Magnan. Les Déqénéré-, 1895, p. 16'>, JfiS
tant de la folie, les périodes déquilibre restaient à cette époque assez fréquentes pour faire illusion aux yeux de témoins incompétents. Un artiste, qui connut Poe aux meilleurs jours d'espérance du Stylus, nous le décrit en ces termes modérés :
« Il laissait l'impression d'un homme fort bien élevé et raffiné, extrêmement soigneux de sa personne, toujours intéressant grâce au caractère intellectuel de son esprit qui me sembla empreint de tristesse. Il avait des manières tranquilles et réservées; il souriait rarement ^ »
Griswold, en dépit de son hostilité, en parle dans les mêmes termes :
« En ses meilleurs moments, il. avait à un degré remarquable cet air de distinction que des hommes d'une nature inférieure réussissent rarement à acquérir. En dehors de ses accès d'ivresse, ses manières étaient très paisibles, celles d'un homme bien élevé; sa mise était, d'ordinaire, simple et élégante ^. » « Ses amis, ajoute Mayne-Reid, le trouvaient toujours tel qu'ils le connaissaient : hôte généreux, gendre et mari affectueux, bref un homme tout à fait comme il faut^. » « Pendant trois ou quatre ans, déclare Graham, je l'ai connu intimement; et pendant dix-huit mois, je l'ai vu presque chaque jour, passant une grande partie de ce temps à écrire ou à causer avec lui au même bureau, connaissant toutes ses espérances, ses craintes, ses petits ennuis de la vie, aussi bien que sa vaillante lutte contre une destinée hostile, et il restait toujours le même homme poli, le littérateur paisible, discret, pensif, le mari dévoué, économe en ses dépenses personnelles, ponctuel et infatigable en son activité, l'âme de l'honneur en toutes ses transactions. Voilà ce qu'il était, naturellement, en ses meilleurs jours ^ »
Eh bien, non ; sous ce placide décor de façade couvait un feu qui minait tout lédifice jusqu'en sa base.
i. F. 0. G. Darley à Woodberry, 26 février 1884 ; Woodherry, 181.