LE VIRUS DE L^HERPES
togène et le virus de rencéphalite (virus fixe et virus def porteurs) ; plus actif que le premier, il Test sensiblement moins que le second. En effet, une cornée guérie de la kératite provoquée par la salive de virulence moyenne^ La.,, est encore sensible au virus de Fher^ pèSy ainsi qu'il résulte de Texpérience suivante :
ExpiRiKNCB. — Salive mixte de La, . .
iDoculée à la cornée droite du lapin yô-J/: kératite intense^ guérie le trenteseptième jour.
Quarante-deux Jours après, scarification de la même cornée avec le virus herpétique B ; le lapin ag-^ sert de témoin. Ce dernier fait une kératite et meurt d'encéphalite le neuvième jour ; le premier succombe le dixième jour (schéma 6).
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Vlr.B
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Schéma 6.
S y salive de La\ B, virus de Vherpès.
Par contre, le germe de r herpès est moins virulent que celui de rencéphalite {virus fixé)^ même après avoir subi de nombreux passages sur le lapin.
En effet :
I® Ce germe n'est pas constamment mortel pour le lapin, comme Test celui de la maladie de v. Economo. Nous venons de voir qu'une partie seulement des animaux infectés par voie oculaire succombent d'encéphalite, les autres ne font que de la kératite et sont immuns ultérieurement (p. 28 1).
2° En général, la maladie herpétique évolue plus lentement. La mort, au lieu de survenir du septième au douzième jour, comme dans l'encéphalite provoquée par l'inoculation du virus fixe à la cornée, est sensiblement plus tardive.
L'identité de nature ressort également de Pa/Jinité du germe herpétique pour la peau.
ExpÉRiENCB.— i^ Herpès labial de Ni , .. Inoculation du contenu de la vésicule d'herpès à la peau du flanc du lapin ii-B (procédé de Calmettb-Guérin). Le lendemain, la peau est irritée le long^ des stries de scarification. Le cinquième
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jour, éruption de petites papules couvertes de squames. Le sixième jour, belle petite éruption d*herpès, qui se dessèche ultérieurement.
20 Virus de l'herpès B {Après nombreux passages cérébraux et cornéens). Une émulsion cérébrale épaisse, provenant d'un lapin de passage, est inoculée, par le même procédé, au lapin 69-5. Erythéme généralisé dès le lendemain. La peau se desquame quaraote-huit heures après Le septième jour, on constate de nombreuses papules couvertes de croûtes. Ces papules grossissent manifestement et atteignent^ le neuvième jour, les dimensions de petites pusiules. Les lésions cutanées guérissent presque complètement le quinzième jour, mais ranimai succombe le seizième jour, avec des symptômes d'encéphalite. Cultures du cerveau négatives. Son encéphale sert à faire un passage cérébral sur le lapin jS-E, lequel succombe d'encéphalite le cinquième jour, et une inoculation cutanée au lapin ^k-E- Celui-ci réagit localement par uae éruption de vésico-papules.
3» Virus de Pherpès B (ayant subi de nombreux passages cérébraux et cornéens). Le lapin jb-E est inoculé de la même manière que le précédent. Il fait une éruption le sixième jour, qui s'accompagne, le septième jour, d'une kérato-conjonctivite bilatérale. L'animal montre, le treizième jour, des signes de paralysie flasque du train postérieur et succombe le quinzième jour. Cultures du cerveau : négatives. L'encéphale sert à faire un passage cérébral sur \e lapin ^'B, et une inoculation cutanée au lapin 3S-B ; le premier meurt d'encéphalite le huitième jour.
Une quatrième expérience, disposée de la même manière, a fourni des résultats identiques.
Ces recherches prouvent que, le germe Jillrant de Vherpès^ provenant directement de V homme, on après passages multiples sur le lapin y est doué d'une affinité cutanée des plus marquées. A en juger d'après Tintensité et l'évolution des lésions herpétiques, cette affinité dépasse sensiblement celle du germe encéphalitique. En d'autres termes, le virus de la maladie de v. Egonomo, qui produit constamment Tencéphalite, quelle que soit sa voie d'introduction, n'engendre sur la peau que des lésions papulo-squameu3es minimes ; par contre, le germe de l'herpès, qui provoque l'encéphalite d'une manière inconstante, détermine des éruptions cutanées sensiblement plus accentuées. Il y a donc une certaine opposition entre Uaffinité cutanée (dermotrope) et V affinité cérébrale (neurotrope) de ces virus, suivant le schéma ci-après :
Affinité cutanée Affinité cérébrale
Virus encéphalitique. + Virus encéphalitique, -| — | — | — J-
— de V herpès . . ++++ — de V herpès. . +-f
CoNGLusiONs. — Le virus de P herpès et celui de Cencéphalite
LE VIRUS DE l'herpès 235
épidémique sont de même nature. Le premier n'est qu'une variété moins virulente du second (i).
Cette conclusion est d'accord avec celle qui se dégage du travail de DoERR et Schnabel (2). Ces auteurs, sans être trop affirmatii^, admettent, sous toutes réserves, l'identité de nature entre les deux germes, se basant surtout sur des expériences à'immunité croisée. De plus, après avoir confirmé nos recherches sur le virus encéphalitique salivaire, ils essaient d'établir des rapports entre la virulence de la salive, au point de vue kératogène, et la prédisposition à l'herpès du sujet soumis à Texamen. Us constatent que chez les nonprédisposés à l'herpès, le virus ne peut être décelé ni dans la salive, ni dans la sécrétion nasale, ni sur les lèvres. Par contre, la salive est virulente chez ceux qui sont porteurs de vésicules herpétiques, mais nullement d'une façon constante (un essai positif et trois négatifs). Même résultat inconstant chez les individus à peine guéris de leur herpès labial.
Dès le début de nos recherches, notre attention a été attirée sur les rapports possibles entre la virulence de la^salive et la prédisposition à l'herpès. Mais, nous avons bientôt reconnu que certains sujets, qui font de l'herpès à tout propos, fournissent des salives non kératogènes, alors que d'autres, qui n'ont jamais eu d'éruption herpétique péribuccale, ont une salive virulente. Le germe peut donc exister dans une vésicule d'herpès tout en étant absent, au même moment, dans la salive, de même qu'il peut être présent dans cette salive sans engendrer, pour cela, F herpès labial,
(i) Cf. également les recherches récentes de Nicolau et Powclovx (loc. cii.) .
(2) DoERR et Schnabel, Schweizerische med, Woch., 1921, no« 20 et 24. Dans un travail récent, Schnabbl (Klin. Woch.y 1922, N® 34, p. i685) dit avoir isolé une souche de virus encëphalitique du liquide céphalo-rachidien ; il a réussi à établir l'existence de rapports intimes entre cette souche et le germe herpétique.