RAGE, POLIOMYÉLITE ET ENCÉPHALITE
Une étude comparative de la rage, de la poliomyélite et de Tencéphalite s'impose, étant données les multiples analogies entre les virus qui provoquent ces trois maladies^ analogies sur lesquelles nous avons insisté au cours des Chapitres précédents.
§ 1. — RAGE ET POLIOMYÉLITE
Les ressemblances entre la poliomyélite et la rage sont des plus frappantes et ont attiré l'attention des observateurs, dès le début des recherches sur la maladie de Heine-Medin. Ces analogies sont devenues encore plus étroites, lorsque l'expérimentation sur le singe mit en évidence la filtrabilité du virus de la paralysie infantile, sa propagation le long des nerfs^ l'évolution des lésions histo-pathologiques, etc. Landsteinbr et Levaditï ont entrepris une étude comparative des deux germes et ont montré que les singes qui jouissent d'une immunité marquée à l'égard du virus de la para^ lysie infantile j se montrent sensibles à celui de la rage ; ils contrac^ tent cette infection aussi facilement que les témoins.
De plus, ces mêmes auteurs ont examiné :
I® Comment se comportent^ à l'égard de P infect ion par le virus de la poliomyélite, les animaux qui ont subi un traitement antirabique préventif ;
2^ Comment agit Pimmun^sérum antipoliomyélitique sur le virus rabique, et réciproquement.
L'expérience a montré que la vaccination antirabique du singe
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ne confère pas d'immunité vis-à-vis de rinfêction par le virus de la poliomyélite. De plus, le virus rabique est neutralisé par le sérum^ antirabique de A. Marie, alors qviUl résiste à Faction^ in vitro, du sérum antipoliomyélitique.
Cette différence entre les deux virus ressort également des essais de neutralisation résumés ci-dessous :
En 19 10 et 191 1, dans deux notes parues dans les Comptes ren-di^s de r Académie des Sciences, A. Marie a fait connaître des expériences concernant l'action neutralisante exercée vis-à-vis du virus rabique, par une substance isolée des centres nerveux, au moyen d'un procédé spécial. Landsteinbr et Levaditi ont recherché si cette substance agissait aussi sur le virus de la maladie de Heine>Medin. Voici les détails de leurs essais :
Expérience. — Le 3o mars 191 1, od prépare une émulsioa de fragments de moelle (poliomyélite) conservés pendant deux jours à la glacière. L'émulsion est filtrée sur papier, puis mélangée, à volumes égaux, avec l'extrait de substance nerveuse préparé par A. Marie et dont le pouvoir antirabique avait été éprouvé. D*un autre côté, on fait une dilution de virus dans de Teau salée, servant comme témoin. Les mélanges restent pendant la nuit à la glacière. Le i«r mai 191 1, on inocule :
s¥ac, rhésus 78 reçoit, dans le cerveau (o,5) et le péritoine (1,26), le mélange oirus + extrait cérébral. Le 7 mai (incub. de 6 jours) Fanimal paraît abattu, hésite à sauter. Le 10, paraplégie complète, parésie des membres supérieurs. Le II, paralysie complète ; on le sacrifie. Lésions typiques,
Mac. rhésus 74» témoin. Le 10 mai (incub. de g Jours), tremblements de la télé et parésie des membres inférieur et supérieur droits. Paralysie généralisée le 12. On le sacrifie. Lésions typiques intenses.
Il en résulte que l'extrait de matière nerveuse préparé par A. Marie, qui jouit de propriétés antirabiques manifestes, in vitro, ne neutralise pas, dans les mêmes conditions, le virus de la poliomyélite.
L'ensenible de ces recherches montre que, malgré de nombreux caractères communs, tels que la filtrabilité, la conservation dans la /glycérine et à Tétat sec, la similitude des lésions médullaires, etc., tes deux virus, celui de la rage et celui de la paralysie infantile, sont des germes de nature totalement différente,