‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 115 sur 429 · Gill, p · texte numérisé non relu

Gill, p

3. Mrs Brennan, citée par Gill, p. 150. Cette vieille dame confirme que, trop pauvres pour se permettre d'autres dépenses que celles de la pension, les Poes ne recevaient pas de visiteurs et prenaient leurs repas seuls dans leur chambre. Elle ajoute ailleurs qu'elle ne 1(; vit jamais ivre.

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la plus vraisemblable tradition, fut composé le fameux poème du Corbeau.

Qu'on juge par les témoignages qui suivent de l'état d"àmc de l'amant de Lénore :

« Une foule de petits ennuis nés du seul malheur d'être pauvre, écrivait Poe à Lowell, le 28 octobre, et dont je ne vous donnerai pas le détail, m'ont empêché de vous remercier... Je ne puis, ajoutait-il à propos du récent mariage de son ami, vous adresser de meilleurs souhaits que celui de trouver en votre mariage autant de bonheur réel que jen ai trouvé dans le mien^ »

Or, le malheureux poète venait d'écrire à Thomas en septembre : (( La santé de Virginie reste extrêmement précaire^. » La maladie, la misère et l'indolence pratique redevinrent bientôt si grandes qu'à défaut du neveu, la pauvre vieille tante dut se mettre en route :

« Notre première information de la présence de M. Poe en cette ville, dit l'éditeur de VEveniug Mirror, N. P. Willis^, nous vint de la visite que nous fit une dame qui se présenta comme étant sa belle-mère. Elle était en quête d'un emploi pour lui, et elle s'excusa en disant qu'il était malade, que sa femme était grabataire et que leur situation était telle qu'elle avait dû se résoudre à venir. La physionomie de cette personne ennoblie et sanctifiée par l'expression évidente d'un renoncement complet, d'une résignation parfaite aux privations et aux douleurs, la douceur attristée de sa voix suppliante, ses manières d'une distinction habituelle et inconsciente, sa façon pressante et cependant intelligente de mentionner les titres et les talents de son fils, révélaient de suite la présence d'un de ces anges gardiens, tels que les femmes savent l'être dans l'adversité. »

Le résultat de cette visite fut que, plus prodigue de belles paroles que d'argent, Willis, qui allait justement transformer son journal hebdomadaire, le New-Mirroi\ en un journal quotidien, VEvening Mirror^ donna à Poe vers les premiers jours d'octobre une situation subalterne en ses bureaux.

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