microbes d'infection secondaire pullulent au niveau de ces petits abcès.

L'inflbmnialioD âiguê à polynucléaires est remplacée^ au niveau du limbe, par une réaction à éléments mononucléaires (lymphocytes, cellules plasmatiques et gros mononucléaires). Ces derniers renferment du pigment. On constate une ébauche de manchons périvasculâir^s dans les processus eiliaires, ainsi qu'un exsudât à polynucléaires et à gros mononucléaires pigmebto^ phores, dans la chambre antérieure.

Quant à la conjonctive^ elle est le siège d'une inflammation aiguë de la 80us*muqueu8e et d'altérations dégénératives de Tépithélium de t^couvrement. ^

En somme, le virus provoque^ au niveau de la cornée^ des lésions qui ressemblent à celles engendrées par la vaccine et /'herpès (Voy. Chapitre XW, 2® partie et Chapitre 11^ 3® partie). L'analogie est d'autant plus frappante, quHI est possible de retrouver, dans la pustule cornèenne encéphalitique, non seulement des formations ressemblant au C y tory des variolo^vaccinœ de Guah- NiBRi (corpuscules de Guarnieri), mais aussi les inclusions de Prow^azeck [Chlamydozoaires),

La réceptivité de la cornée des lapins à Tégard du germe de l'en»céphalite, ainsi que la réaction locale inflammatoire, permettent de rapprocher ce germe des virus de la variole et de la vaccine. Nous verrons plus loin que d'autres faits accentuent cette analogie.

Transmission de t encéphalite en série ^ par inoculation cornèenne. — Il est possible de transmettre Tencéphalite en série, d^un lapin à Tautre, en prélevant le virus sur la cornée atteinte de kératite et en Fitioculant, par scarification, à la cornée d'un animal neuf. Dans certains Caâ, les passages s'arrêtent au bout de quelque temps. Mais, si Ton utilise un virus plus actif, et si Ton a soin de faire Tinoculation dès le 3® ou le 4^ jour^ la transmission en série peut être continuée indéfiniment (Voy. virus salivaire des porteurs de gêrmeSj Chapitre XIV). Il semble que, passé ce délai, la cornée s'appauvrit en virus, probablement par suite de l'infection secon-. daire dont elle est le siège.

III. Voies cutanée, sanguine^ péritonéalë et musculaire. ^^ Il a été Impossible de transmettre l'encéphalite au lapin, par injection de vifus sous la peùu, même en inoculant des quantités considérables. La voie sous^cutanèe ne se prête donc pas à la transmission de la maladie chez cette espèce animale. 11 en est de même des

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