Graham à Gill, 4«r mai 1877 ; Gill
2. Dagonet. De V Alcoolisme au point de vue de l aliénation mentale. (Annales médico-psychologiques, Paris, 1873. p. 228.)
seules : car elles dépendent de l'action des différentes substances absorbées ^ »
Or, nous trouvons chez Poe, dès les premières œuvres, celles des mauvais jours de Baltimore, dans les rêveries de Bérénice, de Morella et surtout de V Assignation, des symptômes de cette funeste influence ; et, si l'on en croit môme le Conte des Montagnes Dénudées, ce serait aux années d'université qu'il faudrait faire remonter les premières séductions de la drogue tentatrice.
« La vigoureuse imagination du héros, y est-il dit, tirait un surcroit de forces de l'usage habituel de la morphine avalée en grande quantité et dont la privation eût paru mortelle. H (Bedloe) avait pour coutume d'en prendre une très forte dose aussitôt après le déjeuner chaque matin ou plutôt aussitôt après une tasse de café noir : car il ne mangeait rien avant midi, et puis il partait seul ou accompagné d'un chien pour une longue promenade -. »
Peut-être est-ce à cette précoce habitude qu'il faut en partie attribuer ce perpétuel état de rêverie tour à tour sombre ou extatique qui étonnait si fort les condisciples de Poe à Gharlottesville et à West-Point. Peut-être ce même régime matinal explique-t-il aussi ces ivresses que White observait à Richmond avant midi. En tout cas, ce qui n'est point douteux, c'est que ces goûts opiophagiques de Poe, qui n'avaient encore été que vaguement signalés '^ nous sont ici certiliés par un témoignage catégorique : « Une cousine d'Edgar Poe qui était intime avec la famille au temps de la maladie de Virginie, dit le plus circonspect biographe de Poe, déclare qu'il refusait alors fréquemment du vin en sa présence, mais elle ajoute ces trop signiticatives paroles : c'est qu'à cette époque ses accès d'ivresse étaient dus à un usage excessif de l'opium \ » Poe ne faisait donc que remplacer une mauvaise habitude par une autre. Peut-être était-il à cet égard plus excusable qu'on ne serait porté, à le croù'e. L'opium,