CHAPITRE III
En face de cette société qui le persécute, l’artiste ne courbe pas la tête; il sait qu’il ne peut être compris par tous, mais il garde la fierté d’appartenir à une élite.
Il est, dès sa naissance, marqué pour un destin exceptionnel. Poe était « aristocratique comme Byron » (1); petit-fils d’un « général américain » (2) il était « de bonne souche » et sa famille « était alliée aux plus illustres familles d'Angleterre » (3); quelqu'un va même jusqu’à l'appeler « Edgar de Poe » (4). En vérité, il était bien noble par ses origines, cet homme « qui professait que le grand malheur de son pays était de n'avoir pas d’aristocratie de race, attendu, disait-
(1) Barbey d’Aurevilly, Littérature étrangère, p. 364.
(2) Revue Française, 1* octobre 1863.
(3) Histoires extraordinaires, p. 7; Œuvres posthumes, p. 294.
(4) Saint-René Taillandier, Littérature étrangère.
il, que chez un peuple sans aristocratie le culte du beau ne peut que se corrompre, s’amoindrir et disparaître, — qui accusait chez ses concitoyens, jusque dans leur luxe emphatique et coûteux, tous les symptômes du mauvais goût caractéristique des parvenus » (1).
Et si la noblesse de la race lui avait fait défaut, il eût quand même été, dès le seuil de la vie, prédestiné à un destin exceptionnel, car « la passion et le roman ont présidé à sa naissance » (2). « David Poe, père d'Edgar et fils du général, s’éprit violemment d’une actrice anglaise, Elisabeth Arnold, célèbre par sa beauté : il s'enfuit avec elle et l’épou- Sa. Si jamais l’esprit du roman, pour se servir d’une expression de notre poète, a présidé à une naissance, — esprit sinistre et orageux, — certes il a présidé à la sienne. Poe fut véritablement l’enfant de la passion et de l’aventure » (3). Ainsi il reçut dès sa naïssance et « avec une intensité effrayante le germe de passions fatales »; il semblait « destiné dès l’enfance à une vie romanesque et malheureuse » (4).
Sa jeunesse se passa dans le seul coin aristocratique des Etats-Unis. Il était «le Virginien,
(1) Histoires extraordinaires, p. 7.
(2) Revue Moderne, 1° avril 1865, p. 66.
(3) Histoires extraordinaires, p. 9.
(4) Revue Française, 1° octobre 1863.
l’homme du Sud, le Byron égaré dans un mauvais monde ». Il fut élevé « dans une belle aisance et dans l’espérance légitime d’une de ces fortunes qui donnent au caractère une superbe certitude ».
Mais il était « aristocrate de nature plus encore que de naissance » ou d'éducation; « il était remarquablement bien doué de toutes les façons. Jeune, il avait montré une rare aptitude pour les exercices physiques; il était plus que robuste et capable de merveilleux traits de force. On dirait que la nature fait, à ceux dont elle veut tirer de grandes choses, un tempérament énergique ».
De plus, son aspect était frappant. Il avait « l’air d’un gentil’homme », il avait « un air fier, de grandes manières ». « De sa beauté personnelle singulière, dont parlent plusieurs biographes, l’esprit peut, je crois, se faire une idée approximative, en appelant à son secours toutes les notions vagues, mais cependant caractéristiques, contenues dans le mot romantique ». Son visage en effet possédait « les séductions d’une beauté singulière ». Il y a un portrait qui « représente Poe avec la physionomie connue du gentleman : pas de moustache, des favoris, le col de chemise relevé. Une prodigieuse distinction » (1). « Sa figure, régulièrement
(1) Baudelaire, Œuvres posthumes, p. 201, 204; Histoires extraordinaires, p. 9. 20, 24; Nouvelles Histoires: extraordinaires, p. 5; Lettre du 13 juillet 1860.
belle, était de celles qui attirent le regard et qui révèlent sur le champ, des facultés de premier ordre. Son front était « large et haut » (1) « un front énorme en largeur comme en hauteur » (2); ses yeux étaient « ardents » (3) « vastes, très beaux et très rêveurs » (4); il avait « l’air très pensif; la pâleur du visage n’était pas maladive, on sentait sous cette blancheur mate circuler une vie intense » (5).
Il savait d’ailleurs tirer le meilleur parti de cette beauté. « Le pédant et aigre Griswold luimême avoue que, lorsqu'il alla rendre visite à Poe, et qu’il le trouva pâle et malade encore de la mort et de la maladie de sa femme, il fut frappé outre mesure, non seulement de la perfection de ses manières, mais encore de la physionomie aristocratique, de l’atmosphère parfumée de son appartement, d’ailleurs assez modestement meublé. Griswold ignore que le poète a, plus que tous les hommes, ce merveilleux privilège, attribué à la femme parisienne et à l’'Espagnole, de savoir se parer avec un rien, et que Poe, amoureux du beau en toutes choses, aurait trouvé l’art de transformer une chaumière en un palais d’une espèce nouvelle ».
En un mot, « physionomie, démarche, gestes,
(1) et (3) Revue Française, 1* octobre 1863, p. 148. (2) et (4) Baudelaire, Lettre du 13 juillet 1860. (5) Revue Française, 1°" octobre 1863, p. 148.
airs de tête, tout le désignait dans ses bons jours comme une créature d'élection... Il était réellement marqué par la nature, comme ces figures de passants qui tirent l’œil de l’observateur et préoccupent sa mémoire » (1).
Fier de tel dons, sûr de ce génie dont il porte la marque sur toute sa personne, l'artiste doit rencontrer l’amour chez ceux qui l’approchent. Tout poète pourrait envier à Edgar Poe « le dévouement angélique de la mère de sa femme, Mrs Clemm, à qui tous les cœurs solitaires rendront un hommage légitime » (2). Cette femme s’attacha à lui « avec une ardeur maternelle renforcée, prit soin de lui; le surveillant, le défendant contre la vie et contre lui-même ». Et l’on cite Mrs Clemm en exemple à toutes les mères de poète qui ne comprennent pas ce qui est dû à leur fils : « II est évident que cette mère, — flambeau et foyer allumé par un rayon du plus haut ciel — a été donnée en exemple à nos races trop peu soigneuses du dévouement, de l’héroïsme, et de tout ce qui est plus que le devoir ».
Et comme l'artiste ne rencontre pas chez tous ce dévouement héroïque qu’il est en droit d’exiger, il se détourne de la société, méprise les convenr-
(1) Histoires extraordinaires, p. 20-21.
(2) L'Illustration, 17 avril 1852.
tions et prend ses compagnons partout où il lui plaît. Edgar Poe « s’asseyait dans une taverne à côté d’un sordide polisson, et lui développait gravement les grandes lignes de son Eureka; jamais homme ne s’inquiéta moins des passants, et pourquoi, certains jours, on le recevait dans les cafés de bas étage, et pourquoi on lui refusait l’entrée des endroïts où boivent les honnêtes gens »; et l’on ne peut faire, d’un homme de génie, de plus bel éloge que celui que l’on fait de Poe : « Jamais homme ne s’affranchit plus complètement des règles de la société » (1).
Il n’est pas non plus indispensable que l'artiste chérisse sa patrie d’un amour absolu, surtout si elle s’appelle les Etat-Unis; Edgar Poe « détestait l'Amérique » (2) et lui rendit haine pour haine. « Les divers documents que je viens de lire », dit Baudelaire, « ont créé en moi cette conviction que les Etats-Unis furent pour Poe une vaste cage. et qu’il fit toute sa vie de sinistres efforts pour échapper à cette atmosphère antipathique ». Son génie était opposé au génie de sa race. « C’est presque une pensée anti-américaine. D'ailleurs, il s’est moqué de ses compatriotes le plus qu’il a pu » (3).
(1) Baudelaire, Histoires extraordinaires, p. 18-19; Œuvres posthumes, p. 218.
(2) Barbey d’Aurevilly, Littérature étrangère, p. 386. (3) Baudelaire, Œuvres posthumes, p. 191; Lettre du 26 mars 1856. Ed. du Mercure de France.
« Tout ce qui porte le cachet de l'Amérique a le droit de lui déplaire, aussi bien la fontaine de New-York, que le Capitole de Washington » (1). Il a écrit la Philosophie de l'Ameublement exprès pour nous permettre « de juger s’il a raison de railler le goût de ses compatriotes, et l’exemple du maître est plus mordant que sa critique » (2). Loin de ménager les Américains, il les heurte de front : « Il prend le contre-pied de toutes les opinions populaires de son pays » et il raille jusqu’à la plus noble période de l’histoire des Etats-Unis : «il ose, dans sa Discussion avec une Momie, raconter l'histoire de treize provinces, soi-disant égyptiennes, qui résolurent tout d’un coup d’être libres et de donner ainsi un magnifique exemple au reste de lPhumanité ». L'opinion d'Edgar Poe sur les Etats-Unis était simple : il était persuadé « que sa nation n’était qu’un tas de coquins » (3).
Les romantiques en sont d’autant plus heureux que, par-dessus l’Amérique, ils estiment que Poe visait les ennemis de leur aristocratie : les démocrates et les bourgeois. On s'efforce de montrer tout d’abord qu'Edgar Poe attaque les bourgeois en s’en prenant à leur culte de l’argent. On déclare
avec fierté « qu’il n’adorait pas exclusivement le
(4) Revue contemporaine, 15 juillet 1857, p. 498. (2) Le Mousquetaire, 11 novembre 1856, p. 4, note 1. (3) Revue contemporaine, 15 juillet 1857, p. 498 et 501.
dieu dollar » (1). On exploite en ce sens ses phrases les plus inoffensives; il raille quelque part, sans grande méchanceté, semble-t-il, « ces immenses bourses. qui sont à la mode parmi nos belles », et il remarque, avec plus d'humour que de sarcasme : « il faut que cette bourse soit assez vaste pour qu’elle y puisse enfermer tout son argent, plus, toute son âme ». Le romantique français cite cette phrase et en profite immédiatement pour lancer l’anathème aux idolâtres du culte de Mammon, au « financier qui n’immole les populations qu'à son intérêt propre ».
Edgar Poe n’est pas plus indulgent envers le peuple qu’il cingle de son mépris. Le lecteur romantique est heureux que Poe ait « écrit en plein débordement démocratique : Le peuple n’a rien à faire avec les lois, si ce n’est de leur obéir; et : le nez d’une populace, c’est son imagination, c’est par le nez qu’on pourra facilement la conduire ». Il faut voir comme Edgar Poe malmène ceux qui s'occupent de cette populace : « C’est lui qui a dit, à propos du socialisme, à l’époque où celui-ci n’avait pas encore un nom, où ce nom du moins n’était pas encore tout à fait vulgarisé : Le monde est infecté actuellement d’une nouvelle secte de philosophes. le seul lien commun parmi la secte
(1) Théophile Gautier, Notice des Fleurs du Mal.
est la crédulité : appelons cela démence, et n’en parlons plus » (1).
Mais Edgar Poe visait plus loin encore que Îa démocratie : il attaquait l’idée philosophique sur laquelle elle repose : l’idée de progrès. « Il ne partageait aucune des idées américaines sur le progrès, la perfectibilité, les institutions démocratiques, et autres thèmes de déciamation chers aux philistins des deux mondes » (3). Par exemple « dans le Colloque de Monos avec Una, il lâche à torrents son mépris et son dégoût sur la démocratie, le progrès et la civilisation ». « Le progrès, cette grande hérésie de la décrépitude, ne pouvait pas lui échapper ». Il faut voir « de quels termes il se servait pour la caractériser. On dirait vraiment, à voir l’ardeur qu’il y dépense, qu’il avait à s’en venger comme d’un embarras public, comme d’un fléau de la rue ».
Baudelaire se sent d’ailleurs en si parfaite communion d'idées avec Edgar Poe au sujet du progrès qu’il n'hésite pas à faire endosser par lui son propre jugement sur telle phrase lue dans un journal français : « Combien eût-il ri, de ce rire méprisant du poète qui ne grossit jamais la grappe des badauds, s’il était tombé, comme cela m'est arrivé
(1) Nouv. Hist. ext., p. 7, 10 et 11.
(2) Théophile Gautier, Notice des Fleurs du Mal.
récemment, sur cette phrase mirifique qui fait rêver aux bouffonnes et volontaires absurdités des paillasses, et que j’ai trouvée se pavanant perfidement dans un journal plus que grave : le progrès incessant de la science a permis tout récemment de retrouver le secret perdu et si longtemps cherché de. (feu grégeaiïs, trempe du cuivre, n'importe quoi disparu) dont les applications les plus réussies remontent à une époque barbare et très ancienne ! Voilà une phrase qui peut s’appeler une véritable trouvaille, une éclatante découverte, même dans un siècle de progrès incessant; mais je crois que la momie Allamistakeo n’aurait pas manqué de demander, avec le ton doux et discret de la supériorité, si c'était aussi grâce au progrès incessant, à la loi fatale, irrésistible du progrès, que ce fameux secret avait été perdu ».
Et Baudelaire prête gratuitement à Edgar Poe ses propres opinions sur tous les sujets qui, de près ou de loin, se rattachent à l’hérésie du progrès. « Qu’eût-il pensé, qu’eût-il écrit, l’infortuné, s’il avait entendu les théologiens du sentiment supprimer l’Enfer par amitié pour le genre humain, le philosophe du chiffre proposer un système d'assurances, une souscription à un sou par tête pour la suppression de la guerre, et l'abolition de . la peine de mort et de l’orthographe, ces deux folies corrélatives ».
Dans ce passage, on interprète, à vrai dire, l’œuvre d'Edgar Poe avec beaucoup d’audace, et on n’est pas sans s’en apercevoir; on sait bien qu'Edgar Poe a écrit les contes « les plus flatteurs pour l’orgueil de l’homme moderne », et qu’il a vraiment l’air parfois d’être plein d’admiration pour le progrès matériel. Au début, on essaie d’éluder la difficulté: on appelle « jonglerie » cette partie de l’œuvre d'Edgar Poe qui gêne et embarrasse, et l’on affirme « qu’il donnait surtout son estime à une autre partie de ses œuvres ». Maïs très vite on se rend compte que des explications sont nécessaires. D'abord, il est clair qu'Edgar Poe « ne fut jamais dupe » (1); certes, il se sert dans ses contes des progrès matériels qu’a réalisés le monde moderne, « mais il s’en sert pour produire un effet dont il n’est pas dupe. Au milieu des énormités qu’il prend tant de peine à arranger pour lillusion, il a des sourires qui traversent la physionomie comme des éclairs de bon sens et de mépris ». S'il a paru donner dans les billevesées du progrès, c’était uniquement par nécessité, pour gagner son pain:
« L’industrialisme américain force le Don Juan intellectuel à souper, et il obéit — comme l’autre — tout en raillant son Commandeur.… L’excuse de
(1) Histoires extraordinaires, p. 8 et 29; Nouvelles histoires extraordinaires, p. 4 et 8.
cela est triste, elle est cruelle, elle tient au côté saignant de la vie littéraire. (Edgar Poe) écrivait visiblement sous le coup de fouet du besoin. En présence d’une société grossière qui aime les tours de force, les difficultés vainceues, la faim explique tout » (1).
La faim certes excuserait Poe, mais écrire pour soulager sa faim, c'était encore se soumettre, et Baudelaire trouva bientôt une explication plus ingénieuse et plus héroïque qui rallia tous les suffrages. Loin d’être dupe, Poe dupait les autres et témoignait, en combinant ses niaiseries, de son dédain pour les lecteurs ordinaires. « Il appelait le public, la multitude, mob, et le croyait incapable de jouissances délicates » (2). Aussi, il fabriquait ses « canards » uniquement pour se moquer de ceux qui y croyaient, « pour enlever la crédulité, pour ravir la badauderie des siens » (3). Toute son œuvre le montre; cette Philosophie de la Composilion, par exemple, où Edgar Poe explique comment il composa le Corbeau, on « l’approuvait et ladmirait comme un bon piège tendu à la badauderie bourgeoise » (4); Poe est « le mystificateur
(1) Barbey d’Aurevilly, Littérature étrangère. (2) Revue contemporaine, 15 juillet 1857, p. 503. (3) Nouvelles histoires extraordinaires, p. 4. (4) Asselineau, ch. I.
par excellence de la crédulité béate » (1). Ainsi, tout en complaisant à leur sottise, Edgar Poe prenait, en se moquant d’eux, sa revanche sur ceux qui l’asservissaient. « Le peuple souverain d'Amérique a ses fous qui l’amusent et le flattent; Edgar Poe, semblable à son Hop Frog dans le conte de ce nom, amusait son souverain tout en se vengeant de lui » (2). Il apparaît « comme un ilote qui veut faire rougir son maître. Enfin, pour affirmer ma pensée d’une manière encore plus nette » dit Baudelaire, « Poe fut toujours grand, non seulement . dans ses conceptions nobles, mais encore comme farceur ».
Donc, il a protesté « à sa manière », mais il fut avant tout « une admirable protestation » contre les règles et les idées de la société moderne. Comme tout artiste, il fut misanthrope; « jeune, il aime la solitude », il semble pressentir que « l’orgueil solitaire jouera un grand rôle dans sa vie ». Ce fut le cas d’ailleurs. « Une note cruelle » qu’il écrivit un jour « accuse son mépris envers tous ceux qui se disaient ses amis, et son dégoût général du monde ». Il « répétait que la société n’est qu’une cohue de misérables », (3) il avait
(1) Théophile Gautier, Le Moniteur universel, 9 septembre 1867.
(2) Revue contemporaine, 15 juillet 1857, p. 503.
(3) Baudelaire, Œuvres posthumes, p. 205, 246; His-
toires extraordinaires, p. 26; Nouvelles Histoires extraordinaires, p. 4.
< fini par se persuader que la société n’est qu’une imposture », (1) « il a pu envisager le système social tout entier comme un paradoxe et une imposture ».
Ainsi se complète la figure de ce grand contempteur des hommes. Aristocrate de naissance et surtout de nature, héritier de passions fatales, marqué d’une beauté singulière, « choquant par ses mœurs des hommes qui se croyaient ses égaux » (2), il hait l'Amérique, les marchands, l’industrie et la démocratie, il bafoue le progrès et méprise la société tout entière. Il a « une nature si en dehors des idées vulgaires » (3) qu’il ne peut se laisser confondre avec la multitude : « Personne plus que lui n’a éprouvé le sentiment aristocratique; il reste ce que fut et ce que sera toujours le poète — une vérité habillée d’une manière bizarre, un paradoxe apparent qui ne veut pas être coudoyé par la foule » (4).
(1) Revue Contemporaine, 15 juillet 1857.
(2) Baudelaire, Œuvres posthumes, p. 218; Histoires extraordinaires, p. 26.
(3) Théophile Gautier, Notice des Fleurs du Mal.
(4) Nouvelles Histoires extraordinaires, p. 6.