‹ Edgar-A. PoëChapitre 44 sur 51 · POUR ANNIE · texte numérisé non relu

POUR ANNIE

« A-t-on jamais plus fortement exprimé la lassitude de vivre qu'en ces pauvres strophes inégales dont les indolents anapestes semblent coupés au hasard du vers, au gré des capricieuses rimes tour à tour négligées ou superflues ? Jamais, pas même dans Ulahtme, la pensée incohérente ne s'est répétée de façon plus fantasque, apparemment insoucieuse de ses reprises, de ses arrêts, de ses développements impuissants, de .ses lassantes complaisances. A quoi bon l'effort désormais ? La vie n'est qu'une fièvre, une dévorante fièvre qui brûle et affole le cerveau, une affreuse fièvre dont les horribles battements de cœur sont pires que des souffrances, puisqu'aux cris et aux sanglots qu'ils arrachent ils ajoutent l'écœurement. Heureusement que la mort, la bonne mort conquérante, en a généreusement donné l'infaillible remède ! La voilà donc enfin apaisée, elle aussi, cette terrible torture de la soif plus forte que la vie dont elle n'est qu'une fonction cruelle. « Oui,

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