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Mai Juin
Juill.
Août
Sept
Oct.
Nov.
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Figure I. — Morbidité mensueUe de la méningite cérébro-spinale et de la poliomyélite en igoy (Massachusetts). D'après Lovett et Netter. Traits pleins : méningite c, s. Traits pointillés : poliomyélite.
Cété et en automne^ contrairement à celles de méningite cérébro-spinale^ qui apparaissent en hiver et au printemps. Ainsi, parmi les i.o35 cas enregistrés en Suède, 6io avaient été observés du mois d'août à la fin de septembre et, en Norvège, 280 cas sur 670 ont été mentionnés à la même époque de Tannée. La figure i, reproduite d*après Nettbr et empruntée à Lovett, rend compte de la marche des épidémies de méningite cérébro-spinale et de paralysie infantile.
l8 ËCTODËllMOSES NEI:R0TR0PES
C'est WiCKMAN (i) qui a insisté le premier sur Tabsence de tout parallélisme entre Tinfection méningococcique et la maladie de Heine-Medin ; ses affirmations ont été confirmées depuis. Le fait que la poliomyélite reste à Tétat larvé pendant la période froide de Tannée, prouve bien que son virus offre une certaine résistance aux températures relativement basses. Ceci est conforme aux faits établis par Texpérimentation, laquelle montre que le microbe filtrant de la paralysie infantile supporte impunément des températures inférieures à o®.
Ensuite, ces recherches (en particulier celles de Zappert), ont prouvé que ni la pauvreté j ni les mauvaises conditions hygiéniques ^ ni V agglomération ne semblent favoriser l'extension épidémique de la maladie. En effet, les quartiers les plus pauvres et les plus encombrés de Vienne, n'ont pas été plus éprouvés que les arrondissements à population rare et aisée.
2** Epidémies de maison, d'école. — On a relaté des petites épi~ démies de maison et d'école. En ce qui concerne les maisons, on a cité des cas où la maladie est apparue successivement pendant deux ou trois ans dans un même immeuble (Wigkman); on a ru également les nouveaux locataires d'une maison anciennement contaminée, tomber malades à leur tour (Krause). En Suède, 20 0/0 des maisons infectées offraient plus d'un cas de paralysie infantile, et ce chiffre fut de 3 0/0 au cours de l'épidémie de New-York.
Ce qui est plus frappant, dans cet ordre d'idées, ce sont les épidé^ mies d'école, dont voici quelques exemples :
WicKMAN (2) observe à Trastena, 49 cas de poliomyélite et peut établir la propagation par l'intermédiaire des enfants qui fréquentaient l'école de la localité. Parmi les malades, 4 appartenaient à l'Instituteur, 25 à des familles dont les premiers enfants contaminés fréquentaient l'école, 12 à des familles dont les enfants allaient à cette même école, les malades eux-mêmes ne la fréquentant pas ; enfin 4 malades à des familles qui n'avaient eu que des rapports indirects avec l'école, les enfants étant en relation avec des personnes faisant partie de l'un des groupes précédents. La figure 2, reproduite d'après Wickman, rend compte de l'extension de la petite épidémie de Trastena.
(i) Wickman, Bull, dé la Soc. méd, des Hôpitau,r. 1909, séance du 3i décembre.
(2) Wickman, loc. cit.
£PiOEMI0L0GIE
De son côté, Nbtter, en collaboration avec Plichon et Tinel, étudie un foyer analogie à Créteil. Sept enfants sont atteints, à des intervalles assez rapprochés, d'accidents de paralysie infantile. Les habitations de leurs familles étaient assez éloignées, et les parents ne se fréquentaient pas. Néanmoins, les auteurs ont pu établir que
Seosoi-soi
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Fig. 2.
trois enfants allaient à la même école et que deux autres, trop jeunes pour la fréquenter, avaient Tun un frère et Tautre un cousin qui s'y rendaient. Nettek pense que la contagion a été puisée à Técole par les trois enfants qui sont tombés malades et par les deux écoliers, qui, sans s'infecter eux-mêmes, ont porté le contage à leur frère et à leur cousin.
Nous avons relaté nous-mêmes en collaboration avec Kling, quelques épidémies d'école, observées pendant notre mission en Suède ( i ), tel le foyer de Gulltorp-Tornlhagen (fig 3).
3® Contact humain. — La poliomyélite se propage par contact humain. L'observation suivante, recueillie par Kling et Leva- DiTi, peut être citée comme exemple, parmi tant d'autres :
(i) Kling et Lbvaditi, Etudes sur la poliomyélite aiguë épidémique^ Paris, Marctbeux^ 1913.
Neurothopes
Matkilda Kab. . ., 17 ans, tombe malade le a5 septembre, arec fièvre, douleurs i la Duque et dans les membres, vomissemsnis ; peu après, faiblesse du pied gauebe, qu'elle traîne pendant ta maçche. Entre à l'bApiUl de SoderkœpiDg le a8 septembre. A l'examen, on consute des douleurs spontanées et i lapalpatioD, dans la région de la nuque. Température ; le 18 septembre, 38* ; ensuite pas de fièvre. Même élat le 3o septembre. Le 1" octobre, disparition de la parésio de la jambe gauche ; les réflc.ies sont normaux.
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V\%. 3. — Epidémie d'école (Klino et Levaditi).
Nos investigatioDs épidémiologiques nous ont révélé que le ai septembre, Mathilda Kak. . . n été en contact avec Ester Svbh. . ., qui a été atteinte de paraljsie infantile typique. Mathilda Kah... en compagnie de Walborg Kar.., domestique, est allée â l'Ile de Djursœ (i)pour rencontrer Ester Svkn..< Les deux jeunes filles se sont promenées ensemble, * main dans la main • ; Ester a accompagné Mathilua de la maison ft l'embarcadère. Or, le jocr suivant, EsTBH SvEN. . . tombe malade, atteinte d'une paralysie infantile typique, et trois jours après, Mathilda Kar... est prise è son tour. Le sebéma ci-contre |fig. 4) indique le contact enire ces deux jeunes filles et aussi la date de l'apparition des premiers symptdmes chez chacune d'elles.
Ces données 'monlrent que la seule personne d'Yxnû atteinte de poliomyélite, fut précisément en rapport avec une jeuiie filte habitant Djursô, un jour avant féctosion de la maladie chez celle dernière.
Si nous admettons ce mode de contagion, le plus plausible, nous devons conclure de cette observation :
(1) Dju,
:, tle située tout prés de l'Ile d'Yxaœ, habitée par Math^ua.
EPIDEMIOLOGIE
a. Que la période d'incubation de la poliomyélite peut être de très courte durée; en effet, Mathilda Kar... a montré les premières manifestations morbides trois jours après avoir été en contact avec Ester Svsn... Cette conclusion est, d'ailleurs, conforme
P'g. 4' — Contagion par contact direct (Klino et Lbvaditi).
aux données recueillies antérieurement à Djursô, par Kling et Lbvaditi.
b. Que les sujets atteints de paralysie infantile peuvent être contagieux et dangereux pour leur entourage^ quelque temps avant Véclosion de la maladie^ en pleine période d'incubation.
Nous venons de voir, en effet, que la fille Ester Sven... a contaminé son amie Mathilda, un jour avant que la maladie se fût déclarée chez elle.
4® Porteurs de germes. — Ces exemples prouvent non seulement la contagiosité directe de la maladie dans les foyers où les individus vivent côte à côte, mais encore sa transmission par V intermédiaire de personnes bien portantes^ ayant été en contact avec des sujets infectés.
La paralysie infantile épidémique se comporte donc, à ce point de vue, comme la fièvre typhoïde : des individus, en apparence sains, peuvent jouer le rôle de porteurs de virus et constituer une source de contagion. A cette notion, formulée par Wickman, s'ajoute celle de la transmissibilité de la maladie par des formes frustes y ce qui est d'autant plus dangereux, que ces formes restent ignorées et rendent la prophylaxie, pour ainsi dire, impossible.
De nombreux faits peuvent être invoqués en faveur du rôle des porteurs de germes dans Tépidémiologie de la poliomyélite. Ainsi, Krause relate qu'aux environs de Hagen (épidémie de 1909), des personnes ont donné la maladie à leurs enfants et petitsenfants, après avoir fréquenté des malades, tout en restant ellesmêmes indemnes. D'après le même auteur, l'épidémie de 1909 a été précédée par trois cas isolés, constatés en 1907 et 1908. Le premier de ces cas appartenait à une famille qui était en relations avec des ingénieurs suédois, lesquels avaient visité leur pays peu de temps auparavant, à un moment où la maladie y sévissait.
5** Aliments, objets usuels. — Une autre notion, non moins importante, établie également par Wickman, est celle de la transmissibilité de la poliomyélite infectieuse par l'intermédiaire des aliments et des objets usuels. Le savant suédois cite des observations prouvant que le lait peut servir de vecteur de virus. Il rapporte en outre, le fait suivant, montrant que le germe peut être transporté par certains objets maniés par des malades : Un sujet infecté, fait quelques dessins au moment de sa convalescence ; un de ces dessins est envoyé dans un bureau pour la reproduction. Or, la personne qui se chargea de la copie fut atteinte, peu de temps après, de parésies des deux jambes et d'une paralysie complète de la cuisse droite.
Ces données épidémiologiques tendent à montrer que la pro-
I^PIDÉMIOLOGIb 23
pagation de la paralysie infantile épidémique s'effectue par contact humain. Ce contact peut être direct^ entre malades et sujets bien portants y ou indirect y par r intermédiaire des porteurs sains de germes. Déplus, il est fort probable que certains aliments, tels le laity ainsi que des objets usuels, peuvent servir de vecteurs de virus. Nous verrons au Chapitre XI, jusqu'à quel point rexpérimentation confirme ces conclusions.