IMMUNITÉ CORNÉENNE ET CUTANÉE
Les analogies frappantes entre le virus de Tencëphalite et celui de la vaccine (Voy. IFI* partie), au point de vne des lésions cornéennes et cutanées, nous ont conduits à rechercher si, dans la maladie de V. EcoNOMO expérimentale, se retrouveraient les mêmes particularités établies au sujet de Timmunité vaccinale. On sait que dans cette dernière, la cornée, guérie de kératite naccinole^ est réfractaire à regard d'une nouvelle inoculation cornéenne, tandis que la cornée opposée Test moins, et que la peau ne Test pas du tout. Inversement, la vaccine cutanée engendre un état réfractaire de la peau, coïncidant avec une sensibilité normale de la cornée. En est-il de * même dans Tencéphalite ?
Les recherches de Levaditi, Harvier et Nicolau ont été faites avec tous les virus encéphalitiques en leur possession [virus salivaire, virus des porteurs, virus de Therpès Bl.\nc (Voy, Chapi^ tre XVI), virus encépbalitique proprement dit]. Elles ont permis d'établir les faits suivants ;
1° La kératite provoquée par le nirns salioaire, ou le virus de r/ierpés, vaccine la cornée contre une nouvelle inoculation virulente. L'étal réfractaire n est pas seulement local ^ il peut intéresser également le système nerveux central, attendu que, lors de Tinfeotion d'épreuve, certains lapins résistent à Tinjection du germe dans le cerveau et que tous survivent, tandis que les témoins, inoculés par la même voie cornéenne, succombent infailliblement. Des expériences analogues ont été relatées par Doei^r et Schnarrï. (i).
Quelle peut être Texplication de cet état réfractaire du système nerveux central, à la suite d'une kératite qui ne semble pas produire de troubles généraux ? On ne saurait incriminer les propriétés microbicides du sérum sanguin^ étant donné que, diaprés nos recherches et les constatations antérieures de Blanc fa), ce sérum est dépourvu de telles propriétés. En l'absence de cette action neutralisante du sérum, nous sommes conduits à expliquer ainsi l'état réfractaire du névraxe : il est probable que le virus^ déposé sur la cornée^ ny reste pas localisé^ mais envahit le nerj optique et atteint r encéphale : il y détermine une réaction locale insuffisante pour quelle se traduise par des troubles appa^
(l) DOERR et SCHNABEI,, loc, (il.
(2) Blanc, /oc. cil. »
iMMUMxé, VACCINATION, 8BU0-DIAGN0STIC
aig
O'U^ La
reniSy mais asses accusée pour engendrer C immunité des cellules nerveuses. Celles-ci, touchées légèrement une première fois, se montrent réfractaires à une nouvelle attaque de la part du même germe, introduit directement dans le cerveau (i).
2^ La kératite encéphalitique ne détermine pas toujours l'état réfractaire de la cornée opposée. — Cette conclusion est d'accord avec cello formulée par Lôwbnstein (2), à la suite de ses recherches sur le virus de Therpès. Il est vrai que, d'après Doema et ScHNÀBEL (3), la cornée opposée finit par se vacciner à son tour, mais nous n^avons pas eu l'occasion de vérifier cette affir« mation.
3** L'état réfractaire acquis de la cor^ née n entraîne pas forcément un état semblable de la peauy ainsi qu'il résulte de l'expérience suivante :
nrj.
ts
ExpËRiBNCB. — Lapin 86^0. Ce lapin avait fait uoe kératite aalivaire (salive La)ei s'était montré réfractaire looatement à l'égard d'une seconde inoculation de la salive moins virulente /s.
8 Jours après, on scarifie la même cornée avec le virus herpétique B: le lapin 2 -S sert de témoin. Ce dernier fait de la kératite et succombe d'encé* pbaliie le i5« jour. Lésion cornéenne intense ches le lapin 86-0. mais survie de l'animal.
20 jours après, nouvelle scarification avec le virus encéphalitique de passage C (témoin : lapin lOo-S). Kérçitite chez le témoin et mort Je 7e jour; petite réaction locale chez le vacciné 86^0. Dix jours après, on apprécie la réceptivité culanée, en scarifiant la peau de l'animal avec le virus herpétique B; le lapin JP'E sert de témoin. Belle éruption de papules ches Us deujo animaux (schéma 4)*
SCHIÎMA A*
La rz Salive de La.
Is zz Salive de h.
B zz Virus herpétique B.
C zz Virus encéphalitique de passage.
Conclusions. — L'état réfractaire acquis de la cornée n entraîne pas fatalement un état analogue^ ni du côté de la cornée opposée^
(i) Des recherches nouvelles (Lkvaditi et Nicolau, C. R. de VAcad. des Sciences j 192 1, t. CLXXIII, p. 794 ; C. R. de la Société de Biologie, séance du 5 février 1921» ont confirmé cette hypothèse.
(2) LôwENSTKiN, voy. Chapitre XVI.
(3) DOERR et ScHNABEL, loc. cH.
220 ECTODERMOSES NECROTROPES
ni du côté de la peau. U immunité cérébrale qui se manifeste à la suite de l infection cornéenne^ paraît rentrer dans le cadre des immunités locales,