CONCEPTION ÉTIOLOGIQUE DE L'ENCÉPHALITE ÉPIDEMIQUE
Les nombreux faits résumés dans les Chapitres précédents nous autorisent à envisager ainsi Vétiologie et répidémiologie de rencé^ phalite épidémique :
La maladie de v. E(^onomo, quels que soient ses aspects cliniques, est provoquée par un agent filtrant spécifique, Yultravirus encéphalitique. Cet ultravirus, de virulence variable, existe :
a) Sous une forme atténuée^ dans la salive de certains sujets sains, où il semble être fixé aux "cellules épithéliales de la bouche [affinité exclusivement épithéliotrope, pouvoir kératogène exclusif) :
b) Sous une forme plus virulente^ dans les vésicules d'herpès. Il offre une affinité épithéliotrope obligatoire et une affinité neurotrope facultative ;
c) Sous une forme très virulente^ dans la salive des porteurs sains (affinité épithéliotrope et neurotrope obligatoires);
à) Sous la même forme très virulente^ dans les centres nerveux des encéphalitiques [même affinité que le précédent).
Il est démontré qu'une variété de germe peu virulente, au point de vue de ses affinités cérébrales, peut, par des passages cérébraux successifs, se transformer en une variété pathogène, capable d'engendrer plus souvent qu'au début, des troubles et des lésions d'encéphalite [herpès, Blanc). Cette acquisition d'affinités neurotropes de plus en plus accentuées, résultat d'une adaptation progressive au névraxe, se retrouve également dans la vaccine, comme il résulte
(f) Levaditi, IIarvier et Nioolau, C. R. de la Soc. de Biol., 192 1, t. LXXXV,
CONCEI^ION ÉTIOLOOIQUB liE l'eNCÉPUALITE EPIDÉMIQUE 287
des travaux de Marie et de nos propres constatations (Voy. II® partie, Chapitre II).
Dès lors, nous pensons qu'avant réclosion des épidémies actuelles d'encéphalite y le virus de la maladie existait dans la salive et dans certaines manifestations banales^ telles que V herpès fébrile ou les angines herpétiques, sous sa forme atténuée, presque dénuée d'affinités neurotropes. Par suite d'une exagération progressive, ou plus ou moins brusque, de son activité pathogène, le germe à AFFINITÉ presque exclusivement épithéuotrope, a acquis l'aptitude de s'attaquer plus souvent aux cellules nerveuses de r encéphale (affinité neurotrope). // déclancha ainsi la maladie de v. Eco- NOMO sous sa forme épidémique, tout en végétant dans la salive des porteurs de germes. Le virus de l'herpès, le virus salivaire, le virus encéphalitique ne sont, en définitive, que des variantes, à pouvoir pathogène inégal, d'un même germe : TUi^thavirus encéphalito-